‹ Disciples et successeurs de Theophile de ViauChapitre 67 sur 96 · MEULAN. LA VIE DE SAINT-PAVIN A PARIS ET A LIVRY. SES AMOURS · texte numérisé non relu

MEULAN. LA VIE DE SAINT-PAVIN A PARIS ET A LIVRY. SES AMOURS

AVEC MAD""'" de saint-louis, NINON DE LENCLOS, ETC. SES RELATIONS

DE VOISINAGE A LIVRV AVEC l'aBBÉ DE COULANGES ET MAD'"' DE HABLTIN.

(i595-i64aj

Saiiit-Pavin appartenait à la famille des Sanguin, d'origine bourgeoise, qui tenait la seigneurie de Livry dont les deux branches occupaient au xvii' siècle des charges assez élevées dans l'Eglise et dans la Robe'. Sa vie est encore moins fertile en événements que celle de Des Barreaux. Il l'a passée en véritable épicurien et en parfait libertin.

(i) Sur la généalogie des Sanguin, consulter le Cabinet des Tilres do la I$ibl. nat. et les Ms. d'AJJorty à la Bibl. de Senlis. On les disait issus de l'icrre Sanguin, juge de la noblesse de Saint-.Vmand. on Flandre, vivant vers i3in (Dossiens bleus, vol. Ô98). D'Hozier a écrit que leur noblesse avait pour principe la richesse des boutiques où ils s'étaient élevés ancienneinenf (Cabinet d'Hozier, vol. 3o6;. (Ch. Bréard, IWbbaye de A'.-/J. de Grestain, iqo'j, in-S").

348 LA Mi; DK SAINT-PAMN, iSqSiGiQ

Denis Saiiuiiiu de Saiiit-J^avin élail le sixièiuc lils de Jac(iues Sanguin, sieur (\v Livry. ronseiller au Parlement dès i58:->. élu |)i'év()l des uiareliands de la ville de Paris le i() août i()()(). eontinué pour deux ans le 17 août 1608, contirnié pour la li'oisiènie fois le iG août i()io, et de Marie Du Mesnil. (ille de Denis Du Mesnil, sei^jfueur de Croquelaine et de Claude \ ialart '. Jaeques San<4uin avait eu dix enfants dont trois filles.

On ne sait rien de l'enfance de Saint-Pavin. Né en loyo. ([uatre années avant Des Barreaux, il a fait comme lui ses études chez les Jésuites de la Flèche ; leur différence d'âge les a séparés sur les bancs du collège.

Ses humanités terminées, il eut la veilléité d'entrer dans les Ordres. Clerc du diocèse de Paris, sur la résignation de Jehan Trouillard, il prend possession le i5 février i()t8 en la personne de M' Jacques Aragon, prêtre, chanoine du Mans, son procureur spécial, du prieuré simple de Saint-Pavin-des-Champs, de l'ordre de Saint- Benoît, diocèse du Mans '. Denis Sanguin conserva ce bénéfice cinq années à peine, il le résigna le 19 jan-

(i) Sainl-Marc dans la notice des Poésies de Sainl-Pavin, l/îj'J, donne pour père à Saint-Pavin, Christoptde Sanguin, le frère de Jacques Sanguin, et pour mère Isabelle Seguier... C'est une erreur.

(2) Arch. Sarthe, G. 354, f- 4oo''. Cette prise de possession fut matière à contestation. En effet, le prieuré de Saint-Pavin avait eu comme titulaires précédents : Jacques Ozan, religieux de Saint-Benoit, installé le i8 août i()i3, nommé par le père de Saint-I^ivin, Jacques Sanguin, en vertu d'un induit du Roi du 28 juillet iGi3 el, en mémo temps, frère René de Helin nommé par lettres de feu -\P llardouin Fousché, vivant conseiller du Roi du 19 octobre 1609, installé en août i0i3, (jui avait probablement résigne à Jehan Trouillard. Pour régulariser celte situation, une nouvelle cérémonie eut lieu le 26 mars 1619 par les soins de son môme procureur, Aragon, au nom de Denis Sanguin, comme successeur de J. Ozan.

