‹ Disciples et successeurs de Theophile de ViauChapitre 24 sur 96 · AUX DAMES · texte numérisé non relu

AUX DAMES

Sans avo'w mouvement ny âme.

Je sçay donner à tout et cœur et mouvement :

(i) Il nous a été impossible de relronver le titre de ce ballet. Ces stances ne se lisent pas dans le recueil si curieux ])ublié par Paul Lacroix : Drillcts el mascarades de cour, qui fait partie de la (iollectioti (lay. (> vol. in-iu. Nous n'avons pas été plus heureux dans nos recherches à la Hibliothè(pie nationale.

ig8 LA VIE DE DES lîVIUUvVUX, l643

Bcaulc:. qui vous croyez du monde l'ornement,

El (jnl renipllssez loul dejlànie,

JSe tnéj>rise: jxfs mon (doy,

Rien n'est fidelle dev<mt moy, La plus illustre foy s'y casse comme un verre, La plus chaste de vous me reçoit dans son sein. Je rends beau le plus laid, le malade tnen sain, El avec tout cela ne suis qu'un peu de ferre.

Des Ban-eaux ne caloiuiiiail i)as Mariou : à (aiiq-Mars, à Richelieu avaient succédé Fi'fuiçois de Rouville, beaufrère dv lîussY-Rabulin, Arnauld de Corbeviile dit le Garainn, Miossens depuis maréchal d'Albret, Saint- Evremond, etc., etc.

Séduit comme l)eaucou{) d'auli-es par la beauté de l'une (les lillcs de la reine, Suzanne de Pons', qui était à la veille de devenir la maîtresse en titre de Henri de Lorraine, duc de Guise", il osa lui risquer celle déclaration :

Esfincelles continuées D'un feu qui ne mourra jamais Qui portez dans nos cœurs et la guerre et la paix, Vivcmts Eclairs, Bluetles animées, Regards que vous estes puissans Sur mon esprit et sur mes sens.

(i) Sur Suzanne de Pons, voir ÏHistorietle du duc de Guise, dans Tallemnnt des Réanx, T. V, p. 3;i4- Le Nouveau Cabinet des Muses... i658, in-12, a reproduit (p. iiC)une curieuse élégie dont voici le premier vers : La nymphe Galatée ('Su/annc de Pons) et l'inconstant Hylas (Henri de Lorraine). Dans celte élégie, Suzanne de Pons raconte ses amours avec le duc de (luise ; en esl-elle l'auteur ou la doit-on à la plume d'un de ses amis : Des Harreaux, Tristan L'Ilermitc, etc. !* Nous l'ignorons. Elle a dû épouser entre iG55 et 1663 im sieur de La Gastcvine.

(3) M'N. M. Hernardin a publié sur Henri II de Lorraine, duc de (Juise, et ses amours, un spirituel et substantiel ariich- ipii l'ail i)arlie de son recueil : Hommes et mœurs au xvu' siècle. Paris, liHiO.

LA VIE DE DES BARREAUX, l643 IQQ

Toutes ces beautez de Nature, Le riche éclat du diamant Et ces Jeux éternels brillant au firmament, De ces regards ne sont que la peinture. Regards que vous. . .

Non, non, regarde: sans envie Ces feux qu'on a tant estimé, Ils luisent d'un éclat qui n'est point animé. Et vous avez ta lumière et la vie Regards que vous...

Mademoiselle de Pons a-t-elle répondu à Des Barreaux et comment ?

