‹ Disciples et successeurs de Theophile de ViauChapitre 23 sur 96 · LA MORT DE RICHELIEU. SES DEBAUCHES, SES IMPIETES, ETC. SES · texte numérisé non relu

LA MORT DE RICHELIEU. SES DEBAUCHES, SES IMPIETES, ETC. SES

RELATIONS AVEC NICOLAS VAUQUELIN DES YVETEAUX ET AVEC LE GRAND CONDÉ, ETC.

Désillusionné, mal vu de Richelieu, Des Barreaux ayant gaspillé depuis longtemps la part qui lui était revenue de la fortune de son père, se trouvait réduit aux expédients. Fatigué d'excès de toute sorte, il tombe gravement malade '. Aussitôt, l'épicurien fait place au chrétien ; cette méchante langue de Tallemant dit la vérité « c[u'il tlt le

(i) Tallemant dans Vlllslorietle de Des Barreaux ne lient aucun compte des dates, mais grâce au Ms. d'Henri Arnauld, évêcjue d'Angers (Bibl. nat.. Ms. 2o633, fonds fr.), il nous a été facile de préciser l'année de sa maladie qui a précédé la mort de sa mère (janvier iG^i). Gomme nous suivons l'Illustre débauché dans ses voyages en France de juillet à décembre i64o, cette maladie s'est i^roduite dans les premiers mois de iG^o.

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sot et baisa bien dos reb(jues ' ». ('cl le allilude qui contrastait avec son inipiélé babiluelle lui valut les quoli])cts de ses amis :

Des Barreaux se vante en tout lieu Qu'il n'a jamais connu de Dieu,

C'est une gasconnade Il y croit quand il est malade -.

mais Tallemaid le calomnie quand il ajoute qu'il fit le binot pour ne pas })erdre 4.000 livi'es de rentes qu'il atlendait de sa mère ^ Des Barreaux était sincère dans ses accès de relii>iosilé. il avait aussi ])eui" de IM^d'ei' que du bûcher de ïbéopliile.

Est-ce api'ès cette alerte et à sa sugL>eslion que Harbe Dolu assure le sort d'une fdle (|u'il avait eue d'une demoiselle liencay et dont il s'était lorl peu occupé ? C^est là l'explication (jui Aient naturellement à l'esprit quand on voit sa pieuse mère verser à ljoni»ny, le '^o juin iG'^o, dans l'étude de Pierre Beuzelin, notaire, à Marie de Pommereul de Moulin-Cba})el, suj)érieure du Monastère de Saint-Sauveur de Longny, assistée de six de ses s(eurs, la somme de îi./ioo livres tournois pour la dot de religion de Marie Rencay appelée de Saint-Cbai'les et de 200 livres

(i) Tallemant a insisté sur les palinodies de Des Barreaux : « II a tousjours esté impie ou libertin, car bien souvent ce n'est cpic pour faire le bon compagnon. Il le fit bien voir en une jurande maladie qu'il eut, car il fit fort le sot et baisa bien des reliques. Quelques mois après, ayant oiiy un sermon de l'abbé de Bouzez (Bourzeis, de l'Acad. fr.), il lui fit dire par Alad. Saiiitot qu'il vouloit faire assault de religion contre luy. « Je le veux bien, » répondit l'abbé, « à la première maladie qu'il aura. »

(2) Ms. datée de 1689, Cabinet de M. Pierre Louj's.

(3)T. IV, p. 5i.

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tournois pour la pension de la dite sœur Marie Reneay à commencer du i"' oclol)re t638, date à laquelle elle était entrée dans la dite maison, Marie Reneay devant être reçue le lendemain en qualité de fille de chœur \

Des Barreaux rétabli organise sa vie en véritable épicurien et la partage entre la bonne chère et la volupté ; il forme le projet d'aller écrémer les délices de la France en compagnie de quelques libertins comme lui : Picot, de la Musique du roi. et d'autres qui lui ressemblaient % chercliant dans chaque province ce qu'elle produisait de meilleur.

Il quitte Paris en juillet iG^^io, s'arrête au château du Lude (dans le Maine) appartenant à Timoléon de Daillon ; aux premiers jours d'août, il rend visite à Louis Guez de Balzac, le grand é})istolier. qui écrit à Chapelain de sa maison de Balzac :

« Mais il faut laisser toute autre matière pour faire le récit de l'entreprise héroïque d'un galant homme qui a passé en ce païs,

(i) Nous donnons à V Appendice le texte de cette donation.

