‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 84 sur 202 · Id. : J'aperçois déjà la Parque · texte numérisé non relu

Id. : J'aperçois déjà la Parque

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Et Garon fréter la Barque Qui va bientôt me passer.

ÉPITRK DK L'ABBK COLRTIN A L'ABBÉ DE CHAULIEU

Le premier jour de l'an mil sept cenf sept,

Salut en vers un tien ami Cenvuie.

Puissent tes jours, filés d'or et de soie,

Dans celui-ci couler à ton souhait,

Sans qu'on te paie en billets de monnoie f

Cela pose, je te dirai, tout net.

Ce que de toi je veux par ce billet :

De virqouleuse une demi-douzaine,

Xombre pareil du j)lus beau saint-germain :

Fais mieux encore; une corbeille pleine

De fruits choisis, et rang es de ta main.

Fort à propos me viendrait pour demain,

Et devers moi te tiendroil lieu d'étrenne.

Tu me diras, sans doute, avec raison :

« Mes fruits sont bons, tes vers ne valent guère ».

Or ne va point le prendre sur ce ton,'

J'en suis d'accord, et voudrois en mieux faire.

Que si par là ne puis te satisfaire.

Faut essayer de quelqu autre façon,

A te mander chose qui puisse plaire;

El le voici. Me vint hier un dindon

Du bon pays d'où trois fois la sem,%ine

Les coquetiers arrivent à foison

Sur certain quai, près la Samaritaine.

A ce dindon sont jointes deux perdrix,

Bouges s'entend, et d'un fumet exquis.

Pour les manger, prends jour avec la Fare.

Quatre serons, sans plus ' tu m'entends bien?

Lors fusses-tu de tes fruits plus avare.

Tu conviendras qu'il y va plus du mien,

Car bien je sçais quel sort je me prépare,

El qu'en tel cas, tous deux ne valez rien.

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