‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 188 sur 202 · En provençal (note du Ms · texte numérisé non relu

En provençal (note du Ms

Pour une sœur* qui vaut plus qu'un trésor,

Fût-il d'acier, d'argent ou de lin or.

Si celle sœur à métal je compare

Cesl que métal esl chez moy chose rare,

Et je connois celte Dame au corps gent

Gomme la Lune avec un front d'argent.

Son cœur d'acier que rien ne peut abattre

Dont la durlé, des galands dix et quatre

Mit au cercueil, hélas!, j'en tremble encor,

Et ses verlus ressemblent au fin or,

Tant sa vertu est éclatante et fine,

Faites donc veoir à cette Catherine

Qui en signant adjousle de la Croix,

Que je l'honore au moins autant que trois,

Je dirois bien quatorze, quinze ou seize;

Mais un beau trois, et qu'il ne leur déplaise,

Est plus parfait, et sans estre bravé

D'un autre nombre a le hault du pavé.

L'un et le deux ont bien la préséance

Mais comme huissiers, ainsy, comme je pense,

Ces deux messieurs furent faits tout exprès

Car autrement ils marcheroient après.

Si dessus trois quelque nombre se vante,

Certainement ce n'est qu'en fonds de rente ;

Mais tout cela ne vault pas le parler

Et noslre trois ne s'en peut ravaler.

Les niais pourtant croient en cette ville

Vingt mille francs valoir plus que trois mille;

Or sur ce nombre un adieu je vous dis

Mille fois trois et trois mille fois dis.

Ce terme est long de six semaines, El, dans les calendes romaines, Autre terme auriez trouvé, si L'eussiez voulu plus raccourci !

Pourveu que vous teniez parole Ce vieux pendarl de temps qui vole Malgré mes dents trop vistement S'écoulera joyeusement; Que si quelque lutin vous tente.

De me priver de mon attente,

1. Madame la comtesse de Roclieforl (note du Ms.) : Caltierine de La Croix de Chevrières, fille de Félix de La Croix et de Claude de Chissé avait épousé Annal de la Baume de Suzc, comte de Rochcfort.

Que Belzébuth dans les Enfers,

L'accable soubs de nouveaux fers,

Et que cent diablesses de lilles,

Luy bertaudent* les triquebilles!

Car Diables triquebilles ont,

Tesmoin les cornes qu'ont au front,

Ceux qui là-bas souffrent la rajje,

Du supplice du niaria{,'^e :

Ce supplice est, en ces bas lieux,

Ce qui fait le plaisir des Dieux !

Ainsi les bonnes mesnag^ères.

Les tripières, les hareng^ères,

Maudissent en communs devis

Leurs pauvres diables de maris!

De ce cas, ores ne se treuve.

Une plus authentique preuve,

Et puis, je sçay que sçavez tout.

Revenez donc, Madame, au bout

De ces six semaines promises.

Montrer ce cul que vos chemises

Nous ont assez lonj,4emps caché.

Le Diable au mien eust-il craché

Et que jà, dans La Buisserate,

M'eussiez espanoui la rate,

Avec un baiser savoureux,

Un baiser, j'en prendray bien deux

Si vostre bouche ne recule,

Ce qui seroit très ridicule,

Car oncque bouche ne recula!

Je suis, Madame, in sœcula,

Vous le verrez à l'autre page,

Un peu trop grand pour vostre page,

Mais vostre Suisse ou qui va là,

Jn sxculorum sieculo,

Si toutefois Suisses pour chausse,

Dont quelquefois Dame se gausse;

Je seray donc in ssecula

Vostre très humble Quinola-!

Si lors Niert a de l'envie

Pour ce doux moment de ma vie

Qu'il chante Ul re mi fa sol la

In sseculoruni sivcula.

Hélas! la Cour me le déi'obe,

Maudite soit la garde-robe^,

i. Voir p. 302, note 1.

2. Nom du valet de cœur au jeu de reversi, au figure valet de chambre.

3. De Niert était valet de chambre du roi. Voir sa notice p. 307.

Diable soit qui Ta bouté-Ià, In sxculorum sœcula.

Revenons à vostre personne Dieu la conserve et me la donne, Tant que cecy que pour cela In sieculoruni siecula.

TABLE DES LE ITRES LIBERTINES EN VERS

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