Des Barreaux fréquentait la maison de la rue des Marais, dans le fauljourg Saint-Germain, vers les Petits Augustins, où Nicolas Vauquelin des Yveteaux ', « ce petit homme sec, aux yeux de cochon », comme le représente Tallemant, recevait avec la plus parfaite bonne grâce nombre de personnes distinguées attirées par son esprit : Mademoiselle de Hautefort, la fameuse Ninon de

(i) Nicolas Vauquelin, sieur des Yveicaux, né vers 1667 au château de La Fresnaye-en-Sauvage, près Putangcs, mort le 9 mars 1649. D'abord précepteur du duc de Vendôme, fils naturel de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, pour qui il composa un ])oème : L'InstiUdion du Prince, il fut appelé à la même fonction près du Uaupliin (du 28 aoiit ir)C9 jusqu'à la fin de 161 1). Après son dé|)art de la Cour, nommé conseiller au Parlement, il vécut en épicurien. Ses poésies, assez nombreuses, ont paru sans nom d'auteur sous le litre Recueil de vers en iGoG et dans les recueils collectifs de poésies du xvir' siècle; M' Prosper HIanchemain en a réuni seulement une partie, i854 in-S. Voir noiro Bibliof/rophie des recueils collecllfs de poésies publiés de 1597 à 1700. Ln Des Yveteaux était conseiller au Parlement en iG3G, il figure à co titre dans le Rôle de l'Epargne, folio 85 (Nouv. acq. fr. N° 896, Bibl. Nat.).

aOO L.V VIE DK DES BARREAUX, l6V|

Lenclos, le comte de l^rioiine '. son coiii})alriole l'iiistorieii Mézeray '. le bon gi'os Sainl-Amant % Saint-Laurens Parizot ^ etc.. etc. Le maître du logis aimait la musique et les beaux vers. La Du Puv, cette femme que Des Yveteaux avait invitée à entrer cliez lui en 1628 et cjui depuis était devenue sinon sa maîtresse — son âge avancé ne lui permettant guère ce passe-temps — mais l'aimable compagne de sa vieillesse, lui jouait de la harpe et faisait les honneurs de sa table. Ninon, quand elle le visitait. aj)])()rtait son lutli \ Saint-Amaid récitait ses poésies les plus gaillardes et Des Barreaux lisait quelques sonnets plnlosophi(|ues. Le vieil épicurien, poète luimême, était bon juge en la matière. « L'air dont l'Illustre dél)auclié détaillait ses vers y ajoutait tant de foi'ce et d'agrément qu'il était difficile de ne se laisser pas emporter à l'harmonie du son et à la nouveauté des pensées ^ ». Une pièce, dite par lui — iid-elle médiocre —

• i) Nous avons publié dans noire Bibliograpliie des recueils collectifs (T. II, p. 2.53) une pièce inédite de Des Yveteaux : La loûaïuje du Cidre adressée à Saint-Amant où il est question du comte de Bricnne.

(9.) Des "\ veleaux s'était fait le prolecteur de Mczeray (voir baron Piclion, notice sur Des Yveteaux). La notice du baron Pichon est très complète et très intéressante, elle donne les détails les plus curieux sur la vie de Des Yveteaux.

Ci) ?nint-\rnant raconte dans son épîtrc à M. le baron de Melay, gouverneur du Ghàleau-Troiiipetle à Bordeaux, qu'il avait reçu de ce seigneur un très beau jambon dont il lit faire un pàfé qu'il mangea chez Des Yveteaux où il l'avait fait porter.

(4) Voir sur Saint-Laurens l'arizot notre Bibliograpliie des recueils de poésies. T. II.

(5) ïallemanl : Historiette de Des Yveteaux, ï. I"'. p. 349.