(2) Talleniant, Historiette de Des Barreaux, T. IV, p. 49 : « Picot mourut à peu près comme il avait vescu ; il tomba malade dans un village: il fit venir le Curé et luy dit qu'il ne vouloit point qu'on le tourmenlast et qu'on lui criaillast aux oreilles, comme on fait à la plusparl des agonisans : le Curô en usa bien et il luy donna pai- son testament trois cens livres : mais connue il vit que le Curé, le croyant expédie ou peu s'en falloil. se nielloil à criailler comme on a de couslume, il le lira par le iuas ci lui dil : « Sçacliez, ,L;alanl «homme, si vous ne tenez pas ce cpie vnns m'aNc/, jjroniis qu'il me reste « encore assez de vie pour révncpier la doiiaiioii. - Cela rendit le Curé plus sage et Picot expira assez en repos. »

iSa LA VIE DE DES B.VUUEAUX. l6^0

et (lui va cliercliaut la vérité el le bon vin par mvv et [)ar terre. Pour cet etTet, il médite un pèlerinage vers Monsieur Deseartes à rimitation de celui d'Apollonius vers Iliarchas '. Néantmoins il remettra la vérité et Monsieur Descartes à l'année prochaine, et ne passera pas la mer de cette campagne, mais cependant son autre dessein mérite d'être sceu de tout l'Univers. Il est parti exprès de Paris, pour voir naistre et mourir le soleil à Balzac, pour aller manger ensuite tous les melons et toutes les figues de Gascogne, et de là. prendre le chemin de Languedoc, afin de faire vendange à Frontignan. Alexandre n'a jamais eu une si belle pensée. La conquelte des Indes n'est rien en comparaison, et donnez-vous bien garde une autie fois de me parler des voyages de votre Thésée. Vous sçaurez d'abord qu'il me parle de vous comme je veux qu'on en parle, et que cette introduction m'a si fort plu que que quand il eut Iraisné après lui des Ménades, Silènes, Asnes et Panthères, je n'aurois sceu fermer ma porte à ce train extraordinaire. Comme j'achevois ma lettre, celuy qui en est le sujet (Des Barreaux) est arrivé icy au galop, et m'a rendu une seconde visite, matidiimm, siccam et sohriam. Je vous diray pourtant que cette sobriété est intéressée, et qu'il n'a pas desjcuné de peur de faire tort à un grand dîner qui l'attendoit à Angoulème. Ainsi son abstinence mesme a l'intempérance pour objet et ne s'accorde pas autrement à celle des Pères du désert. »

Chapelain répond à Balzac le 1 1 août :

« Mais vostre transport a excité le mien et je vous ay parlé jusques icy d'une lettre sans vous dire ce qu'elle contient, comme vous m'avez parlé une demie heure de M. Des Barreaux sans me dire que c'estoit de luy que vous me parliés. Il est vray que les choses que vous m'en disiés luy sont si particulières et ces illustres desseins peuvent si peu estre conceus par d'autres que par luy que quand vous ne l'eussiés point nommé à la fin je

d) Dans la lettre qui suit de Ctiapclain à Balzac, Chapelain dit qu'il pense rpic Dos Barreaux ne fera pas le voyage de Hollande pour aller voir Dcscarles. D'après une note du Lfudiniana Des Barreaux a parlé à Descartes qui lui avait assure qu'il possédait le secret de prolonger la vie, voir p. an.

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n'eusse pas laissé de le deviner et de le connoistre à son air et à son alleure. Le nouveau Père Denis ayme donc à faire voyage aussy bien que le vieux et, sans aller sur le bord du Gange, sçait se faire des Indes du pais de Frontignan. Le double projet de trouver la vérité et le bon vin n'est pas, comme vous dittes, une pensée à qui celles des Césars et des Alexandres se peussent comparer. Nous verrons comment il l'exécutera et s'il s'acquittera aussy bien de celle qui regarde rAngletcrre que de celle qui regarde la Provence. A vous en dire toulesfois mon opinion, je croy que l'année qui vient, il n'ira point chercher Monsieur (Descartes) et qu'il se contentera de ce voyage-cy pour tous les deux. Il croira sans doute qu'ayant trouvé le vin, il aura trouvé la vérité, et si l'on le veut obliger de la chercher ailleurs, il alléguera que préférablement à tout autre lieu la vérité est dans le vin, et qu'une pipe de Frontignan contient plus de lumières et de connoissances que tous les esciits de la philosophie ancienne etmoderne. J'ay regret que nous ne puissions monstrer ce beau tableau à son ami, qui ne l'est plus (est-ce François Luillier ?), et que les considérations que vous avés le privent et quelques autres de ses amis du plaisir qu'ils auroient à entendre une chose si rare. Ils ne la verront point néantmoins puisque vous le défendes. »

Après avoir quitté Balzac, Des Barreaux se dirige vers le château de Gastelnau-Brétenoux, au comte deClermont- Lodève dont il disait que la bonne chère et la liberté « étaient chez lui dans leur trône ' ». Alexandre de Castelnau, marquis de Saissac, faisait à ses hôtes les honneurs de sa magnifique résidence; poète lui-même, il aimait les beaux esprits, sans négliger pour cela de soigner leurs estomacs. Fort grand buveur et fin gourmet, il trouvait à qui parler dans l'Illustre débauché qui esti-

(i) Bayle. Dict. critique, arliclc Des Barreaux.