vier tG-îo à François, cardinal de La Rorliofourauld, ^rand aiimoiiior de France. Dans cet intervalle, il va un instant j^rossir la tron})e des lil)ertins qui comprenait l'élite de la jeunesse de la cour de Louis Mil dord Tiirophile était le chef, et que l'ordre d'exil dn i^i juin lOïc) commença à disperser. Son nom est ahsejd du peu ([ui reste de la correspondance du Poète de Boussères. on y rencontre seulement celui d'un de ses frères aines, Cliailes Sanguin '. Saint-Pavin n'en a pas moins été un des fidèles disciples de Théophile; libertin et spirituel comme lui, il fut très peiné de sa mort (s^o septembre liy^A)). Dans les premiers mois de lih.-], il perdit son père Jaccjues Sanguin ; la })art (jui lui i-evint de la succession ne dut pas être importante, elle ne compensait certes pas les subsides qu'il pouvait tirer de la générosité ou de la protection paternelle ; sa maîtresse Marguerite de Pienne ' dont il venait d'avoir un enfant, le trahit peut-èli-e : tous ces ennuis qui fondent successivement sur lui, joiids aux soucis d'une santé toujours chancelante, s'exhalent dans le sonnet suivant :

Perdre Père, Crédit, Fortn/ie, Bien, Mdistresse, Et le meilleur amy qui ayt jamais esté. D'un extreyne malheur estre persécuté Voir qu'à nous afjVujer le Destin s'intéresse.

(i) Lcltre XXII (en latin) des Nouvelles œuvres du sieur Théophile, ai'n, elle a clé écrite vers le i3 novembre iGaS. Charles Sanguin, maître d'hùtel du lUii. marié à Marie DoUé, a eu un tils Denis II Sanguin, évèque de Sentis te l 'i Janvier iG52 sur la résignation de son oncle Nicolas Sanguin, tui d.-s frères de Saint-Pavin. Denis II Sanguin mourut le l'S mars 170:^, à 81 ans.

(i) Cette demoiselle de Pi(>nne n'était i)as de la faniill;' des Hrouillv. niar(|uis de Pienne.

35o LA ME nE SAlNT-l'AVIN. iG'J-

FJi'i' (icaihlé denuuis. de nuiu.r. cl de Iri.slcsse, Aroir le corps mal sain, l'csftvil i/iquiélé, i\e pouvoir p<ts (troir un rayon de santé, \e recevoir d'aucun ni liordé, in tendresse.

Passer de(f(nis le lit le plus beau du jtriidcfnps,

Estre infirme et caduc au dessous de trente ans,

I\e voir rien ipii me cliofjue et rien (/lu m'importune.

Aux plus justes desseins n'avoir que du malheur, X'espérer rien de mieux, et manquer de vigueur ; Voilà le bel estai où m'a mis la Fortune K

Saint-Pavin ne parait s\Hrc lié intiinenienl avec Des Barreaux qu'après la uiort de Théophile : ses heureuses dispositions liheitines ne pouvaient mieux continuer à s'exercer que sous le contrôle d'un tel maître. Si les extrêmes se touchent, Saint-Pavin était aussi peu favorisé des dons extérieurs de la nature que Des Barreaux en avait été comhlé. Théopliile a céléhré la heauté de son « hien-aimé » en la l'eprésentant comme une grâce de la divinité ', mais ce que cette dernière avait refusé sous ce rapj)ort à Saint-Pavin, elle le lui rendait au point de vue de l'esprit. Il est iiuitile de reti'acer son portrait, il a eu le soin de se ])résenter Ini-méme :

Mon cher Tircis, que t'ay-je faiet, Pour me demander mon portraict ?

(i) Recueil Conrart, T. IX, in-folio, p. gSt) : Ce sonnet, bien entendu, est anonyme, mais to<is les termes semblent désigner Saint-Pavin. En 1637, Saint- Pavin avait trente-deux ans, mais il ne pouvait le dire en vers !

(i) Voir p. io5, l'ode IV de la Maison de Sylvie de Théophile.

