‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 136 sur 202 · MADRIGAL · texte numérisé non relu

MADRIGAL

De Vénus Uranie, en ma verte jeunesse, Avec respect j'encensai les Autels,

Et je donnai l'exemple au reste des mortels De la plus parfaite tendresse.

Cette commune loi qui veut que notre cœur De son bonheur même s'ennuie Me fit tomber dans la langueur Qu'apporte une insipide vie.

Amour, viens, vole à mon secours, M'écriais-je, dans ma souffrance ; Prends pitié de mes tristes jours.

Il m'entendit, et par reconnaissance.

Pour mes services assidus, 11 m'envoya l'autre Vénus, Et d'Amours libertins une troupe volage. Qui me fit à son badinag-e.

Heureux si de mes ans, je puis finir le cours Avec ces folâtres Amours !

ÉTRENxNES

Inédit.

\'ous avez joint à toutes les beautés

Le charme de toutes les grâces, Par vos premiers regards les cœurs sont enchantés Les Ris et les .Amours suivent partout vos traces; Au corps le plus parfait que Nature ait formé Le Ciel voulut donner votre esprit en partage : Que peut donc en ce jour un cœur bien enflammé

Souhaiter pour vous davantage?

Rien, divine Gloris, si vous le demandez,

Si non que vous fassiez usage

Des trésors que vous possédez.

MADRIGAL Inédit.

Vos lèvres qu'Amour a formées,

Et que les Grâces prennent soin

De tenir en tout temps semées

De fleurs qui ne s'elfacent point,

Estoient par ce Dieu destinées

A mieux employer leurs attraits.

Et croyez-moi, Philis. ce n'est pas estre sage

Que laisser à de si beaux traits Ignorer plus longtemps leur véritable usage.

Inédit.

Lors que livrés tous deux à notre ardeur extrême Nous goûtons de concert la volupté suprême.

Dont l'excès nous égale aux Dieux :

Oûy, je le jure. Iris, qu'attaché sur tes yeux, Occupé de Toy seule, et m'oubliant moy-même, Ton plaisir est celui que je ressens le mieux.

Page 1