‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 85 sur 202 · RÉPONSE DE CHAULIEU A L ABBÉ COURTIN · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE CHAULIEU A L ABBÉ COURTIN

Reçois mes fruits, qu'avec loi je partage, Pour régaler ces petits Dieux badins Qui, clans tes vers, viennent me rendre hommage, En me prenant pour le Dieu des Jardins.

Va plût à Dieu que ta gente pucelle,

Ainsi comme eux, me prit pour ce Dieu-là!

Point ne réponds lors de t'être fidèle;

Car sçais trop bien qu'Amour même en rira.

Jamais ce Dieu ne connut de morale :

Ce qui me plaît peut me rendre frippon, Des gens d'honneur petite est la cabale, Depuis la mort du pauvre Céladon.

Or en ce point tout ce qui me console, Et qui me doit excuser près de toi, C'est que, du moins, si ne vaux une obole, La Fare encor certes vaut moins que moi.

INVITATION DE L'ABBÉ COL'RTIN A L'ABBÉ DE CHAULIEU pour le prier à le venir voir dans sa nouvelle maison.

Abhé très cher, quand viendras-tu chez moi Faire un essai de ta convalescence?

Choisis te jour: je te jure ma foi, Que je l'attends avec impatience; Pour t'éprouver de plus d'une façon, Ami, j'aurai de r/uoi te satisfaire, Et sur ce point n'ai besoin de leçon; Viens à choisir Brunes faites pour plaire. Au doux parler, au maintien gracieux.

Propres sur-tout à l'amoureux mystère.

Même un peu trop, Abbé, pour un goutteux; Plus n'en dirai, le reste est ton a/faire.

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