Id. : vastes manque
176 CIIAULIEU
Marianne, est-ce vous? Le Ciel impitoyable A-t'il voulu si-tôt dérober aux Mortels Ce qu'il leur a donné jamais de plus aimable; l'^t qui pouvoit aux Dieux disputer des Autels. Si la Grâce et l'Esprit, comme eux, est adorable? Quoi donc! quand j'espérois qu'à mon heure fatale, Tu recevrois mon âme à nos derniers adieux ; Et que ton Amitié, pour moi toujours égale. Peut-être, en soupirant, me fermeroit les yeux; G^est moi qui te suivis; et ma douleur profonde N'a, pour me consoler dans l'excès de mon deuil, Que de porter ton Nom jusques au bout du monde, De jetler tous les joui's des fleurs sur ton cercueil. Chanter tes agrémens, et célébrer tes charmes, Dans ces \'ers mille fois elTacés' par mes larmes.
Dans une foule de guerriers,
Vendôme, sur une éminence,
Paroît couronné de lauriers :
Vendôme, de qui la vaillance
Fait avouer aux Scipions Que le sac de Garthage et celui de Numance
N'obscurcit pas ses actions;
Et laisse juger à l'Espagne, Si son bras n'y fît pas plus en une campagne, Qu'ils n'y firent en dix avec vingt légions.
Dans le fond des jardins de ce séjour tranquille : Mais quel est ce Héros issu du sang des Dieux? C'est ce Prince adorable à qui les Destinées Donnèrent à Saint-Maur mes dernières années^;
C'est d'Enghien qui s'ollre à mes yeux, Sur Nervinde et Stinkerque entretenant Achille.
Je vois ce Vainqueur d'Ilion
Frémir que tout son courage.
Aux bord du Simoïs, n'eut pas fait davantage. Que dans ces deux combats fit ce jeune lion.
Plus loin, dans le fond d'un Bocage,
Je vois Catinat et Caton A tous les gens de bien faisant une leçon.
Ainsi, libre du joug des paniques terreurs, Parmi l'émail des prairies, Je promène les erreurs De mes douces rêveries;