Var. Id. : noble
Le nom de ce Romain qui vainquit Mithridate, Par ses travaux guerriers a bien moins éclaté, Que par la volupté tranquille et délicate, Que lui fît savourer la molle oisiveté.
Rome eût toujours été la maîtresse du monde, Si son sein n'eût produit que de pareils enfans, Satisfaits de vieillir dans une paix profonde, Après avoir été tant de fois triomphans.
Que Jules eût épargné de pleurs à sa Patrie, Si, vainqueur des Gaulois, par d'injustes projets, De ses rares vertus la gloire il n eût flétrie. Et qu'il eût aux travaux su préférer la paix*.
De la Tranquillité compagne inséparable.
Paresse, nécessaire au bonheur des mortels, Le besoin que l'Europe a d'un repos durable, Te devroit attirer un Temple et des Autels.
Ainsi l'on vit jadis le Chantre d'Epicure, Demander à \^énus qu'avec tous ses appas. Elle amollit de Mars l'humeur farouche et dure. Lorsqu'elle le tiendroit enchanté dans ses bras.
L'ardeur des vains désirs n'est jamais satisfaite : Leur vol rapide et prompt ne se peut arrêter; Celui qui- dans son sein porte une âme inquiète, Au milieu des plaisirs ne sauroit les goûter.
Ami, dont le cœur haut, les talens, l'espérance, Le don d'imaginer avec facilité, Pourroient encor, malgré ta propre expérience, Rallumer les désirs et la vivacité ^ :
Laisse-toi gouverner par cette enchanteresse, Qui seule peut du cœur calmer l'émotion, Et préfère, crois-moi, les dons de la Paresse Aux oITres d'une vaine et folle Ambition.
LES BÉATITUDES DE CE MONDE Stances irrégulières.
Inédit.
Heureux qui s'afTranchit de cette crainte vaine Qu'excite en nous l'horreur de l'éternelle nuit,
1. Cette strophe manque dans le Nouveau choix..., 1715, I" p.