La Boissière de Cliaml)ors
3. On rencontre un Hoispuerin, maître d'hôtel de la maison de Louis XIII en 1627, remplacé en 1635 par Charles-Emmanuel des Rues. — La Boissière dit que Deshoulières était petit neveu de M. de Bois-Guérin, gouverneur de Loudun, qui refusa le bâton de maréchal de France que lui oflrait Henri IV, à condition de quitter la religion réformée.
4. (A'Itc dispense de l'Olficial visait ))robablcnicnl l'Age de mademoiselle Du Ligier, Irci/.e ans et demi. Voici la copie de son acte de mariage :
« Le 17* juillet 1651 ont été liancés au logis de M. de La Garde, rue Saint-Hon., avec dispense de M. rOllicial, M" Guillaume de La Fon, seigneur des Iloullières, conseiller, maistrc d'hôtel du Boy, gentilhomme ord" de M. le Prince de Condé, fils de feu .Messire Beiié de La Von et de delTuncle dame Anne Féron. et de d"' Antoinette du Ligier, lille de M" Melchior Du Ligier, seigneur de la Garde, chevallier de l'Ordre du Hoy, et de dame Claude Gaultier, en présence de Jacques Gervais de La Fon, frère dud. liancé, tlu Bévércnd Père Mornel, prédicateur du Roy, religieux Augustin, son cousin, des parents susd. de la d"« du Ligier, et aultres amis. Mariez le lendemain 18'. » (Saint-Eustache).
houlières la laissa demeurer chez ses parents et se contenta de la présenter à ses amis dans THôtel de Gondé où il résidait. Antoinette vit fort peu de temps son mari. Moins d'un mois et demi après la cérémonie du 18 juillet, le lieutenant-colonel est à Bordeaux (22 septembre) ; il ne rentre à Paris, avec le Prince, qu'au début de juillet 1652 ^ Encore a-t-il à peine l'occasion de rencontrer sa femme; il accompagne Gondé le 5 septembre à Ablon où campait l'armée espagnole commandée par le duc de Lorraine. Le Prince ayant été nommé généralissime de cette armée le 13 novembre 1652, Deshoulières combat avec lui en Picardie et assiste à la capitulation de Rocroy (7 septembre 1653).
Antoinette, d'un esprit naturellement réfléchi, vivement contrariée de voir son mari au service d'un rebelle, cherche, sinon à se consoler, tout au moins à distraire sa pensée de cette situation pénible, en étudiant la philosophie, particulièrement dans les œuvres de Gassendi, et en entretenant quelques amitiés sérieuses. Le charme qui se dégageait de sa personne avait séduit plusieurs des hôtes de IHôtel de Gondé; ils prirent bientôt le chemin de son logis de la rue Saint-Honoré. Au premier rang d'entre eux se trouvait Jean Dehénault. auteur d'un admirable sonnet qui lui avait valu la faveur du Prince-. Elle reçut aussi les visites de Des Barreaux et du spirituel et égrillard Saint-Pavin. Si elle leur parla philosophie, Vlllustre Débauché ne manqua pas de Tentretenir de sa marotte « L'Ame du Monde », mais le Roi de Sodome dut éviter ce terrain dangereux, il se contenta de lui déclarer son enthousiasmé pour sa beauté. Aimant la poésie madame Deshoulières admira les vers de Dehénault — celui-ci les récitait à l'occasion — souvent marqués sinon d'athéisme tout au moins d'épicurisme; ils répondaient d'ailleurs à ses sentiments intimes et à la philosophie sensualiste de larchiprêtre de Digne. Demanda-t-elle à Dehénault de lui apprendre la prosodie ou ce dernier, voyant ses heureuses dispositions, lui offrit-il spontanément de l'en instruire? Peu importe. Il se laissa aller à lui faire un brin de cour, la cour d'un homme ayant dépassé la quarantaine à une