LV VIE DE SAI.NT-PVVIN, 1627 33l

Veux tu qu'à mon désavantage Ma main travaille à cet ouvrage, Et qu'avec si peu d'agremens On me monstre chez les Flamans ?

Soit à ma honte ou pour ma gloire, J'ay peine à faire mon histoire ; Je vais pourtant, sans me flatter.

Me peindre pour te contenter.

Ma mine est fort peu cavalière, Mon visage est f aie t de m(mière Qu'il. tient moins du beau que du laid, Sans estre choquant tout hfaicl.

Dans mes yeux deux noires prunelles Br'dlent de maitdes étincelles.

J'ai le nez pointa, je l'ay long, Je l'ay mal f aie t, mais je l'ay bon. Et je sens venir toutes choses De plus loin qu'on ne sent les roses ; Enfin j'ose dire en un mot Que je nay pas le nez d'un sot.

Malgré les ans et la fortune, Ma chevelure est encor brune.

Mon teint est jaune et safrané De la couleur d'un vieux damné ^, Pour le moins qui le doit bien estre, Ou je ne sçay pas m'y cannois tre.

Soit par hazard ou par des pi t La nature injuste me fit Court, entasse, l'espaule grosse ; Au milieu de mon dos je hausse Certain amas d'os et de chair Faict en pointe comme un clocher ; Mes bras d'une longueur exlresme, Et mes jambes presque de mesme

(i) Var. du Rcc. Conrarl : Du coloris d'un vieux damné

302 I>^ VIF DE SAINT PAVIN. iG'.i;

Me fonf prendre le plus souvent

Pour un petit moulin à vent.

Je suis eomposé de matière

Fort combustible et peu grossière ;

J\iy de l'enjoùment, j'ay du Jeu ;

Qu'il ni en reste beaucoup ou peu V.

N'importe, il s'en faut satisftdre.

Quand on s'en trouve assez pour plaire.

Je ne suis point homme borné :

Mon esprit n'est pas mal tourné,

Je l'ay vif dans les reparties,

Et plus piquant que les orties.

Je ne laisse pas d'est re adroit.

Complaisant, mesme un peu coquet.

Mais ce n'est pas pour la coquette :

Près d'elle fort peu je m'arreste-.

Et je croirois passer pou i- fd.

Si je n'estois plus delirtd.

Je suis lanlosl gueua-. taidost riche,

Je ne suis libéral, ny chiche :

Je ne suis ny fascheux. ny doux,

Sage, ny du nombre des fous.

Et je sius cela tout ensendjle.

Sans que personne me ressemble.

Enfin je trouve tout égal

Et je ne fais ny bien ny mal.

La coutume à qui l'on dejere.

Comme l'enfant faict à sa mère,

Ne peut, toute forte qu'elle est,

M' emporter qu'à ce qui me plais t.

V amb'd'ieuse frénésie,

La vengeance, lajalous'w.

Grands trouble-fesles de l'esprit.

Ont sur le mien peu de crédit.

J'aime à railler, mais sans mesdlre.

(i; \ar. (lu Rec. Cnnrarl : OiieJ'cn «yc ht-diicotiii on ficti (2) Id. .Sur elle fnrl },en je nie jelle

LA VIE DE SAINT l'AVIN. l(j27 353

EL resjoiur sans faire rire.

Parler sans me faire escouter.

Et Je veux plaire sans flatter.

Avec beaucoup de soin jV-vite

Et la rencontre et le mérite

De certaines gens qui. partout.

Poussent ma patience à bout :

Ils entent sur les bagatelles

Toujours nouvelles sur nouvelles ;

Politiques dont Veidretien.

Qui sont de tout et ne soid rien.

J'ay l'application profonde

A bien connoitre tout le monde,

Et J'en fais le discernement

Sans m'y tromper que rarement :

Pour le corps Je ne prends point l'onittre ;

J'ay pour amis un petit nomtjre

De gens choisis et bien triés :

La raison qui nous tient liés

Xous unitj'ortcment ensemble :

Jamais pour l'un l'autre ne tremlAe.

