‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 72 sur 202 · Id. : Des raisons Dour élre coulens · texte numérisé non relu

Id. : Des raisons Dour élre coulens

Que nous demeurons sur la terre :

Ce sont de secrets ennemis Que la Nature en nous a mis Exprès pour nous faire la guerre; Défendons-nous sans la finir :

Ce sont des Sujets peu fidelles; Mais ce sont des Sujets rebelles

Que le bien de l'Etat empêche de punir. Tranquille, attends que la Parque Tranche, d'un coup de ciseau, Le fil du même fuseau

Qui dévide les jours du Peuple et du Monarque.

Alors contens* du temps que nous aurons vécu, Rendons grâces à la Nature, Et remettons-lui sans murmure Ce que nous en avons reçu.

Cependant jetions des roses.

Je les vois avec les lis Briller fraîchement écloses Sur le teint de ma Phylis.

Viens, Phylis, avec moi, viens passer la soirée;

Qu'à table les Amours nous couronnent de fleurs ;

De myrte, comme toi, que leur Mère parée

Vienne de mon esprit effacer les noirceurs ; Et toi, Père de l'Allégresse, Viens, à l'ardeur de ma tendresse, Bacchus, joindre ton enjouement; Viens, sur moy, d'une double yvresse Répandre tout l'enchantement.

A l'envi de les yeux, vois comme ce vin brille : Verse-m'en, ma Phylis, et noie de ta main

Dans sa mousse qui pétille,

Les soucis du lendemain.

Ainsi l'on peut passer avec tranquillité Les ans que nous départ l'aveugle Destinée, Et goûter sagement la molle oisiveté Dime paresse raisonnée^

i. 1733 : Lors satisfaits.

2. Id. : Var. des vers qui précèdent (20) depuis : Cependant .jetions des roses

Cependant jette des roses, Je les vois, avec les lys, Briller, fraîchement écloses Sur le teint de ma Phylis :

Princesse, puissiez-vous comprendre par ma voix

Un léger crayon des Loix

Que la prudente Nature

Dictoit en Grèce autrefois

Par la bouche d'Epicure; Cet Esprit élevé, qui, dans sa noble ardeur, S'envola par delà les murailles du Monde, Affranchit les mortels d'une indigne terreur. Et bannit, le premier, de la Machine ronde, Les Enfans de la Peur : le Mensonge et l'Erreur'.

APOLOGIE DE L'INCONSTANCE (1700) Ode.

Loin de la route ordinaire.

Et du Pays des Romans,

Je chante, aux bords de Cythère,

Les seuls volages Amans ;

Et viens, plein de confiance,

Annoncer la vérité

Des charmes de l'Inconstance

Et de l'Infidélité.

Fuyez donc^, Pasteurs fidèles.

Qui, sur le ton langoureux.

Verrez radoter^ vos Belles, Plus indolens qu'amoureux :

Elle vient. Dieux, qu'elle est belle!

Que de charmes el d'appas !

L'Amour voltige autour d'elle ; Les Grâces suivent ses pas.

A l'ardeur de ma tendresse; Bacchus, joins ton enjoûment; Sur moi d'une double yvressc Répands tout l'encliantemenl.

A l'envi de tes yeux, vois comme ce vin brille ! Verse-m'en, ma Phylis : viens noyer de ta main,

Dans sa mousse qui pétille.

Les soucis du lendemain.

Ainsi l'on doit passer avec tranquillité Les ans que nous départ l'aveugle destinée. Et goûter sagement la molle oisiveté.

D'une paresse raisonnée.

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