Id. . Ces deux vers manquent
Et, ne pouvant former que d'impuissans désirs, Je sais mettre, en dépit de l'à^e qui me glace,
Mes souvenirs à la place
De l'ardeur de mes plaisirs.
Avec quel contentement Ces Fontaines, ces Bois, où j'adorai Sylvie, Rappellent à mon cœur son amoureux tourment. Bien loin que ce plaisir, qui ne peut revenir, De regrets inutiles empoisonne ma vie.
J'en savoure à longs traits l'aimable souvenir. Que de fois j'ai grossi ce Ruisseau de mes larmes. C'est sur ce Lit de fleurs que le premier baiser, Pour gage de sa foi, dissipa mes alarmes ; Et que bientôt après, vainqueur de tant de charmes, Sousce Tilleul, au frais je vins me reposer. Cet arbre porte encor le tendre caractère Des \'ers que j'y gravai pour l'aimable Bergère. Arbre, croissez, disois-je, où nos chiffres tracés Consacrent à l'Amour nos noms entrelassés; Puissent' croître avec vous nos ardeurs mutelles;
Et que de si tendres Amours Que la rigueur du sort défend d'être éternelles, N'aient au moins de fin que la fin de nos jours. Ami, voilà comment, sans chagrin, sans noirceurs, De la fin de nos jours poison lent et funeste,
Je sème encor de quelques fleurs
Le peu de chemin qui me reste.