scût
i. Id. : quelquefois.
3. Id. : Qui dans ce Monde eut la manie | De ne respecter de sa Vie.
POÉSIES LIBERTINES l79
Me dédommagea de l'injure Que me lit un fatras d'indignes ennemis, Qui n'employa jamais contre moi qu'imposture.
Malgré tous mes défauts, qui ne m'auroit aimé? J'étois pour mes amis, l'ami le plus fidèle
Que Nature eût jamais formé; Plein, pour leurs intérêts, et d'ardeur et de zèle*. Je n'épargnai pour eux périls, peines ni soins; J'écoutai leurs Conseils avecque déférence. Et je n'eus rien à moi dont ils eurent besoin :
Avec même condescendance.
Je partageai leurs goûts,* j'entrai dans leurs plaisirs;
Et mon aveugle complaisance Fut toujours au devant de leurs moindres désirs. Aucun d'eux n'eut de moi la moindre défiance. En affaire, en amour également discret, J'ai de tous mes Amis sceu garder le secret;
Car fut-ce une chose frivole,
Dès qu'il a fallu la cacher,
La Mort n'auroit pu m'arracher
La moindre indiscrète parole.
Je prêtai, je donnai mon bien' Mais l'obligation en étoit fort légère; Je ne l'ai de mes jours encor compté pour rien; Et les trésors qu'on croit chose si nécessaire
N'ont jamais fait ma passion :
Content d'avoir une ressource Dans la fertilité de mon invention.
Pour pouvoir remettre à ma bourse Ce qu'en avoit ôté ma dissipation.
Ainsi, rempli de confiance
Que rarement je pris en vain, J'ai cru que c'est assez donner à la Prudence
De garder pour le lendemain Un peu de savoir-faire, et beaucoup d'espérance. •Ajoutez^ à cela beaucoup de fermeté;