Arrêter pour quelques momens
174 CHAULIEl)
Je m'apperçois, à tout moment,
Que celle Mère bienfaisanle
Ne fail plus, d'une main treniblanle,
Qu'élayerle vieux bàtimenl
D'une Machine chaneelanle.
Tanlûl un déluge d'humeurs De sucs empoisonnés inonde ma paupière; Mais ce nesl pas assez d'en perdre la lumière,
Il fautencor que son aigreur, Dans d'inutiles yeux me forme une douleur, Qui serve à ma \'ertu de plus ample matière.
La Goutte, d'un autre côté, Me fait, depuis vingt ans, un tissu de souffrance.
Que fais-je à cette extrémité?
J'oppose encor plus de constance
A celte longue adversité,
Qu'elle n'a de persévérance :
Car ma triste expérience.
En m'apprenant à souffrir',
M'apprend que la patience Rend plus légers les maux que l'on ne peut guérir.
Au milieu cependant de ces peines cruelles, De notre triste Hyver compagnes trop fidelles, Je suis tranquille et gai. Quel bien plus précieux Puis-je espérer jamais de la bonté des Dieux?
Tel qu'un rocher, dont la tôle
Egale le mont Athos,
Voit, à ses pieds, la tempête
Troubler le calme des Ilots :