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niait à leur j)ri\ les saunions do la Dordoiiiio. les bisques, les lins raL:()ùls el les vins ex(|uis (|ui se succédaient sur sa table. De Gaslelnau, Des Barreaux descend vers Mont au ban. Sa première visite, au malin, vers liviit heures, escorté de Picot et autres épicuriens, est pour le temple protestant où ils se mettent à chanter des chansons à hoire au lieu de psaumes. Talleniant estime qu'ils ne pouvaient être ivres de si honne heure, mais il s'illusionne ! Sans un M. Datiez, galant homme de cette ville, on les jetait j)ar les l'enèlres'. L'air de la vieille cité ])rotestante était malsain, aussi Des Han-eauv \ a-t-il avec ses compa^^nons vendanger à Frontignan. il remonte de là vers le Rhône et arrive à Vienne. 11 y reti'ouve Pierre de Boissat qui avait reçu avec Mairel et lui le dernier soupir de Théophile. Académicien et g:entillK)nnne de Gaston d'Orléans, Boissat s'était de])uis trois ans retiré près des siens, se condamnant volonlaiiejiient à la sohtude el à relïacemenl depuis la bastonnade que le comte de Sault, gouverneur du Dauphiné, lui avait l'ail aj)pliquer à Grenol)le |)ai- ses valets \ Ghorier, qui a connu el fréquenlé Des Barreaux aux festins de Boissat en iG^o, a crayonné son portrait:

ri)TaIlcmaril. Ilislorielles, T. IV, p. /ig.

(3) Choricr, ïallcmant, Pcllisson ot Segrais nous ont raconté comment Boissat, dans un bal, à Crcnobic, pondant le carnaval de 1637, irrita à tel point par SCS plaisanlcrios la comlessc de Saull, femme du jïouverncur, que le Comte le fit bàtonner par ses valets. De quelle nature étaient ces plaisanteries ? Choricr se sert de termes vagues el nous renseigne très insunisannnent ; Segrais prétend que Boissat présenta à la Comtesse une paire de ciseaux en lui disant qu'elle lui convenait, parce qu'elle était une grande découpcuse, c'est-à-dire qu'elle excellail à médire ; est il vraisemblable (lu'une si petite injure ait attiré une vengeance si terrible? l'ellissou nous apprernl que Boissat écrivit une lettre à l'Académie « qui contenoit une narration particulière de son malheur

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« Son urbanité et son enjouement étaient si grands, que ce n'est point sans grâce et sans élégance qu'il débitait sur la nature des choses des riens et des bagatelles ineptes. On s'étonnait de son ignorance, jusqu'à la stupéfaction. On aimait toutefois à l'entendre parler, tout en s'indignant de le voir plein d'une coupable audace s'efforcer vers des idées auxquelles, étant donné le sujet, on ne pouvait penser sans honte.

0 Boissat lui donna de grands festins,* comprenant bien qu'il ne pouvait rien faire de plus agréable pour cet homme si ami de la bonne chcie. A ces repas, il admit comme convives M' Georges de Musy, premier président de la Cour des Aides, et moi. M' de Musy lui offrit aussi un excellent dîner, j'y fus également invité. Des Barreaux aimait surtout le bon vin. Autant de gouttes dans son verre, autant, disait-il. de rayons de soleil cristallisés par un art de la nature. Il buvait à petits coups, goutte à goutte, doucement et par intervalles; il ne se laissait jamais aller à boire à pleine coupe. Il ne faut pas, disait-il, noyer la soif d'un seul coup, mais l'apaiser peu à peu et par moments plutôt que l'étancher tout à fait. L'un fait naître le goût de la volupté, l'autre le fatigue et en émousse le sentiment.