El sans réserve chacun rit

Comme n'ayant qu'un mesme esprit ^

Je ne suis pas l'homme du monde

Le plus ennemy de la J'ronde :

A ussy Je ne suis pas de ceux

Qui partout d'un esprit hargneux

Cherchent scms cesse sur qui mordre,

Et ne preschent que le desordre :

Le repos et la liberté

Est le seul bien que J'ay gousté-.

Je hay toutes sortes d'affaires :

Je ne me fais pt^int de ehimercs :

(i) Los vingt vers ci-dossus, soit à partir de : Avec beaucoup de soin j évite, ne se lisent pas dans l'édition. Paulin l'iiris. M. E. de liaiiheleiuy qui les a extraits du Roc. de Coiirart les a ijubiiés dans le linlU-Un du liihUopliilf. i8G3. p. 35, avec les variantes que nous donnons ici.

.(2) Var. du Hec. Conrart : Soitl les .se(//.v hiens tiui in'uni leidé

354 I-^ ^'•'^ DF SAINT l'A VIN, 102-

Du fatur comme du passe

Je n'ay l'esprit embarrassé*.

Ce qu'on dit de moy peu me chocfiue

De force choses je me mocquc

Et jusqu'icv je n'ay point sçu

Ce que c'est que vice ou vertu :

Je confons toutes les espèces.

Je mets en œuvre toutes pièces -

Et sans contraindre mes désirs

Je me donne entier aux plaisirs.

Le jeu, V amour, la bonne chère

Ont pour moy certain caractère

Par qui tous mes sens sont charmez,

Et je les ay tousjours aimez :

Toutefois ce nest qu'à ma mode,

Dans un air de vivre commode.

C'est rarement qu'un l'icux garçon

En use d'une autre façon.

Je fuis l'étude etj'ayme à lire

Un vieux roman, une .satyre ;

Tous les livres plus sérieux

Sont à mon gré fort ennuyeux ^ :

Avec aisance je compose *

Tantost en vers, tantosl en prose ;

Et quelquefois assez heureux

Je réussis en tous les deux.

Mon humeur est assez facile ;

J'aime les champs, je hay la ville ^

Et je pense moins à la Cour

Que je ne fais à ton retour^.

(i) Var. du Rcc. Courait : lùjukment débarrassé

(9.) Los quatre vois ci-dessus oril élé publiés par E. de Barlhclomy (voir p. 353, note i).

(3) kl.

(4) Var. du Rec. Conrart : Pour me dlverlir, je compose.

(h) Id. J'ayme les champs, J'ayme la ville

(G) Id. Que je ne pense à ton retour

Voyla ma peinture jxirfaicte ; Et je sim quitte de la debte A quoyje in estais engagé .

Regarde si je suis changé D'humeur, d'esprit et de visage ; Trouves-tu que je sois pins sage ?

De quelque façon que je sois, Ayme-moi. Tircis, taledoibs.

On conçoit que doté d'un ptiysique ingrat et fixé sur les risques qu'il lui faisait courir à l'égard du beau sexe — il en avait déjà prol)ablenient suln nombre d'épreuves décisives — Saint-Pavin n'ait jamais songé à se marier; le rôle de victime ridicule ne lui plaisait guère et il lui répugnait de l'avouer. De là lui est venue la pensée de se poser en champion de l'amour grec ; il s'est fait un point d'honneur de se créer une répvitation de sodomite, complétée d'ailleurs par celle, non moins dangereuse au XV if siècle, d'impie, aussi les vaudevillistes du temps ne l'ont pas épargné. Qu'y avait-il derrière cette attitude cynique à laquelle on doit ses vers obscènes, la traduction de certaines épigrammes de Martial, etc., et qui lui a valu le titre peu enviable de Roi de Sodome ? Tout simplement du dépit contre un sève qu'il n'a cessé d'aimer profondément, mais dont il craignait la légèreté et aussi le désir d'étonner, de surprendre, en un mot de scandaliser ses contemporains. Sur ce dernier terrain il avait été précédé par Des Barreaux et il sera suivi par Blot. Les libertins de cette espèce ne trompaient que ceux qui ne les connaissaient pas intimement, car ils étaient reçus dans la meilleure société de rép<)(|U(\

