Id. : négligeant
Apprends à mépriser le néant delà vie.
Songe qu'au moment que je veux
Enseigner l'art de vivre heureux,
Elle s'en va m'être ravie.
Les Dieux sans m'appeller ont commencé son cours : Ils ont fixé sans moi le nombre de mes jours;
Et quand leur haine m"a fait naître,
Leur pitié* ne me laissa maître Que de l'instant présent dont j'ai le droit de jouir-. Tandis que je m'en plains, il va s'évanouir;
Mais bien loin que la vitesse
Dont s'écoulent nos beaux ans,
Soit un sujet de tristesse;
Il faut que notre sagesse
Tire de la suite du Temps, De la Mort, de nos maux, et de notre foiblesse.
Les raisons de nous réjouir '.
Aux pensers de la mort accoutume ton âme; Hors son nom seulement, elle n'a rien d'affreux. Détachez-en l'horreur d'un séjour ténébreux,
De Démons, d'Enfer et de flamme,
Qu'aura-t-elle de douloureux?
La mort est simplement le terme de la vie; De peines ni de biens elle n'est point suivie : C'est un asyle sûr, c'est la fin de nos maux, C'est le commencement d'un éternel repos; Et pour s'en faire encore une plus douce image,
Ce n'est qu'un paisible sommeil,
Que, par une conduite sage,
La Loi de l'Univers engage
A n'avoir jamais de réveil.
Nous sortons sans effort du sein de la Nature; Par le même chemin retournons sur nos pas : Eh! pourquoi s'aller faire une affreuse peinture D'un mal qu'aseurément on ne sent point là-bas?
Que ces sages réflexions Soient le principe de ta joie; Goûte l'erreur des passions, Mais n'en deviens jamais la proie.
Prends-les pour des amusemens, Dont il faut égayer le temps