FIN DE LA TA DIE
94 I»HKURF, DU TUJiOI'.U
EXTRA ICT Dr PRIVILKCl' DU ROY.
Par Grâce et prU'i/ègv du Uoy,doTinéà Fonlainehleait le 18 Novembre Uid I , Si-inè ptir le Roy en son Conseil Le Gros, et scellé du grand Sceau de tire /aune, Il est permis à Antoine Robinot, Marchand Libraire à Paris, d'imprimer ou faire imprimer un Li^re intitulé l'Heure du Bei'ger, Den)y- Ronian Comique, etc., et ce durant le temps de sept années, à compter du jour quil sera acheté d' imprimer pour la première fois. Et défenses sont faites il tous Imprimeurs, Libraires, cl aii/res, d imprimer, on faire imprimer, vendre, débiter ny contre ftire ledit Livre sans le consentement dudit exposant, à peine aux contrevenans de trois mille livres d amende, confiscation des exemplaires, et de tous les dépens, dommages et interests, ainsi qu'il est plus amplement porté par ledit Privilège.
Achevé d'imprimer pour ht première fois, te vingt-quntrii'me Novembre
Les exemplaires ont esté fournis.
Registre sur le Livre de la Communauté des Imprimeurs et Marchands Libraires de cette ]'ille de Paris.
BOHDEL DES MUSIÎS OC LES NEUF FICELLES PLTALNS.
CAPRICES SAT\Hlf>UE.S
ÏHKOPHILK LE JEUNE.
Le manuscrit et les feuilles tirées du Bordel des Muses de Claude Le Petit furent brûlés avec le poète le i septembre i66v.. Le fragment qui nous en est parvenu a dû être imprimé en Hollande par les soins du baron de Schildebek. Nous disons fragment car il est facile de se rendre compte que jamais ce livre libertin n'a été édité en entier.
On sait que ce fragment a échoué à la BiblioUicque nationale; il est mentionné dans le Catalogue de la Bibliothèque du Roi : i). Heureusement que deux érudits : Ed. Tricotel et Alfi-. Bégis avaient eu la précaution d'en prendre une copie; sans leur prévoyance le Bordel des Muses passait au nombre des ouvrages perdus. En effet la Bibliothèque nationale ne le possède plus depuis i85o. Il est ii penser que le Recueil factice dont il faisait partie a été dépecé : la plaquette du Bordel des Muses est sortie poui- être cartonnée et on a oublié d'en constater le retour. C'est là une hypothèse vraisemblable, sinon exacte.
Le Bordel des Muses, tel qu'il nous est parvenu, rompreml •.<>4 pages dont la table. Si Ton consulte cette dernière, on s'aperçoit qu'elle ne concorde pas avec la fraction de pièces qui nous reste.
Les six premières pièces ont été imprimées dans l'ordre suivant : I, 2, 6, 5, :i, 4- ensuite la dite table indicpie :
L'Europe ridicule. Sonnet au Ciel. La Chronique scandaleuse ou Paris ridicule. Seconde Partie. La Pantalonadc ou Venise ridicule. LWu/ric/iiadr ou Vienne ridicu/c. Troisii-nic partie. Le
(i) Y 4yiO. Celle pliKiiiellf élail it-lic-o avev doux autica pièces ; Les soupirs d Alexis sur la retenue si longue de son amy Théophile. 1C7i, in 8*, el i Éventail sntyrique, i6'?ô, in 8*. qui ont .'-gaiement disparu.
Ot) 1,1-; liOlJOEL DES ML'SES
Cronuvellisine ou Londres ridicule. La Caslillade ou Madrid ridicule, alors que le dernier l'euillot de rimprimë porte le litre suivant :
L'Europe liidicuh'
C'est à sea\'oir
La France dans Pa?is ridicule
LWUeniagne dans Vienne ridicule
Lltalie dans Venise ridicule
U Espagne dans Madrid riliculc
Et C Angleterre dans Londres ridicule
Le tout dii'isé en .1 parties
On remarquera : i° les modiliciilions apportées aux litres des petits poèmes ci-dessus qui ne sont plus ceux inscrits ;i la table, o" la mention de V Angleterre dans Londres ridicule, et de V Espagne dans Madrid ridicule. En se reportant ii Tépitre drdicatoire à (liirislien Wolfang, sij^née par le baron de Schildebek, placée en tète du Bordel des Muses, on lira les lignes suivantes :
'< ... si on ne luy avoit point desrobé inesohannnent son Madrid et sa Londres, vous auriez de luy VL'urope entière ridicule. Si ces larrons font restitution à sa mémoire de ses mémorables escrils et que je sois assez beureux d'en pouvoir un jour disposer, je vous en feray part en quelque lieu du monde que vous soyez et ce sera la quHirième et dernière partie de toutes les œuvres satyriques du deffunt — »
De ces rapprochements il résulte <jue non seulement la table ne correspond ni avec l'ordre des pièces conservées ni avec le titre général de VEurope ridicule mentionnée au dernier feuillet, mais encore que ce titre est lui-nième erroné en inscrivant les poèmes de \ Angleterre dans Londres ridicule et de V Espagne dans Madrid ridicule que le baron de Schildebek déclare avoir été volés ii Claude Le Petit.
La conclusion à tirer de cet exposé c'est qu'il faut lenonccr il retrouver le texte intégral du Bordel des Muses ou les neuf pucelles putains, tout simplement parce que cet ouvrage, nous le répétons, n'a jamais vu le jour en entier; le fiagment sous la rubiiquf Leijde est lout ce ((ui en a subsisté.