356 lA VIF }w. sAiM-pwiN. iGaS-iG^t)

ni

Esl-cc la j)('ur(|ii(' Dos lîaircaiiv a\ail de la mort doiil il ontrclenail IVéquciniiitMiL ses amis cl ((ii'il aiiièiie Sainl- Pavin à partager, est-ce la crainte (l'une (in soudaine due à ses débauches continuelles avec ledit Des l^arreau\, Bardouville, Blot. Miton, Bois-Yvon, etc., qui décide notre Sanguin à un acte de prévoyance en faveur du lils qu'il avait eu de xMarguerite de Pienne « fdle non mariée » et (ju'il avait reconnu? On le voit le 7 juillet i()'^()'. devant les notaires Haultdessens et Blosse, assurer au jeune Denis Sanguin, âgé de trois ans, cent cinquante livres tournois de rente annuelle payables après son })ropre décès et rachetables par ses héritiers pour une somme de ':>.^ioo livres tournois. La naissance irrégulière de cet enfant le fit destiner sans doute à l'Eglise, nous le retrouverons prêtre du diocèse de Paris et, en novembre i658, curé de Tierceville près Bayeux'.

Cette libéralité lui avait été facilitée par le règlement de la succession de son père Jacques Sanguin qui venait de se terminer par un acte passé ^ le 19 février 1G29 devant les mêmes notaires.

(i; On Irouvora ;i V Apjn'rvlire \o loxio de col ;icte dont copie se trouve aux Archives nationales.

(2) Nous reproduisons plus loin à la date le fac-siniile de l'acte de présentation fait par Saint-Pavin, en sa qualité d'abbé comniendalaire de Notre-Dame de Grestain, de son propre fils, Denis Sanguin, à la cure de Tierceville, près Bayeux. M. Ch. Bréard, ignorant l'existence de l'acte du 7 juillet 1629, n'avait pu déterminer avec certitude qui était ce Denis Sanguin.

(W) Nous donnons à VAi>peiidice l'acte en question de 1629.

LA VIE DE SA1-\T-1'AV1\, iGag-iGS-j 35'

Une existence sans incidents échappe au biofrraphe. Que dire d'un homme qui. volontairement, se tient éloi^iné de tout emploi, pour qui les honneurs sont sans attrait, qui ne sert ni Dieu ni le Roi et se contente de passer ses jours agréalilement dans l'indolence et la volupté ' ? On ignore même encore quand Denis Sanguin eut la terre de Saint-Pavin des Champs, près du Mans% et à quelle époque il obtint le hénéhce de Saint-Cosme et de Sain*- Damien% près de Meulan. Il est déjà qualifié de prieur

(i) Bien peu de poésies de Saint-Pavin se rappoiicnt à dos personnages ou à des événements politiques. En dehors de celles reproduites dans cette notice, nous citei-ons Tépitaphe suivante du cardinal de Richelieu :

Icy dessoubs ce marbre yint Un corps qui seul fut tout esprit, Un serviteur ipii fut sans maistre, Qui coniinandoit aux rois sans l'eslre, (Jui ne fit mal ([ue pour le bien.

Bref qui fut tout et n'est plus rien Ou un bruit d'éternelle durée :

Passant, qui connus ses hauts faits, Demande au Ciel pour lui la paix Qu'il t'auroit bientost procurée.

(2) Il la reçut probablement de la succession de son père.

M. Legeay a publié une brochure : Recherches historiques sur Saint-Pavin des Champs. Le Mans, iss^i. Il ne parle pas de Saint-Pavin et ne donne aucun nom des seigneurs de cotte terre au xvu' siècle, de iGao à 1G70. D'un autre côté les archives du département de la Sarthe no nous ont fourni aucun renseignement.

(3j On trouvera à l'Appendice la déclaration de Saint-Pavin, prieur de Saint- Cosme et Saint-Damicn près Meulan, portant l'énumération des biens et revenus dudit Prieuré. 26 avril 16^0.

