‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 168 sur 202 · LETTRE DE M. DE SAINT-AIGNAN · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE SAINT-AIGNAN

Après cent luurs et cent retours divers,

Vers ma personne, ignare des bons vers.

Qui voit Phœhus, mais couvert d'une nue.

Voire missive est enfin parvenue.

Je dis enfin, car j>ar chemins larlus

Moynes bottés, asnes, pigeons paltns,

Testudines, chenilles, vers de terre.

Et limaçons vont encor plus grand erre;

."souffrez ici, sçavant inter omnes;

La liberté du mot Testudines,

A qui se sert de biceps et décore

Testudines doit paraître sonore.

Et mots latins de temps en temps loger

En vers françois n'est pas crime léger.

Or cette lettre aux champs moult paresseuse,

Mais dans la ville une franche coureuse.

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