et dos choses qui l'avoicnl précûrlé, mais il ne la publia pas, parce que, après sa réconciliation avec le Comte, Boissat tàchoit à la supprimer lui-même. » Ce document faisant défaut, nous sommes obligés d'avoir recours à Tallemant, qui semble insinuer que Boissat fit quelques allusions aux aventures galantes de la Comtesse : « il s'habilla, ditH, en sage-femme, et avoil un écriteau sur l'estomac, où il y avoit : // n'y a que moy de sage-femme. 11 dit quelqvie chose à la dame, dont elle s'offensa fort, outre qu'elle prit l'escriteau à son désavantage. Il lui dit aussi, en luy présentant des ciseaux, « qu'il les lui donnoit, parce qu'elle découpoit fort bien. » Fou de colère et de douleur, il demanda au Comte, directement d'abord, puis j^ar l'entremise du marquis de Piennes, une réparation par les armes ; celui-ci refusa de se battre, en disant que Boissat n'était pas gentilhomme, c'est alors que Boissat « escrivit sa déconvenue à l'Académie, car il croyoit qu'elle engageroit le cardinal de Richelieu à venger l'alfront fait à une persorme du corps. » L'Académie qui, en ce temps-là, hésitait à se mêler à une querelle entre Corneille et Scudéry ne se soucia pas de venger l'infortuné académicien. Mais la noblesse du Danphiné j^rit fait et cause pour l'un des siens ; le gouverneur ne voulant pas se battre, elle travailla à un accommodement, car l'ordre tout entier croyait sa dignité outragée en la personne de Boissat ; le marquis de Bressieux. le comte de (Chatte et Salvaing de Boissieu furent chargés déjuger l'affaire ; après treize mois de travail ils réussirent à trouver une solution. » (C. Latreille : Pierre de Baissai (i6o'S-i6G?.). Grenoble, 1900 (pp. 35 et 36).

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» Mais à propos de Dieu, de rétoiiioUc majesté duquel il se déclarait renuemi, ni Boissal. ni M' de Musy ne souflVireiit jamais ses malsaines inventions. Quand, suivant son habitude, il l'attaquait, ce n'est pas par une réfutation ou un blâme qu'ils le réprimaient, mais par de spirituelles et agréables plaisanteries ^ »

L'abjseiioe prolongée de rilluslro déhanché faisait le sujet des coiiversalions de ses amis parisiens, le i5 déccnd)re (llia])elain éerivait encore à Balzac :

(I L'illustre desbauché n'est pas encore de retour de ses Indes, et je m'attens qu'après avoir esté planter les vignes au delà de la Ciutat (La Ciotat) et de Frontignan, il aura donné par la tempeste dans quelque île de Naxe (IVaxos, dans l'Archipel) et que, ce qui l'arresle encore en chemin, aura esté quelque nouvelle Ariadne qu'il aura trouvé digne de sa consolation. »

Des Barreau V est hrusquenient rappelé à Paris par la maladie de sa mèi'e (jni meurt en janvier iG/ii '. Ses j)ropres affaires étaiciil en si mauvais état que ses beauxfrères, Jacques Favier, sieur du Boidlay-Thierry, et Pierre Viole furent conlrainls de retenir sa part d'héritage et de lui donner une pension afin qu'il ne put pas se ruiner entièrement '. Ils l'ohligèrent même à vendre sa charge de cojiscilh'r au Parlement dont le prix fut al)sorhé également |)ar ses ci'éanciers.

(i) Chorior : Vie de Pierre de Baissât (en latin), 1680. Dans ce nièinc ouvrage, Choricr a Iracc un portrait inoral do Des Barreaux que nous avons mis dans ravanl-pro[)os des poésies libertines, ce portrait est c^'^alcmenl de i()/|o.

(2) Lettres de Henri Arnauld, évèquc d'Angers, au président lîarillon.

(3) Voici un reçu qui confirme pleinement l'assertion de Taiiemanl (Hibl. Nat., Ms,, nouv. acq. fr. 2ii5i, pièce 5): «Monsieur messirc Pierre Viole,

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Sa personne et son esprit séduisaient tous ceux qui rapprochaient, les témoignages sont unanimes. Balzac le constate dans la lettre qu'il adresse à Des Barreaux le 1 9 octobre i (j \ i :

« On ne parle icy que de vous, depuis que vous en estes parti. Mon père (Guillaume Guez), que vous avez érigé en pa tria relie Laban, et que vous remerciastes si éloquemment du présent qu'il fit au monde quand il me fit, admire sans cesse vostre éloquence. Il advouë que les heures qu'il a passées avec vous sont les plus belles heures du siècle qu'il a tantost achevé. Vostre mère d'adoption (Marie Nesmond, mère de Balzac) estime bien moins sa fécondité que sa fortune, et allègue si souvent son fils de la Cour, qu'elle commence à en donner de la jalousie à son fils de la Province.

