Id. : dune
3. Id. : Qui me va conduire là-bas | Près de Catulle et de Virgile.
178 CHADLIEU
Là, sous des berceaux toujours verds,
Assis à côté de Lesbie,
Je leur parlerai de les Vers
Et de ton aimable génie.
Je leur raconterai comment
Tu recueillis si galamment
La Muse qu'ils avoient laissée;
Et comme elle sut^ sagement,
Par ta paresse autorisée.
Préférer avec agrément
Au tour brillant de la pensée
La vérité du sentiment;
Et l'exprimer si tendrement.
Que Tibulle encor maintenant
En est jaloux dans l'Elysée.
Mais avant que de mon flambeau
La lumière me soit ravie, Je veux te crayonner un fantasque tableau
De ce que je fus en ma vie.
Puisse à ce fidèle portrait
Ta tendre amitié l'econnaître.
Dans un homme très imparfait, Un homme aimé de toi, qui mérita de l'être!
Avec quelques vertusj'eus maint et maint défaut. Glorieux, inquiet, impatient, colère, Entreprenant, hardi, très-souvent' téméraire; Libre dans mes discours, peut-être un peu trop haut, Gonlianl, naturel, et ne pouvant me taire Des erreurs qui blessoient devant moi la raison;
J'ai toujours traité de chimère
Et les dignités et le nom.
Ainsi je pardonne à l'Envie
De s'élever contre un Mortel
Qui ne respecta dans sa vie^
Que le mérite personnel.
Quels maux ne m'a point fait cette sage folie
Qui mériteroit un Autel?
Pour réparer ces torts la prudente Nature En moi par bonheur avoit mis L'art de me faire des amis, Dont le mérite avec usure