ÉPITRE AU CHEVALIER DE BOUILLON
VAè\e que j'ai fait en la loi d'Epicure ;
Disciple, qui suit pas à pas
D'une doctrine saine et pure
Et les leçons et les appas ; Philosophe formé des mains de la Nature, Qui, sans rien emprunter de tes réflexions.
Prend pour g^uide les passions,
Et les satisfait sans mesure ^ ;
Qui ne fit jamais de projets Que pour l'instant présent, qui coule à l'aventure; Et, sachant au plaisir borner tous ses souhaits, Foule aux pieds la Fortune, et ris de son empire :
Heureux Libertin, qui ne fait
Jamais rien que ce qu'il désire
Et désire tout ce qu'il fait!
Chevalier, c'est peu qu'au Temple Je t'aie appris comment, dans la belle saison,
Avec des talens de plaire,
Un homme sage doit faire D'amour et de plaisirs une douce moisson :
Mais il faut que mon exemple.
Mieux qu'une stoïque leçon.
T'apprenne à supporter le faix de la Vieillesse;
A braver l'injure des Ans ; Te montre comme il faut, par des amusemens,
Arrêter, dans ces derniers temps', La Volupté qui fuit, le Plaisir qui nous laisse.
En vain la Nature épuisée
Tâche à prolonger sagement.
Par le secours d'un vif et fort tempérament, La trame de mes jours que les Ans ont usée;
Marc a pris cette variante : Tu ne me verras point à la lin de nos jours | Incertain de ma destinée | Pour calmer mon àme étonnée.
1 . 1733 : Au sortir de ce triste lieu, ] De trouver un azile. une retraite sure, j Ou dans le sein de la Nature, | Ou bien dans les bras de mon Dieu. — Cette pièce dans 1733 se continue par plus de cent vers qui, n'ayant aucun rapport avec les précédents, appartiennent à une autre poésie.