conseiller en Parlement, et niessire Jacques Favicr, sieur du Boullay, conseiller du Roy en ses Conseils, maistre des requêtes ordinaires de son hostel, tant en leurs noms à cause de dames Marie et Elizabelh Vallée, leurs femmes, héritières bénéficiaires de dcfTuncte liarbe Dolu, leur mère, veufve de feu maistre Jacques Vallée, vivant sieur Des Barreaux, maistre des requcstes et président au Grand-Conseil, laquelle dame Des Barreaux estant aussi héritière bénéficiaire de feue dame Catherine Le Picard, sa mère, veuve de feu Monsieur le Président de Sève que comme dosdites sœurs ayant acquis les droits successifs de Monsieur Messire Jacques Vallée, sieur Des Barreaux, conseiller au Parlement, leur frère, aussi héritier de la dicte dame Barbe Dolu, sa mère par conlract

passé par devant et Galloy le troisième jour de may mil six cens quarante-

et-un confesse avoir reçu de les dits notaires et noble homme la somme

de vingt-cinq livres pour un quartier escheu le dernier jour de septembre mil six cens trente et un à cause de cent livres de rente faisant partie de quatre cens soixante livres de rentes constituées le vingt-huit décembre mil cinq cens soixante-deux à prendre sur le clergé dont quiltance. Faict et passe à Paris dans l'étude des notaires soussignez le sixiosme jour d'août mil six cens quaranle-et-un et ont signé: Viole, Favier, Bergeon, (ialloy. »

\oici quelques renseignements sur Catherine Le Picard, grand-mère de l'Illustre débauché : « Catherine Le Picart, dame de Ville-Evrard, fut mariée: 1° le I" avril 1 571 avec François Dolu, président de la Chambre des Comptes de Paris, mort en i588, âgé de 63 ans laissant plusieurs enfants ; fils de Jean Dolu, riche marchand de soye demeurant devant l'Orloge du Palais; 2" avec Christofle de Sève, seigneur de Forest, maistre des requcstes de l'hostel du Boy, puis premier président de la Cour des Aydes de Paris en 1097 : fils de Vntoiiic Sève, avocat au Parlement. Elle n'eut point d'enfant de ce second mariage et mourut l'an 1628 âgée de 78 ans comme le porte son épilaphe qui se voit dans l'Eglise de Sainte-Croix de la Bretonnerie où elle est enterrée avec son premier mary. » (Bibl. Nat., Ms. fr. 3o.o66, dossier 47-67)

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Pour l;i VeulVe (Madame de Canipaicnok'. sœur de Balzac) qui tient bon conlre le temps, et qui ne vous parut pas trop ilestrie, elle se souvient avec plaisir de l'agréable (Mdliousiasme dans lef[uel vous lui présentasies voslre service. Elle u(> ra<((>|)la pas à la véritc ; mais elle n'oseroil nier qu'en ce momeut d'audience, qu'elle vous donna, il ne luy passast par l'esprit une pensée moins sévère que celles qui l'entretiennent ordinairement, et (luoy qu'elle veuille dire :

8i non pertoîsum thalami tcedaMjue luisset ', etc.

» Je sçay l)ien que ces sortes de Veufves ne vous ])laisi'nl giicres, et que vous n'approuvez pas fort la fidélité que l'on garde aux morts. Mais que dites-vous pourtant de vostre vertueuse cousine (la comlesse de Bouleville) sur l'exemple de laquelle se forme ma sœur et de laquelle j'ay dit dans les Eloges des dames illustres :

Et cineres lacrymis rigat at(iue acccndit amore -.

" Je ne vous parle j)oiut de la prouKMiade du soir, dont vous vous estes obligé par serment de consacrer la mémoire dans vos vers. Je ne vous parle ni de Diane, ni de ses compagnes, ni des satyres (pii l'ont violée, ni de la Montagne vei'te, ni des Bains des Dieux, ni du Miroir des Estoiiles, ni des autres pièces de nostre (]ours. C'est à vous à m'escrirc ce que vous eu avez appris de vos Muses, et à vous acquitler de vostre parole. Seulement pour vous en faire mieux souvenir, je suis d'advis de vous envoyer quelques vers qui vous en demandent l'exécution. Ils ont este faits au mémo endroit de la prairie, où vous promistes les vostres au soleil couchant et au Dieu de la Gharaide.

» Je suis... Balzac. »

Notre c'|)iciirion conlimic à vagal^ondci', racccs de la Cour lui élanl toujours iutordil par l'hostilité du cai'diual de lUcliolieu qui se souvenait de la manière cavalière

(i) Tiad. Si le lit et la torctie nuptiale ne lui avaient point déplu.

(2) Elle arrose ses restes (de son mari) de ses larmes et les enflamme de son

La signalnrc \ allée de l'aclc ci contre apparliciit bien à Jacques Vallée des Barreaux, ainsi qu'il est facile de s'en assurer par le fac-similé que nous donnons de celle qui figui-e au bas du contrat de mariage d'Anne deJouy avec Philippe de Prasl du 7 février 1627.