(Cl) Cette phrase est prise textuellement dans une lettre de Le Pays à Madame L. P. D. V. D. G. Lettre is du livre III des Amitiés, amours et amourettes, D'jM. Il s'agit de trois sonnets de Des Barreaux, que Le Pays lui avait entendu réciter chez cette dame et qu'ils avaient tous deux admirés ; il ajoute :

LA VIE DE DES BARREAUX, l644 30 î

enthousiasmait l'auditoire. Dans une de ces réunions de l'année iC)^\\, Des Yveteaux après avoir célébré la Du Puy :

Je ne m'excuse point de ce que je l'adore

En ma vieille saison, Les Anges font de même, et je suis jeune encore

A leur comparaison •.

lui fit part de son fameux sonncd ' :

« Mais, Aladamc, oseray-jt' vous Je diio ? depuis que je les ay écrits, je ne les trouve plus beaux. L'air dont cet illuslrc débauché nous les débita, y ajoùtoit tant de force et d'agrément, qu'il estoit diiricile de ne se laisser pas emporter à l'harmonie du son et à la nouveauté des pensées. Mais depuis que je les ay veus sur le papier, dépouille/ de ces deux avantages et ornez de leur seule beauté, dans les mesmcs vers et dans les mcsmes pensées je n'ay plus trouvé les mesmes appas, ny la mesme délicatesse. Je m'imagine que la copie que je vous envoyé vous donnera les mesmes sentimens, et qu'elle vous fera repentir de vostre admiration et de l'excez de vos louanges. Il faut avouer. Madame, que la parole et la nouveauté sont de véritables trompeuses et tout leur éclat n'est le plus souvent que fourberie et imposture. La parole d'un liomme qui récite bien, se glisse je ne sçay comment dans nostre esprit, le surprend par son harmonie, et l'emporte sans qu'il ait le temps de se reconnoistre. La nouveauté est encore plus adroite, elle prend nostre âme par son foible, elle y entre par un endroit dont elle n'avoit point de soupçon ; et ce qu'il y a de plus estrange, c'est que nostre âme est ravie de cette surprise, et qu'elle sçait Ijon gré qu'on entre chez elle par une porte qui n'avoit point esté ouverte. Elle trouve d'abord des charmes en cette fourbe, mais quand la fourbe lui est connue bien souvent elle la méprise et s'estonne de s'estre estonnée de si peu de chose. En cela. Madame, le plaisir a quekjue rapport avec la douleur. Quand nous recevons quelque coup impréveu, d'abord il nous surprend et nous abat ; mais lors que le premier trait de la douleur a fait son effort, elle s'émousse et devient si foible qu'en peu de temps nous ne la sentons plus. Voilà à peu près ce que les sonnets de Monsieur des H... ont fait dans mon esprit, je me persuade que dans le vostre ils ne réussiront pas mieux. Si je ne me trompe, Madame, faitcs-moy la grâce de me le mander, et de m'apprendre si mon dégoust vient de la mauvaise qualité de la viande, ou du désordre de mon tempérament. »

(i) Réplique de la veuve du sieur de Lezinière, aux dernières obserralions du sieur Des 'iveleaux, surin poursuiUe criminelle (la'elle fail pour la piuiilion du fratricide commis en la personne de son mnry (iri-4 de iG p. chilï". cl i p. pliée en double) (Bibl. nat., Fm, 19330 .

(2) Ce sonnet n'était qu'une variante du célèbre sonnol de l'ianliri. l'imprimeur anversois, sur le (( bonheur de re monde ». Voici l'imitation (pi'en avait faite Agrippa d'.Vubigné :

LA VIE DE DES BAUUKAUX. li)^fl

\\o\r pou (le parons, moins de Irain ([iio de rente Kl eheieher en tout temps l'iionnesle volupté, Contenter ses désirs, conserver sa santé, Kt l'àme de proecz et de vices exem[)tc ;

A rien d'ambitieux ne mettre son attente, Voir les siens élevez en quekjue aulhorilé. Mais sans besoin d'appuy gardei* sa liberté. De peur de s'enfja<jei" à rien (pii ne contente.

\ eux-lu savoir qui peut faire la vie heureuse, P'olàlre d'Auljigné ? Ce sont ces points ici : Des liiens non pas acquis, mais trouves sans souci, Bonne clière, beau feu, la Icrrc fructueuse,

l'oint de procès, de noise; avoir l'àme joyeuse. Le corps dispos, qui n'est trop maigre ou trop farci ; N'être point cauteleux, ni point niais aussi. Avoir pareils amis, table délicieuse.

