Par un peuple égaré
Changeant de volonté; réprouvant aujourd'hui Ce Peuple qui jadis seul par lui fut chéri * ! Je forme de cet Etre une plus noble idée; Sur le front du Soleil lui-même il Ta gravée^; Immense, tout puissant, équitable^, éternel, Maître de tout, a-t-il besoin de mon autel? S'il est juste, faut-il pour le rendre propice,
Que j'aille teindre les ruisseaux,
Dans l'olTrande d'un sacrilice,
Du sang innocent des Taureaux?
Dans le fond de mon cœur je lui bâtis un Temple; Prosterné devant lui, j'adore sa bonté,
Et ne vas pas suivre l'exemple Des mortels insensés, de qui la vanité Croit rendre assez d'honneurs à la Divinité Dans ces grands monumens de leur magnificence,
Témoins de leur extravagance
Bien plus que de leur piété.
Un esprit constant d'équité Bannit loin de moi 1 injustice; Et jamais ma noire malice N'a fait pâlir la Vérité, Ou par quelqu'indigne artilice Rompu les doux liens de la Société.
Ainsi je ne crains point qu'un Dieu dans sa colère
Me demande les biens ou le sang de mon Frère,
Me reproche la Veuve, ou l'Orphelin pillé.
Le Pauvre par ma main de son champ dépouillé,
Le viol du dépùt, ou l'amitié trahie.
Ou par quelques forfaits la fortune envahie.
Aussi dans ce moment qui finira mes jours, Qu'il faudra te quitter, La Fare, et mes amours. Mon âme n'ira point llotlanlc, épouvantée,
Peu sûre de sa destinée*, D'Arnaud ou d'Escobar mendier le secours;