Avant d'avoir eu ccninaissaiicc de ce dernier acte, nous croyions que Jacques Vallée des Jiarreaux s'était fait représenter au baptême d'Adrienne Couturier, sa signature étant identique à celle de son cousin Claude Vallée, seigneur de Mérouville et de Chenailles, dont nous avons retrouvé plusieurs spécimens.

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dont il avait accueilli la démarche de Boisrobert. Le 2^ novembre iG^'^, de passage au château de Chenailles, chez son oncle François Vallée ', il assiste à Chàteauneufsur-Loire, à titre de parrain, au Jjaplème d'une petite fiUe \

Des Barreaux ménage toutes les surprises. On ne le voit pas, lui qui maniait facilement la rime, expert en matière de galanterie, inviter le l)onliomme Du Pelletier % le poète à la douzaine, à écrire un « Art d'aimer». C'est pourtant ce qui résulte d'une des « Lettres mêlées » du

(i) Cet oncle François A allée était un prolestant convaincu mais qui aimait la gaillardise. Tallemant raconte qu'ayant emmené dans son carrosse au prêche à Charenlon, le ministre Daillé et une jolie fille, ils se mirent tous trois à chanter le psaume seizième ; arrivés à la fin, au lieu de dire El en ta main, François Vallée chanta, en mettant la main sur la gorge de la jolie fille :

Et en ton sein est et sera sans cesse Le comble vray de joy et de liesse.

Cette petite altération du texte sacré lui valut une terrible admonestation de Daillé.

(2) On trouve ci-conlrc le fac simile de cet acte qui porte sa signature.

(3) Du Pelletier n'est connu que par les traits dont l'a accablé Boileau qui frappait d'autant plus fort sur ce brave homme qu'il savait bien n'avoir rien à en craindre. En réalité Du Pelletier méprisait ses attaques, il se contentait d'être un courageux quand l'occasion s'en présentait. 11 l'a prouvé le jour où il a publié l'ouvrage de son ami Claude Le Petit (brûlé en 1663): Les plus belles pensées de Saint-Auguslin (Paris, iGGG, in-12) avec une noble préface. Veuf de Marguerite Vion, il moiuut avant 1GG9. probablement en 1668 comme le prouve son épitaphe faite par luy-même avant sa mort qui figure sous le titre Epitaphe de J'en M. Du Pelletier, dans les Récréations poétiques, amoureuses et galantes par le sieur Du Four C. D.M. (de la Crespelière, docteur en médecine), 1669 (p. i4i) :

Icy gist un pécheur qui fit très peu de bien,

La fortune luy fut contraire, La Cour ny le Barreau n'ont pu jamais lui plaire, Il vécut comme un pauvre et mourut avec rien,

ipa LV VIE DE DES BVRUEAUX, l6/|2

sieur Du VvWvi'icv tnlitécs on i()/|'^. Les faiiiiliers de l'illustre débauché saisii-enl là rorcasion tie le raillei- doucement.

A Monsieur Des Barauts (sic) sur ce qu'il inviloil l'autlicur à faire un Art d'aimer,

Lellro XGVIII (( Monsieur,

c( Puis-je croiie que vous ayez soin de ma répulalion et de ma fortune, lors que vous me demandez un Art d'aimer en François. Quoy, voulez-vous que je serve d'introducteur à ce turbulejit qui porte la Hame et la guerre en tous lieux !' Quoy, ne sçavez-vous pas que l'esprit le plus délicat qui fust sous l'Empire d'Auguste fut relégué à l'Isle de Pont, pour avoir \oulu servir de Maistrc à celuy qui n'en a pas besoin, et qui seait l'Art de conquérir les Ames les plus Airouches sans le secours et l'aide d'un mortel ? Quoy, voulez vous que je donne encore un arc et des flèches à celuy qui n'a (jue trop de traits, puisqu'en ayant employé pour blesser tous les cœurs qui res|)irent sur la terre, il luy en reste encore assez pour faire la guerre aux Dieux ? Je sçay bien (pic vous me direz que ses attaques sont si douces qu'elles n'ont jamais mis entre les mains de Jupiter (alors qu'il jette tant de feux dans son âme) ces feux qui sont les marques de son courroux, et dont il se venge des crimes des humains. Mais il me suffit que je vous prouve qu'il peut tout de luy mesme, et pour ce sujet on luy a donne des aisles aussi bien qu'un flambeau, les unes pour voler dans le Ciel et les autres pour se conduire dans les Enfers. Quand il seroit vray que ma plume pourroit augmenter le nombre de ses Esclaves, croyez-vous que je voulusse faire ce bien à l'ennemy de mon repos. Ce seroit accroistre l'empire de celuy qui a vu couler mes larmes sans en arrester le cours. En un mot, il ne faudroit plus que ce dernier malheur pour achever

Il ont ponr les sçavanfs un amour véritable,

11 se vit sans aucun appuy ; Passant, si tu m'en crois, dans ce temps misérable Ne fais pas comme il fit, ne meurs pas comme luy.

