CHAPITRE VIII
LES AMOURS DE DES BARREAUX ET DE MARIOX DE l'oRME (sUITE). LA RIVALITÉ DU CARDINAL DE RICHELIEU ET DE CINQ-MARS.
L'incident do « La Sophonisbe » s'était olïacé de la mémoire de Des Barreaux, son amom' l'absorbant tout entier. Ayant appris par Marion son retour à Baye, il quitte Paris et s'introduit nuitamment dans le château. La belle récompense sa fidélité, elle se donne à lui, le cache dans un méchant cabinet où l'on déposait le bois et lui apporte à manger '. L'Illustre débauché laisse éclater son bonheur :
Je sais vainqueur d'une niaistrcsse.
Que seule j'estimois digne de mes soupirs,
El rjuoy quelle ait Corgueil d'une Déesse, J'esleins dans son beau sein le Jeu de mes désirs.
Après cette illustre victoire.
Dans ces transports délicieux.
Je meurs, je ressuscite, d grcmd mcdstre des Dieux, Amour, que j'ay par toy de plaisir et de gloire !
(i) Tallcinaiit, Ilistoiielte de Des Barreaux, T. IN, p. !\-,.
L'auteur d'un Ms. dalc de lO^y apparleiiaid à M. Pionr Louys dit avoir visilcle château de Baye où Marion vécut jeune tille et avoir vu la fausse porte d'nw tour par où Des Barreaux allait coucher avec elle.
LA VŒ m: DES I3.VUUEALX, 1 G07- 1 0 V>
Aiiii>y (l'aiiii' ruine niric.
Le i>lus ayinuhle (U\s amunls.
Tyrais dans les einbrasaeinens
De son (itlomhle Syleie, Soiii)iroil (l'jilé de ees dutu- niourentens
Oui ilonneid la ntori cl lu rie.
El (hnis ces bien heuven.r nioniens.
Où les rolnple: aeeomplies
Ijdssenl les passions remplies
Jas(jn'aiLr derniers eoidenleniens.
Il disiiil à son cœur dans ses rarisseniens,
Je sins ndnqneur d'une nmislresse, etc...
Il lient entre ses l>ras cet ohjct <pi'il adore, Iljoiiit pleinement de Imite sa heaalé, Il sent que ses plaisirs sont une rérité,
Et il ne les croit pas encore,
Tant l'amant a de pe'ine à croire,
Ce qu'il a si fort désiré.
Il doute dupré.senl, il faut que. m mémoire Travaille puissamment à l'en rendre assuré : Mais assuré qu'il est de son bonheur e.rlréme, Ce bien-heureu.r amant dit eiicor en luy-même,
Je suis vainqueur, etc.
Dans Testât glorieux d'une faveur si rare. Tyrsis se inéconno'isl, et ne connoist plus rien.
Il se perd, son àme s'égare.
Dans la possession dun bien, Duquel cette beauté ne luy est jioinl avare : La honte et le respect pm- l'amour sont ImuuiIs, Tyrsis gousle à longs traits des jda'is'irs infinis. Sa main sui' ce beau corps se promené à son (use, Il la ba'ise cent fois, cl mil il la rcbaise ;
Mais de ces précieux baisers.
Il n'en parle qu'à ses pensers.
Pensées, dit- il, mes seuls complices De tant d'agréables délices,