Id. : ^'a^. des trois derniers vers
N'ose plus de la rime hasarder la prison,
Ce brillant, cet esprit, ce feu de ma pensée
N'est plus que du bon sens et qu'un peu de rai^^on.
Ainsi pour éloigner* ces vaines rêveries, J'examine le cours et l'ordre des Saisons ; Et comment tous les ans à l'émail des prairies Succèdent les trésors des fruits et des moissons-.
Je contemple à loisir cet amas de lumière, Ce brillant tourbillon, ce globe radieux; Et cherche s'il parcourt en elFet sa carrière, Ou si, sans se mouvoir, il éclaire les Cieux.
Puis delà tout à coup élevant ma pensée Vers cet Etre, du monde et Maître et Créateur, Je me ris des erreurs d'une Secte insensée Qui croit que le Hazard en peut^ être l'Auteur.
Ainsi coulent mes jours, sans soin, loin de l'Envie, Je les vois commencer et je les vois finir. Nul remords du passé n'empoisonne ma vie ; Satisfait du présent, je crains peu l'avenir.
Heureux, qui méprisant* l'opinion commune Que notre vanité peut seule autoriser.
Croit, comme moi, que c'est avoir fait sa fortune, Que d'avoir, comme moi, bien su la mépriser !