Id. : Entre le Tabac
M'apprit, sans rabot et sans lime,
L'Art d'attraper facilement,
Sans être esclave de la rime,
Ce tour aisé, cet enjouement,
Qui seul peut faire le sublime.
Que ne m'ont point coûté ces funestes talens ! Dès que j'eus bien ou mal rimé quelques sornettes,
Je me vis, tout en même temps,
Affublé du nom de Poëte.
Dès lors on ne fit de Chanson
On ne lâcha de Vaudeville,
Que sans rime ni sans raison
On ne me donnât par la Ville.
Sur la foi d'un ricanement.
Qui n'étoit que l'effet d'un gai tempérament, Dont je fis, j'en conviens, assez peu de scrupule,
Les Fats crurent qu'impunément Personne devant moi ne seroit ridicule.
Ils m'ont fait là dessus mille injustes Procès :
J'eus beau les souffrir et me taire.
On m'imputa des Vers que je n'ai jamais faits ;
C'est assez que j en susse faire.
Pourquoi ne pas donner pouvoir aux d'Argensons, Qui règlent la Police et corrigent la France, De mettre les Rimeurs aux Petites-Maisons, Et détruire par là cette maudite engeance'? Cet ordre salutaire eût en moi réprimé Cette démangeaison que Calliope inspire;
Et je n'eusse jamais rimé.
Cependant, quoi qu'on puisse dire, J'atteste ta sincérité, Que toujours partisan de la simplicité. Jamais d'un indigne artifice Je n'ai fardé la vérité ; Et jamais ma noire malice- N'a fait injure à la bonté.
Tu sais bien, malgré linjustice De la commune opinion.
Que mon cœur ne fut point complice Ni des erreurs, ni du caprice De mon imagination. ,
Il est un autre endroit d'une moindre importance, Toutefois sensible à mon cœur.