Ce Prieuré dépondait de l'abbaye flo Coulombs près Nogoiit lo-Uoi. do l'ordro de Saint Benoist, dont le revenu était évalué 011 i(3'iy à a'1,000 li\ros ol la ta\o pour la Cour de I\ome à 800 livres.

L'abbé Bignon fut le dernier titulaire du Prieuré do Saiut-Cosuio (pii avait été réuni en 1714 au petit séminaire de Chartres ; il donna plusieurs biens eu échange de ce Prieuré et sur son emplucemcnl il lit construire mie maison de

358 i.v vu: ni: saint-pavin, 1629-1635

dans un aclc du In) mars idoC) ' t'I si on \\c mentionne |)as iioniinaliM'uionl dans col arlc le [)riein-é de Saiul-dosnie, dépendaid de ral)l)a\e de (lonlojnl)s. pi'ès de .Moy-enl-le- Roi, c'est qu'il était de l'oi-t minime importance, sou revenu allei«4iiait peine i.ioo li\res.

Que fail-il de i()'^<) à iGV^. riiivei" à Paris el l'été dans sa maison de LiNr\ siluéeà coté de ral)l)a\ e ' appartenant

cainpajîiic (jui t'-lail, d'apirs le Grand iliclioiinuire liislorùjuc, tjcixjrdphùjuc el crili(jiic dv Ihuzcii de de la Marlinière, ce qu'il y a\ait de plus rcniaïquable aux environs de Meulan.

Suivant M, Lucien Merlei, lians son lllsluire de l'abbaye de N.-D. de Coiduinbs, IHH'i, p. if)!, les seuls prieurs de Saint (losnie et de Saint-Daniien de Meulan que l'on coiHiaisse sont Malacliie Chaperon, i534, Jean Leclerc, i6i'i, cl Denis Sanguin, iGôj.

(i) Bibl. nal.. Pièces originales, fr. yyii'i, f. ayy.

Il ne peut s'agir du prieuré de Saint-Pavin des Champs puisque depuis le 19 janvier iG-i'.S il avait cessé d'en être titulaire, \oici la liste des bénéficiaires de ce prieuré de lOii? à i()3r) :

(Collation au nom de :

\rch. Sarthe, G. 35/|, f. ujO*, 18 août iGi3, frère .lacques Ozan. M. id. 2oo% 26 id. frère René de Belin.

Ces deux collations furent simultanées el donnèrent lieu à vme contestation, voir p. 348, note 2.

i5 février 1O18, Denys Sanguin.

2O mars 1O19, id.

H) janvier iGaS, (^ard^' La Rochefoucauld, if) nov. i63o. Al'" Fr. Arnauld.

2 août i032, Louis de Rochechouarl. i4 octobre i635, Card"' La Rochefoucauld. Nous devons ces renseignements — et les copies des actes en question — à M. J. L'IIerniilte, archiviste de la Sarthe. On trouvera à ÏAppendice les trois actes de 1618, 1619 et 1623. Dans ces actes, Denys Sanguin n'est pas désigne sous le litre de sieur de Sainl-Pavin, ce qui confirme notre hypothèse qu'il n'a eu cette terre qu'à la mort de son père.

(2) Celle abbaye de Livry était en la j)ossession de Christophe de (joulanges que madame de Sévigné appelait liicn bon. En 1G87, après la mort de M. de Coulanges, elle fut doimée à Jacques Seguier de La VciTièrc, ancien évèque de Nimes, qui mourut le 8 noxembre 1G89. Elle passa ensuite à Denis Sanguin, évèque de Setdis, neveu de Saint-Pavin. .Madame de Sévigné écrivait le 3() novembre 1689 : « M. de Sentis el tous les Sanguins sont dans la joie, ils ont notre petite abbaye ; ils ont donné un prieuré pour se libérer de la pension. Cela leur convient si fort qu'il me semble qu'elle est plus près de moi que si elle était à un antre ; ce sont tous nos anciens voisins. »

Arch. Sarthe,

f. 4oo\

Id.

Id.

id.

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Id.

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