Sans crainte, sans soupçon, en sa bouisc un ccu,

Belle femme gaillarde et n'être pas cocu,

Un dormir sans ronfler, un repos sans se feindre,

(^)ui fasse la nuit courle et contente ies yeux. Etre te (pie lu veux, n'all'ecter rien de mieux. Ne désirer la mort, et la fuir sans la craindre.

Le sonnet de Des Vvcleaux a été imprimé pour la première fois dans la Lettre de Monsieur le Président de La Frenaye à Monsieur Des Yveteaux, son frère, jjonr servir de resj)on^e à un libelle dijfanmloire distribué sous son nom, et sous le titre d'un Facluni Hn-V de 3;) p. chitT.). \ oici le début de celle pièce : « Monsieur mon Frère, Eu même temps vos ennemis ont semé dans nostre province deux ouvrages, qu'on dit sortis de vostre esprit. Le premier est un sonnet, le second est un factum. Si la façon de ces deux pièces est différente, les pensées font voir qu'elles viennent d'une même source. Notre Poésie descouvre avec beaucoup de liberté, celle de vos inclinations en ce qu'elle nous fait connoistre le désir, cpie vous avez de conserver jusques à la mort celte douceur de vie, rpie vous avez recliercliée après vostre retraite de la Cour... »

Voici maintenant l'exlrail de la Hesponse de Monsieur des Yvctenu.r à lu lettre de Monsieur de La Fresnaye, son frère (litre de départ, in-Zj" de 10 p. et 2 ff. n. chiir. dont un contenant des vers latins):

« ... Mais pour commencer à vous répondre, vous me mandés que vous doutés si j'ay fait le facluni et le sonnet qui esta la fin de vostre réponse, ou de celle de voire clerc, surquoy je vous diray en riant que je n'ay J;imais esté accusé comme vous d'avoir baillé ou laissé ma besongne à faire à d'autres, et que j'ay fait l'un et reveu l'autre à demy fait...

LA VIE DE DES BARREAUX, l644 2o3

Des jardins, des tableaux, la musique, les vers,

Une ta])le fort libre, et de peu de couverts.

Avoir bien plus d'amour pour soy que pour sa Dame,

Estre estimé du Prince et le voir rarement.

Beaucoup d'honneursans peine, etpeud'enfans sans femme,

Font attendre à Paris la mort tout doucement.

A l'intention de son liôte, et par une délicate attention, Des Barreaux le paraphrasa en forçant volontairement la note libertine :

N'estre ni magistrat, ni marié, ni prestre. Avoir un pea de bien, l'appliquer tout à soy, Et sans affecter tV estre un docteur de ta Loy, S'étudier bien plus à jouir qu'à connoistre ;

Pour son repos n'avoir ny maistresse, ny maistre. Ne voir que par rencontre ou la Cour ou le Roy ; A'e sçavoir point mentir, mais bien garder sa foy, Ne vouloir estre plus que ce qu'on se voit estre.

