Ce que nous sommes en apparence
^34 LA FARK, POÉSIES
Voloienl au devant des foiblessea El des besoins de leurs amis.
Quel fut ce temps! quel est le nôtre!
Entre deux Amis aujourd'hui, Quand l'un a besoin d'un appui.
Le trouve-t-il toujours dans l'autre?
Esclaves de tous nos abus, Victimes de tous nos caprices, Nous ne donnons plus qu'à des vices, I^es noms des premières vertus.
Dégoûtés des anciens usages, Entêtés de nos goûts nouveaux, Loin de songer à nos troupeaux, Nous détruisons nos pâturages:
Nous changeons nos prés en jardins, En parterres nos champs fertiles, Nos arbres fruitiers en stériles.
Et nos vergers en boulingrins.
Heureux habitans de ces plaines, Qui vous bornez dans vos désirs, Si vous ignorez nos plaisirs, Vous ne connoissez pas nos peines.
Vous goûtez un repos si doux, Qu'il rappelle le temps d'Astrée.
Enchanté de cette contrée.
J'y reviendrai vivre avec vous.