‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 110 sur 202 · i3 : Qu'elle soit sa^'c, ol circonspecte · texte numérisé non relu

i3 : Qu'elle soit sa^'c, ol circonspecte

2. Cette pièce avec quelques variantes, et moins les huit vers qui la terminent et qui sont les plus libertins, a été insérée dans la fable : I,a Perfection d'Amour : Grand Prince, mais plus aimable.

Sans voix, sans mouvement, mon Iris éperdue Laissoit mille beautés en proie à mon ardeur :

Comme elle oublioit sa pudeur,

J'oubliois lors ma retenue;

Et je me souviens seulement

Que, dans ce bienheureux moment, Par l'excès du plaisir, nos forces suspendues. Nos corps entrelassés, nos âmes confondues, Nous laissèrent livrés aux transports les plus doux, Inconnus aux Mortels moins amoureux que nous. Puissions-nous, mon Iris, dans ces ravissemens Passer ces jours heureux que donne la Jeunesse ! N'envions point aux Dieux leur immortalité'.

Puisque, dans la brièveté De ces jours malheureux que leur bonté nous laisse,

L'Amour y fournit des momens

Dont les transports et la vitesse

Valent mieux que l'Eternité,

ODE

Dieux! quelle étrangère flamme Vient embraser mes esprits!

Des feux que ressent mon âme Furent autrefois épris Ceux dont la délicatesse A rendu fameux ce lieu, Où tout brûla pour la fesse De deux beaux Ancres de Dieu',

1. Théophile de Viau a été autrement catégrorique que Chaulieu : Il est vray que nous sommes mis Nostre destin est assez doux

Tost ou tard dans la sépulture, Et pour neslre pas immortelle

Mais cest un repos de Nature Nostre nature est assez belle

Qui ne leur fust jamais permis ! Si nous sçavons jouir de nous.

En tout temps le plus misérable Rien que nous-mesme ne nous blesse.

Trouve son sort si favorable Nostre mal c'est nostre foiblesse ;

Que iuy-mesme il se peut jîuérir, I.e sot srlisse sur les plaisirs.

Les Dieux, esclaves de leur vie. Mais le sage y demeure ferme

Ne sçauroient se faire mourir En attendant que ses désirs

Quand mesmc ils en auroient envie!... Ou ses jours linissent leur terme.

(Voir Disciples et successeurs de Théophile de Viau : L^ vie et les poésies libertines de Des Barreaux et de Saint-Pavin, p. ;j7).

i. 1757 : Sous le titre » Portrait ». Cette pièce n'avait jamais été imprimée. On le tient de madame D" elle-même, pour qui elle avait été faite (Lefèvre de Saint-Marc). 3. 1757 : Variante :

Dieux! quelle nouvelle llamme ('es peuples dont la mollesse

S'élève dans mes esprits.' Dans un déplorable lieu,

Je sens naître dans mon âme Quitta le... pour la...

Les feux dont furent épris De deux beaux Anges de Dieu,

LuUy', sors de l'Elysée

Et pour un projet nouveau^,

Du brillant de ta pensée

Viens enrichir' mon cerveau ;

Favorise la peinture

Que je veux faire en ces vers

Du plus beau c. que Nature

Ait formé dans l'Univers.

G., charmant, dont la souplesse El le flatteur mouvement, Sait ranimer la foiblesse Du plus langoureux Amant!

Dieux ! qu'une coutume sage Cache à nos yeux tes attraits^, Sans cela, qui d'un visage, Auroit regardé les traits?

Tes beautés sont njilurelles; Tu n'empruntes point de l'art Cette blancheur que nos Belles Doivent au secours du fard; Avec quel plaisir s'amuse L'Amour à te caresser, Sûr que plâtre ni céruse Ne souillent point son baiser!

Ton embonpoint est la base VA l'aimant de nos désirs; C'est toi qui mêles l'extase A nos amoureux plaisirs :

Tu fais que dans ma Maîtresse Je trouve mon iVgathon; Ce n'est qu'au tour de sa fesse Qu'elle doit un si beau nom.

J'entends que le sot vulgaire

Me dit que rien sous les Cieux

Ne peut avoir l'art de plaire,

Quand il est privé des yeux :

Tout ne rend-il pas les armes,

Tout ne suit-il pas la loi

D'un Dieu, qui tout plein de charmes

Est aveugle comme toi ?

1. LuUy le musicien passait pour pratiquer la sodomie. Son épilaphe en vers, composée par Pavillon, ne permet pas d'en do\ilfr un seul instant.

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