»... Je ne laisseray pas de vous dire après cette petite digression que je suis marry que mon sonnet n'ayc esté porté en Normandie, comme jel'ay fait, sans avoir esté altéré par vos mauvais copistes, car il n'est vicieux que de la façon que vous l'avés fait imprimer, y ayant des fautes poétiques en quatre ou cinq endroits; mais non pas essencielles ny de conscience; comme les foibles calomniateurs s'estudient à remarquer. Ces petits poëmes sont des rayons d'vme plus grande lumière que les Grecs appellent parerya, qui sont plustost d'humeur et de caprice que de dessein, et qui ne peuvent estre si bien exprimés que par les morceaux délicats que les peintres ajoutent de leur main aux coins de leurs lableaux historiques et .sçavans; où l'on voit des paysages avec quelque ordre d'Architecture, et comme on a accoustumé de mêler des salades ])army des viandes solides, et mettre mêmes des llcurs sur les meilleures tables. H est permis aux esprits fleuris, et qui ont delà vigueur de reste, de mêler des choses légères avec des œuvres de plus grand poids, comme possible on en verra de luoy. Poiu- la (in du sonnet sur UhjuoI vostre clerc plus habile que vous, eust voulu faire quelque remarque sca^idaleuse, indigne d'un honneste homme, et d'im esprit judicieux, je diray que jt n'ay pas estudié en cela à me représenter seul, et que les félicités ex[)rimées dans ce somiet ne sont pas réduites à mes imaginations particulières, car elles se doivent entendre jusques aux pensées de ceux qui ont autrefois esté mariés... >>

2o4 '-^ VIE DR DES BARREAUX. lGV|

Ai'oir l'csprif ptuyé des cn-ciu's popiilaires, Porter tout le respeci que l'on doit aihr myslères, \'av<)ir aucun remors, vivre nwrcdemeni ;

Posséder le présent en pleine eonfuuice, /S'avoir pour l'avenir crainte ni espérance : Font attendre partout la mort tranquillenienl '.

Des Vveleaii.v aurait ploiiicinenl ^oiité ces «aj^es conseils s'il ne s'élait trouvé en l)ulle au\ tracassei'ies de certains membres (le sa famille, jaloux de la place ])rise ])ai' la Du PuN. ti'acasseries qui devaieul assombrir ses dei'nirres années.

Delà maison de Des \veteau\. Des lîarreaux passait chez Ninon de Lenclos, il s'y rencontrait avec le vain- (picur de Uoci'oi (|ui |)artageait ses goùls, ses idées et s'amusait de ses bons contes. Plus tard dans leurs l)euve-

(i) François Ogier a répondu au sonnet de Des Yvetcanx, et... un peu à celui de Des Barreaux :

Vivre on Sardanapale, et croire en Epicure, Noyer ses sentiments dans les plaisirs du corps, Pariny l'oisiveté faire tous .ses cirorts, Alin de salistiiirc à la bonne Nat\ne.

N'a\oir pour tout objet cprune sale peinture.

Souiller l'âme au-dedans, et les yeux au dehors.

Sur les quatre-vingts ans presque au nombre des morts.

Ne méditer jamais ny mort ny sépulture.

Un sérail qui comprend l'une et l'autre \ énus, Des femmes sans honneur, et des maris cornus. Des enfans, mais bastards, des valets, mais infâmes.

Etre considéré comme un vieux monunient

Qui cache sous sa cendre im tison plein de flamme,

("est attendre à l'aris l'Knfcr tout doucement.

Les deux sonnets, relui de Des Yveteaux et la répon.se de Fr. Ogier ont paru pour la i)remière l'ois dans le I{cr. de Senj, i" |)artie, i" éd., i(i53 (p. 77 et 78;. Nous donnons plus loin le sonnet de Des Yveteaux repentant.

LA VIE DE DES BARREAUX, l6/l5-l6/|7 205

ries à huis clos, il portait la sauté (tu Prince dans des ternies très familiers : « A toi lioiilioinine Condé ' ». On le vit quelquefois clicz Marion de i.'Ornie dont il avait oublié la tialiison. Les méchantes lanuues du temps s'amusaient de ses visites en l'aljsence ctes amants en titre de la iielle courtisane, elles lui faisaient la réputation de tenir leur place quand les nécessités de la guerre dépeuplaient la petite cour galante :

Marion se d^cnnforle De ee que la guerre emporte Ses amans dans les hasards, Des Barreaux sera pi'ès d'elle, Bien qu'il soit Jean de JS'welle Il passera pour un Mars -.

