‹ Disciples et successeurs de Theophile de Viau (volume 5)Chapitre 88 sur 202 · Ces deux vers manquent · texte numérisé non relu

Ces deux vers manquent

3. Id. : Suivant pas à pas la Nature | Dans une na'ive peinture | Tu chantois les Prez et les Bois.

Ou qu'au bon siècle de Catulle, Simple dans ses expressions, Et de Virgile, et de Tibulle Elle chantoit* les passions.

Mais non, de quelque rime rare.

De pointes, de rafinemens, Tu cherches les vains ornemens Dont une Coquette se pare; Et suivant les égaremens Où jette une verve insensée-.

Tu négliges les sentimens Pour faire briller la pensée.

Tel ne chanloit au bord des flots

Du Mincius, l'heureux Tityre,

Mais simplement faisoit redire

Le nom d'Amarylle aux Echos ;

Et les Naiades attentives

Quittoient leurs joncs et leurs roseaux

Pour venir danser sur ses rives

Au doux son de ses chalumeaux.

Esprit, tu séduis; on t'admire;

Mais rarement on t'aimera;

Ce qui sûrement touchera,

C'est ce que le cœur nous fait^ dire :

C'est ce langage de nos cœurs

Qui saisit l'âme et qui l'agite ;

El de faire couler nos pleurs

Tu n'auras jamais le mérite.

Mais sur ces frivoles sujets Pourquoi s'amuser à se plaindre, Quand de toi l'on a tout^ à craindre Sur de plus importants objets?

Dans les choses les plus sacrées.

Tu te plais à nous faire voir Que, plus elles sont révérées.

Et plus y brille ton pouvoir.

Dans la vérité simple et pure

D'une sainte Religion,

De quelle superstition

N'y mêles-tu [)oint l'imposture'^?

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