‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 53 sur 202 · PARAPHRASE DU PSEAUME XIII : DIXIT INSIPIENS · texte numérisé non relu

PARAPHRASE DU PSEAUME XIII : DIXIT INSIPIENS

Non, il n'est point de Dieu. Ses foudres redoutables

Ne sont que de grossières fables Dont les foibles esprits se sont toujours repus, Disent ces insensez, ces hommes corrompus,

Dont les crimes abominables Jamais par les remords ne sont interrompus.

De l'obscur instinct qu'ont les brutes

Leur raison ne diffère en rien.

Frappez d'aveuglement tous leurs pas sont des chutes;

Et nul d'entr'eux ne fait le bien.

Du séjour où pour eux se forme le tonnerre

L'Eternel a porté ses regards icy-bas,

Pour voir s'il trouveroit dans les divers climats

Que la profonde mer enserre Quelqu'un qui le connût, quelqu'un qui ne fît pas A son culte, à son nom, une insolente guerre.

Quelque soin qu'ait pris le Seigneur,

Il n'a pu trouver sur la terre

Un seul homme selon son cœur.

Dans les lieux opposez à la pompe des villes

Gomme sous les lambris dorez, Du sentier de la grâce ils se sont égarez; Tous sont pour le Seigneur devenus inutiles!

Leur bouche est un Sépulchre ouvert D'où sort un air impur fatal à la sagesse;

Jamais leur langue ne leur sert

Que pour tromper avec adresse; Que pour faire à l'honneur en secret, en public.

De ces incurables blessures

Plus à craindre que les piqûres

Que fait le venimeux Aspic.

Leurs ccL-urs ne sont remplis que de haines mortelles, Que d'attentats qui font horreur :

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Toujours une implacable et brutale fureur

Les presse et leur prête des ailes, Pour aller dans le sang tremper leurs mains cruelles. Loin qu'entre eux se cultive une innocente paix,

Ils ne travaillent qu'à se nuire.

Et la crainte du Dieu qui de rien les a faits,

Et qui peut à rien les réduire,

Ne les inquiète jamais.

Ne parviendrois-je point à me faire connoître

(A dit le Seigneur irrité)

De ces hommes d'iniquité Qui, pleins d'ingratitude, osent nier mon Estre? Qui, nourris dans le crime et l'endurcissement, Ont dévoré mon peuple avec mesme alégresse

Que ceux qu'une extrême faim presse Dévorent l'ordinaire et grossier aliment.

Bien qu'ils ne puissent par eux-mêmes

Quels que soient leurs soins, leurs travaux,

Se garantir des moindres maux, Daignent-ils m'invoquer dans les périls extrêmes? Fiers de ma patience, ils en sont devenus

A m'offencer moins retenus.

Prononcent-ils mon nom que dans d'affreux blasphèmes? Ils pâlissent de crainte, ils tremblent; mais pourquoy?

Pour des biens faux et périssables ;

Tandis que sans aucun effroy Ils perdent pour toujours des biens vrays et durables Dont l'unique source est en moy !

Ils ne redoutent point mes jugemens sévères. Ils osent plus encore, et leur impiété

M'outrage jusques dans leurs frères.

Parce que la justice et que l'humilité

Sont des vertus qui me sont chères.

Ils ne cessent dans leurs discours Qu'à leurs dérèglemens leur insolence ajuste,

De railler de l'Humble et du Juste

Qui n'espèrent qu'en mon secours.

Mais pour confondre l'imposture, Pour convaincre l'impie et luy faire sentir Qu'il est un Dieu vengeur qui peut anéantir

D'un seul mot toute la Nature, Quelle main de Sion pourra faire sortir

Une lumière vive et pure?

110 Madame deshuulieres

Celle du Tout-puissant, luy qui plus d'une lois F.n a lait à Jacob la promesse authentique. Vous qui vous estes mis au-dessus de mes loix, Frémissez, troublez-vous à sa terrible voix; \ostre perte s'approche et son courroux s'explique.

Quand j'auiay, dil-il, dégagé

Mon peuple de la servitude Us recevront le prix de leur ingratitude; En vain ils gémiront de m'avoir outragé; A leurs yeux Israël d'une gloire asseurée

Verra payer ses longs ennuis, Tandis que par un feu d'éternelle durée Ces hommes tout de chair connoistront qui je suis.

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