Il perdit, en ii\\']. son oncle de CiuMiailles% président des Trésoriers de France à Paris, chez lequel il se rendait de préférence. François Vallée cependant laissa les deux tiers de sa fortune '' à son neveu Claude Vallée % sieur de

(i) Bibl. nat. Ms. i-^'iqi, p. 137.

(2) Mémoires historiques, politiques, critiques et littéraires, par Amelot de La Houssaye, Amsterdam, 1737. T. II, p. 409.

(3) Voir son Historiette dans Tallemant, T. IV, p. 5i.

(4) Nous reproduisons à l'Appendice une procuration donnée par Claude Vallée qui indique celle proporlion. Tallemanl s'élail conlenté d'écrire que François Vallée avait avantagé son neveu Claude \allee et sa nièce, \nne Vallée, mariée à Anne de (jjiivrée, marquis de la Barre. Tous deux étaient les enfants de Hector Vallée, sieur de Mérouville, frère puîné du père de Des Barreaux.

Lors du mariage d'Anne Vallée avec Anne de Chivrée, François Vallée lui avait donné la moitié d'une maison à Paris et O.ooo l. tournois, 3o mars i645 (Arch. nat.. Y, i8'i, f. 234 v").

(5j Claude Vallée, sieur de Mérouville, et ensuite de Chenailles après la mort de son oncle, fut condamné à avoir la tète tranchée pour avoir entrctemi commerce et intelligence avec le prince de Condé, agi contre le service du roi et avoir voulu livrer Saint Quentin aux Espagnols, il vit sa i)eine commuée en bannis-

2o6 I.V VII- Dr. DES ÎÎAUllEAUX. l6'|7

M(''roiivillc\ cl M sa lùvcv Amie Nallrc. inai'(|iiis(' (l(> La lîa]'r('-('<hi\ ivc. Ions deux |)r()[('slaii[s : cl le dcniicr licrs à la ])raiichc ("alliorKiiic de sa lamillc rcpivsculéc pai* Dos liaiTcaiix cl ses deux sdiirs : Marie Viole el Klisal)elii Favior. \olre é|>ieiii'ieii loil en eolèi'e les consola (M1 lenr disaid : « Kneoic ponr \ ons anlres. n ons a\e/ le plaisir de croire cpTil esl dannié. mais moi je ne le scanrois croire ». De ce qn'il en enl ponrianl. i'emai(|n<' Tallemant, il aclicla un ])cnclice ' el ne s'en cacha poinl.

setncnt le 27 ni;irs itiri-, ^w'nr ;m\ (l(''iii;ii clicsdc ses .iriiis. — M. I';inlin l'niis, dans SCS notes des IILsInrirtlrs ilr Tallnminl. a rcptodnil le cniiciix soniicl siiivaril (lui fait allusion à une niésaveidurc de ce Clicnailics, ou [)enl-èlie de son fils: Surpris en bonne forlunc déguisé eu lillc, il avail élé r(Mi\oyé delà plainte portée contre lui (T. IN , p. "x)) :

Je l'ay dit el le dis («iicore de nouveau, ^on, je ne \oudrois pas pour la meilleure maille Qu'on eusl plus mallrailté rimiOfent de (^lienaille, Que d'en avoir louillé la robe |)our la peau.

Pour l'avoir manipié belle, il n'en est pas moins beau, Le temps fera cliangcr de l'ace à sa médaille. C'est un bomiet pour tout (pi'il perd à la bataille. Pour s'csh(> osé liollci- cordic un pins lin cliapeau.

Mais il lalloil, dil-on. par arrcst éipiilable Absoudre l'imiocenl ou punir le coupable ; C'est ainsy (pi'on a l'ail, s'il est bien entendu :

Encor qu'il fusl sans crime, il n'esloit pas sans blâme,

L'on a justifié l'innocence de l'àme.

Et Iraitté son esprit, comme s'il leust perdu.

(1) Nous n'avons pas pu découvrir quel était ce bénéfice.

Page 1