RÉPONSE AUX COUPLETS DE MALÉZIEUX
envoyée de Paris, Chaulieu n'ayant pu la faire à Sceaux
d'où il parlait (extrait)*.
Tu débrouilles dans les Vers Si bien la Machine ronde, Et la Sagesse profonde Qui régit cet Univers, Qu'il faut, si je ne m'abuse.
Que tous les jours Malézieux Et sa philosophe Muse Assiste au Conseil des Dieux.
Pour répondre à tes Chansons, Il faudroit de la Nature, De Lucrèce ou d'Epicure Emprunter quelques raisons; Mais sur l'Essence divine Je hais leur témérité.
Et je n'aime leur doctrine Que touchant la Volupté.
Je suis cet attrait vainqueur, Ce doux penchant de mon âme, Que grava d'un trait de ilamme Nature au fond de mon cœur; Dans une sainte mollesse J'écoute tous mes désirs; Et je crois que la Sagesse Est le chemin des plaisirs
A MADAME D" pour la prier de venir passer la soirée avec lui^.
Viens ce soir, viens jouir du pouvoir de charmer : Rends grâces au Ciel qui te donne,
1. Voici ce que nous trouvons clans le iiK-mc manuscrit : « M. l'abbé de Chaulieu n'ayant pas répondu sur-le-champ, parce qu'il partit de Sceaux, en y retournant trois jours après .. fit une réponse, sur le même Air, à M. de Malézieux, en trois couplets de chansons qu'il mit dans \m paquet avec cette adresse dessus : Au plus docte, au plus gracieux... » (Ed. de 1774).
2. Madame d'Aligre de Bois-Landri (?; Celte pièce cl la suivante n'en font qu'une
Avec l'art d'être fripponne,
Celui de te faire aimer.
Je t'aimerois bien moins si tu m'étois fidèle ; Moins de conformité nous uniroit tous deux : Le Ciel, entre frippons, forme d'aimables nœuds,
Dont la durée est éternelle.
L'Amour, cet enfant libertin,
Hait tout ce qui sent le ménage*,
Sa mère, pour être volage.
Ne perd rien de son air divin.
Ce Dieu, qui sur mon cœur n'employa d'autres armes
Que les traits de ta beauté,
Parmi la foule de tes charmes Prendra soin de cacher ton infidélité, Qui n'a pu jusqu'ici te rendre moins aimable. Ah! sur-tout dans les yeux porte ce trait ainqueur, Qui cent fois sous tes loix a ramené mon cœur; Et ne crains pas ainsi de paroître coupable-.
A MADAME D'* Raccommodement.
C'est dans le Palais de l'Amour
Qu'il faut finir notre querelle;
Le Lit d'une paix éternelle
Est le voluptueux séjour.
Là n'habitent jamais la Discorde et la Guerre; C'est le lieu que ^'énus choisit pour ses ébats; C'est le champ fortuné de mille doux combats,
Qui ne dépeuplent point la Terre :
On n'y voit voltiger que les Ris et les Jeux ;
Même, cet Enfant dangereux,
En qui toute malice abonde.
Pour n'y porter que ses attraits.
Trempe la pointe de ses traits
Dont il désole tout le monde,
dans l'édition de 1731 et dans le ms. des libraires, mais elles en font deux dans l'édition de 1733, et la suivante se trouve seule dans le ms. du Prince d'Auvergne. Les deux pièces réunies ont pour litre dans l'édition de 1731 : A une maistresse peu fidèle et dans le ms. des libraires : Raccommodement à madame de B.