‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 113 sur 202 · Les charmes de la fiction · texte numérisé non relu

Les charmes de la fiction

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Qu'à ses traits, sa gentillesse, Et qu'à mon émotion Je reconnois ma Déesse !

C'est l'Imagination,

Reine aimable des mensonges, Viens-tu, Mère des erreurs.

De l'yvresse où tu nous plonges.

Me rappeler les douceurs?

Ton brillant et la jeunesse Pour moi sont hors de saison :

Laisse en repos ma Vieillesse Suivre à la lin la Raison.

Non, Déesse; je m'égare :

Reste toujours avec moi.

Quoi que le Sort nous prépare, Nous le bravons avec toi.

L'amertume du Calice Par toi se change en douceurs; Et les bords du précipice Par toi sont semés de fleurs.

Tu peux, quand la Destinée Nous réduit au désespoir, Prêter à lame étonnée Ta façon de concevoir, Qui du courage héroïque Fait le généreux elFort Et dans une âme stoïque* Fait le mépris de la mort.

C'est par toi, divine Fée, Qu'au sein même du repos ^ L'essor seul de la pensée Faitéclore les Héros, C'est toi qui les illumines Par la beauté des objets; Et seule les détermines A tous leurs vastes projets.

Ta divine frénésie Pouvoit seule' enfler le cœur De ce Grec, qui de l'Asie Osa devenir Vainqueur.

i. 1724 : Et dans l'âme du stoïque.

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