‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 109 sur 202 · JOUISSANCE · texte numérisé non relu

JOUISSANCE

Amour, qu'injustement j'ai blâmé ton empire! Des maux que j'ai soud'erts ai-je dû m'olfenser,

Quand lu viens de récompenser D'un moment de plaisir un siècle de martyre? J'ai fléchi mon Iris après de longs soupirs.

Ce cher objet de mes désirs.

Celle insensible Iris, celte Iris si farouche, Dans mille ardens baisers vient de plonger mes feux : Pour goûter à longs traits ce nectar amoureux, Mon âme tout entière a volé sur ma bouche.

J'ai savouré la fraîcheur

De ses lèvres demi-closes :

Sa bouche avoit la couleur.

Son b.aleine avoit l'odeur

Et le doux parfum des roses.

Je ressentis alors une douce langueur S'emparer de mes sens, et couler dans mon cœur. D'amour cl de plaisir nos yeux élincelèrent ; •Mon cœur en tressaillit, nos esprits s'allumèrent; Et, livrés l'un à l'autre à nos emporlemens, Nous cherchâmes le sort des plus heureux Amans.

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