Consulter sur Du Pelletier notre Bibliographie des recueils colleclifs de poésies. T. II.

LA VIE DE DES BARREAUX, 16^2 IqS

ma mauvaise fortune, ce seroit là le dernier de ses outrages. Pourquoy voulez-vous que jo fasse parler le langage des Dieux à celuy qui bien souvent nous lie la langue aussi bien que le cœur, ou du moins qui nous fait bégayer comme des enfants. Je forme d'autres desseins, il faut pour mes Muses des occupations plus sérieuses ; et nous sommes dans un siècle où elles font bien voir combien elles sont sévères. Elles entrent plus souvent dans le Sanctuaire que dans le Lycée, elles montent plus souvent sur le Calvaire que dessus THélicon. Elles ont quitté les fables et les mensonges du Parnasse pour les véritez de la Croix. C'est véritablement dedans nostre Age qu'elles conservent glorieusement le titre de Pucelles. Héliodore à qui un ouvrage d'amour fit perdre la Crosse et la Mitre serait plus rigoureusement traité en nos jours. Toutesfois quoy que je condamne vos sentiments, et que je sois inexorable à vos vœux, ne croyez pas que j'en suis moins. » Votre très humble et très affectionné '. »

Et qu'on ne croie pas (ju'il y ail eu dans le désir exprimé par rilluslre débauché une intention ironique. Du Pelletier était considéré par nombre d'écrivains de son temps et non des moindres, ils ne le prenaient nullement pour un parasite, le traitaient en confrère, presque en ami. Tristan L'Hermite lui envoyait des vers élogieux pour ses « Lettres mêlées » :

Pelletier, tes lettres nouvelles Dépitent le temps et le sort ; C'est de louanges immortelles Que l'on en doit payer le port.

Si mon style étoit aussi rare, Ce siècle, ingrat autant qu'avare.

Me goûteroit avec plaisir, Et des Grands, qui dorent la lyre, J'obtiendrois l'iionneste loisir Si nécessaire à bien écrire.

(i) Lettres mêlées de Du Pelletier (B'M. Aat. Z. i4357j.

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(".liandcN ill(\ le jeuiK'. le beau cl spiiiliid (lliaudevillo, lU'Ncii (le Mallu'rhr. (M)(|ii('Iii(*Iu' de ril<')l(*l do Rambouillet, avait correspondu auiicalenienl avec lui : il fré(|uentait Guillaume C-olIctct Facadcmicieu, le doux ivi'Oiiuc ^ ion l)ali])i'a\ . *'\r.. cic. (rélail un brave et honnête écrivain (|ni la(jiiinail la Musc |><)m' vivre, il y a de j)lus sols uictiers.

Le cardinal de Kicliclieu meurt le /j décembre 1G/I2. Des Barreaux est tout lienreuv de reprendre à Paris sa vie (raiilrelois, mais avec l'àgc ses excès sont de plus en |)lus fié([uents. Sous rinfUience derivresse, il devient Lîi'ossicr cl descend au niveau de la brute.

Kn janvici- i()^|3 dans ini bal cbcz le conseillei' Biet, il jcllc par Icrre le cbapeau cl la pcriMKpie d'un \alet de cliand)re (pii servait de la limonade, (le valet, qui faisait le beau, se sentit si ()utra<>é de cet atlront <pi'un (juart (riicure après a\ant ouvert une poi'le couverte d'une la|)isscrie (pii élail jusiemeid deri'ièj'e Des Barreaux, il lui apj)liqua cinq ou six grands cou])s de bàlon dont un le blessa à la tète, puis se sauva sans que personne le put attraper, car il tira la porte sur lui '. Le coup fut dangereux cl Des Bair<'an\ pensa être tré])ané.

Dans une inc de Paris on le corrigea une seconde fois d'une lat'on aussi sauxage. In grand seigneur qui le con-

(i) TalIfMii.'iiil. Ilislorirltc ib- Itea Barreaux T. IV, p. 5o cl LcUres de Henri Arnauld an firhideid liarillon (W\h\. Xat., Ms. aoOliS).

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naissait le voyant mal en point le fit entrer dans son carosse en lui demandant de quel attentat il se trouvait la victime : « Ce n'est rien, répondit-il, c'est un coquin à qui j'ai fait donner des coups de bâton et qui vient de me traiter de même ». C'était chez lui une habitude prise d'en donner et d'en recevoir; il s'amusait à ce jeu avec Aubry, le conseiller au Parlement '.

