VEHS IRRKGL'LIEHS SUR LES MESMES RIMES DE L'IDYLLE DES MOUTONS
Jlélas, jjelils Moulons, (/iic vous seriez heureux,
Si paissant dans nos (Jhanij)s, sans soucis, sans alarmes,
Aussilosl aimez qu^ amoureux,
Sans qu'il vous en cousle des larmes, Voslre cœur ressenloil la pointe des désirs, El si des mouvemens que donne la Nature Assaisannanl les maux avecque les plaisirs. Vous pouviez pénétrer cette heureuse imposture Qui fait de ce mélange un grand bien parmy nous,
El ne se trouve point chez vous!
Il vous faudrait un peu de raison pour partage, Vous en feriez sans doute un très utile uSiige. Innocens Animaux, vous en estes jaloux, El vous nous enviez cet heureux avantage; Mais si vous m'en croyez n'en /ailes point de bruit,
Ce mal pour vous est sans remède,
Tout vous trompe et tout vous séduit
Quand vous appeliez à voslre aide
L'aveugle instinct qui vmis conduit.
La Nature pour vous sévère
Ne vous comptant presque pour rien,
Vous abandonne à voslre Chien
Pour vous garder de la colère
Des Loups crueis et ravissans, El pour toute raison vous donne une chimère
Qui suit l'appétit de vos sens.
Si vous sçaviez ce que vous faites
Dans celle indigne oisiveté,
i. Nouveau Mercure yalant, Juillel 1677.
Si vous sçaviez ce que vous estes
Dans cette triste obscurité, Vous maudiriez cent fois cette tranquillité,
Et les défauts de la naissance Qui vous a refusé Vesprit et la beauté.
Et ne feriez pas vanité
De vostre funeste indolence.
Si par elle affranchis des soucis criminels Vous n'avez point de remords qui vous ronge,
Vous perdez les biens éternels,
Et passez icy comme un Songe.
Tout est dans ce vaste Univers De la sainte Sagesse un ouvrage solide,
De son destin elle décide
Selon ses jugemens divers.
A V Homme elle a donné l'esprit et la prudence. Pour éviter du Sort le caprice et les coups ; Et vous, petits Moutons, qui vivez sans science, D'une informe raison, vous avez l'apparence, Mais vous estes soumis à nostre dépendance
Et vous ne vivez que pour nous*.