Guéridon, chansons nouvelles
-V. Pierre Yvon, sieur de Lozières, voir p. 287, noie 2.
2y0 CORRESPONDANTS DE CL. DE CHAULNE
« Mes fuseliers' pour garder mes conquestes
» Auront toujours, dit-il, les armes prestes;
» Quelques bijoux et quelques diamants
» M'érigeront en Phénix des Amants.
» Pour les beaux pas, pour la mine et la grâce,
» Dans tous les bals, j'ay la première place,
» Si l'on m'avoit frotté de Tripoli
» Je ne serois plus net ny plus poli.
» En mots nouveaux, en contes, en sornettes,
» En quolibets, rébus et chansonnettes,
» En bouts rimez je suis, mon doux Jésus,
» Une autre fois plus riche que Grésus.
» Des vrais amants, je suis le prototype,
» Et le jardin de dame Rhétorique
» N'a pas de fleur dont le niignard bouquet
» N'ait adouci le bruit de mon caquet.
» Je sçay par cœur six tomes de Cussundre-,
» J'ay le gousset aussi doux qu'Alexandre;
» Bref, devant moy, je croy, sans me flatter,
)) Qu'il n'est beauté qui puisse résister. »
A tout cela Jourdan^, le véridique.
Ayant toussé, puis craché, luy réplique :
» Mervoiés^-vous et vous croirez un fou,
» Je veu.x. Monsieur, qu'on me casse le cou
» Si vos discours n'ont trop de modestie,
» Je m'en rapporte à Goste, à la Bâtie ^,
» \'os quaiitez peuvent pour leurs tesmoins
» Produire ceux qui vous aiment le moins.
» Mais, brisons-là, car vous faites la moue
» A qui vous dit du bien, à qui vous loiie; »
Ainsy ces gens, se llallanl à crédit,
Groiront tout seuls aux douceurs qu'ils ont dit.
Ce bon prélat* toujours l'autre cajoUe
Qui craint, dil-on, d'en prendre la véroUe;
Quelle leur vienne, et que ce doux printemps
Dessus leur front cent boutons esclatants
D'un chapelet, pour le dire à ses festes,
Puisse parer leurs héroïques testes ;
Qu'ils soient toujours esloignez de ces lieux,
Qu'ils soient l'horreur et des cœurs et des yeux,