Il était tellement déconsidéré, ou plutôt considéré à l'égal d'un simple goinfre, que les algarades auxquelles il se livrait ne tiraient pas à conséquence. En une débauche, raconte Tallemant, « il dit quelque chose à Villequier, aujourd'hui maréchal d'Aumont, qui luy rompit une bouteille sur la teste, et luy donna mille coups de pié. Des Barreaux le jour mesme pria Bardouville, son ani} , gentilhonnne de Normandie, honnne d'esprit, mais liljcrtin, de faire un appel à Villequier. Bardouville, qui connaissoit le pèlerin, luy promit tout ce qu'il voulut, et le fit coucher. Le lendemain, il le va trouver ; le galant homme dormoit le plus tranquillement du monde et depuis ne s'en est pas souvenu '. »

Il se faisait une gloriole d'afficher son impiété. Un jour, en compagnie d'Alexandre d'Elbène, chevalier, seigneur de La Mothe, à l'époque du carême, ils voulurent manger de la viande et ne trouvèrent que du lard et des œufs dont on leur fit nue omelette. Dans le temps qu'ils la mangeaient, il survint un orage et un tonnerre si ter-

(i) p. Legouz. Supplrmcnl du Mrnngiana nîibl. Dijon. Ms. (jlia et Bibl. Nat. Ms. 23254).

(3) Tallemant. T. IV, p. 48.

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rible, (|iril soinhlail (uTil <illail rciiNciscr la maison où ils ctaiorit. Des Barreaux, sans se Ironhicr. prit le ])lal et le j(*la |>ar la (eiièlre disaiil : « Noilà bien du bruit pour une nvéeliante onieletle au lard ' ».

Au milieu de ses débauebes il réservait encore une jK'lile place à Tamour. Moins <pie lout autre il était bomme à pleurer indélinimenl l'abandon de Marion, il l'a proclamé lui-même :

Il faut prendre pendant (a vie Tout le phusir (/ii'on peu! aroir,

il fui l'amanl de (ieneviève du (iué, l'ennue de Jean de Moussy, sieur d'Ileville, maiire des couij>les :

lia, Des Barreaux, mon cher niny.

Où sont les complaisances, Quoy, tu abandonnes Moussy Au milieu des soufïrances...

La vérité c'est ([ue Des Barreaux n'aimait que par les sens; à part Mai-ion, il eut avant et après des fantaisies sans lendemain ou des liaisons inavouables.

Il n'avait ce[)en(lanl |)as oublié la belle infidèle, il y pensait certain(;nienl le joui' oii il composa ])Our un

(i) M. Pcrrens, dans ses Libertins en France au \\u' dèrle, a placé celte scène nn Vendredi saint. C'est une allégation gratuilo, Talleinant dit que Des Barreaux alla passer à Saint-CIoiid riiez la Du Hjcr la semaine sainte avec Miton, Polel, llaincy, Moreau et Picot, mais il ne parle pas de l'anecdote de l'omelette au lard recueillie dans le Ménatjiana. Enfin le Ms. de la Hibl. Nat., nouv. acq. fr. 4529, p. 96, place celte anecdote de l'omelette au lard un vendredi, il n'est môme pas question de carême.

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ballet ' des stances sur l'or ; la puissance du métal jaune, célél^rée comme il convient par un homme pour qui les jouissances terrestres existent seules, est proclamée sans limites a fermant les enfers et ouvi-ant les cieux ». L'allusion est transparente, c'est la flèche du Parthe !

RÉCIT POUR UN BALLET SUR l'oR

Du plus bas eslage du monde, Je monte avec éclat sur la teste des Bols, J'establis les Tyrans, Je renverse les loix.

Je puis tout sur la terre et sur l'onde.

Je suis ce métail sans pareil,

Vouvrarje achevé du Soleil, L'ornement de la paix, et le nerf de la guerre, Je ferme les Enfers, et si J'ouvre les Cieux, Je commande aux mortels, et gouverne les Dieux, Et avec tout cela ne suis quun peu de terre.

Point dejorce qui ne me cède, Nulles difficullez dont Je ne vienne à bout, Je force le destin. Je suis maislre de tout,

Et même de qui me possède ; L'amour, l'honneur sont sous ma loy.

Rien n'est impénétrable à nioy.

Je passeray partout où passe le tonnerre. Je n'ay pas tant de bruit, mais Je fais plus d'effort, Je fais perdre la vie. Je sauve de la mort. Et avec tout cela ne suis qu'un peu de terre.

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