INCRIMINÉ PAR LE PÈRE GARASSLS DANS SA
(( SOMME THÉOLOGIOIE, iG^S ))
Livre second : De la Providence de Dieu. Section vingt deiixiesme. Objections des Athéisles couverts, contre rcmpcschcment des mauvais accidents qui est le dernier acte de la Providence divine.
P. !i!\2 En somme il y en a qui reçoivent les maPlicurs en mor-
gant, et comme en desfiant la Providence du Créateur, d'autant que s'ils ont eschappé quelque mauvais accident, ou franchy quelque pas dangereux : ils en triomphent, comme s'ils avoient estouffé la malice du destin, et triomphé des maux que le Ciel leur avoit procuré. Telle est l'indiscrétion de ce Libertin, qui faisoit comme le Chef du party, car estant retiré d'un danger évident, si loustefois la chose qu'il raconte est véritable, il se jette sur les loiianges imaginaires de son courage, comme Thersite dans Ilomcre, au lieu de se plonger dans son néant, et reconnoislre en soy les secrets de la Providence divine, qui le gardent à pénitence, s'il ne tient à luy. Yoicy ses parolles en la Page cent vingt quatriesme de ses premières œuvres :
OBJECTION TROISIKME
Encor un accident aussi mauvais ou pire. Me plongea dans le sein du poissonneux Empire Au milieu de la nuit, ou le front du Croissant Dun petit bout de corne à peine apparoissant, Sembloit se retirer et chasser les ténèbres, Pour jetter plus d'cfTroy dans des lieux si funèbres. Lune romps ton silence, et pour me desmentir. Reproche moy la peur que tu me vis sentir ! Que dens-je devenir un jour que le tonnerre Presque dessous mes pieds vint balier la terre ! Il brusla mes voisins, il me couvrit de feu Et si pour tout cela je le craignis bien peu....
(i; Voir p. 3i.