‹ Disciples et successeurs de Theophile de ViauChapitre 68 sur 96 · GG · texte numérisé non relu

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LA VIE DE SAI.NT-PAVIN, lÔag-lÔSÔ SÔQ

à raljl)c de Coulaii*»os ? APai'is il fré([iienle. le jour, l'Hôtel de Coudé, celui de la marquise de Rambouillet, les ruelles les plus coiniues où il exerçait à loisir son esprit satirique ; la nuit, il lutte, dans les cabarets les plus réputés, avec Des Barreaux, Bardouville, Romainville. etc., etc., à qui raillei-a le })lus spirituellement ou le plus grossièrement la religion, à qui tournera le mieux en ridicule ce que le peuple d'alors respecte et vénère. Reçoit-il une invitation il y répond par un billet susceptible d'interlo(iuer légèrement son destinataire :

Cher Tirsls tu tiens bonne table, Tes vins ne se peuvent payer ; Mais je trouve plus agréal)le Ta façon de nous convier :

Un jeune page ce matin En ni'invitant à ton festin Est venu me combler de joye.

Fay-moi souvent de tels repas Tirsis, ou par le mesn^e envoyé Me dire de n'y venir pas '.

A Livry il recevait dans sa maison ses compagnons de plaisir". Non content de leur offrir une hospitalité écossaise, il les présentait quelquefois à l'Abbaye à son voisin l'abbé de Coulanges. C'était une faveur qu'il réservait à quelques privilégiés, libertins de mar([ue, parmi lesquels un sieur de Saint-Germain. On n'en sera })as surpris en lisant les stances suivantes :

(i) Bibl. nat., Ms. 1697 (Nouv. acq. fr.). Epigrammc inédilo, c'est à-dirc qui ne se trouve pas dans le Recueil complet des poésies de Sninl-Pacin, isill.

(2) A Livry, Saiiil-Paviii possédait une maison qui avait pour enseigne A l'Escu de France et un arpent de terre. 11 l'avait acquise d'une demoiselle de Geriziers (Note de M. Bréard).

36o 1-^ ^I^ 1^'- J^VlM-l'.VVlN. 1G29-1G35

IJearcux, à mon cher Saint-Gcrmdin '

Dont f esprit libre et le corps sain

Se rit des peines qu'on se donne,

Vivant à />//;/•/ des exploits,

Dans un païs de qui les lois

AV font jamais tremfAer personne.

Là ton (jenie (U^ec raison A mis tes sens à t'aimndon De tout ce qui leur fait envie ; Et franc de crainte et de désirs On t'y voist gouster les j)l(usirs Où la nature te convie.

Tu passes tes jours sans reyret, Ta maison est ton caixtret, Ton cours et ton académie:

Tes pensers sont ton enl/elir/i.

Et les sots n'y peuvent en rien Troutder la tjonne compagnie.

.\'aimanl (pie les commodité:

Tu le mocqaes des vanilez Dont en amour on se contente ; Et cent fois plus heureux que nous, On te voit confondre à tous coups Et ta maislresse et ta servante.

Attaqué du .sonuaeil tu dors.

Les vivans non plus que les morts JS'empeschent point que tu reposes; Et du futur bien peu louché, Sous ton figuier estant couché, Tu fais la figue à toutes choses.

(i) Parmi les convives qui fmiuonlaicnt la maison do Sainl-i'avin cl qui venaicnl avec lui chez l'abbé de Coulangcs, madame de Sévigné nomme Saml-

Gcrmiin.

LA VIE DE SAINT-l'WlN. 1 629- 1 633 36 1

AiiLsy J'admire ton bonheur, Et le promets, si ma douleur Me peut laisser une hoime heure, QueJ'iray la passer chez toy, Pour y (jouster comme je doy Les plaisirs avard que je meure.

Marfiuerite do Pieiiiie étail-ollo inorlr ou l'avait-olle abandonné ') Question à laquelle nous ne pouvons répondre. \ous savons seulement que Saint-Pavin, avant Des Barreaux, s'est consolé avec mademoiselle de La Chapelle :

Que dirons-nous de La Chapelle,

Elle dict qu'elle est pucelle,

Mais Rouville, ce dit-on,

Lève souvent son cotillon.

Sainl-Pavin l'a cajolée. . .

Rodrigue ,

Et Des Barreaux se dit-on, Luy a tasté le teton *.

et avec la présidente Jacques Le Coigneux'. Plus sérieux fut son attachement pour mademoiselle de Saint-Louis ^

(i) Bibl. nat., Ms. ia4yi (fonds fr.), Roqaenlins de la Cour (i634). Inédit.

(3) Saint Pavin cajola la présidente Le Coigneux. Le Président lui dil : <■ Escoutez, fait comme vous estes, vous ne ferez que l'eschaufTor et quelque blondin la... dans vostre moustache comme dans la mienne » (Tallemant, IV. p. 3).

(3) Voici une autre petite pièce sur mademoiselle de Saint-Louis :

La Saint-Louis ne peut plus vivre

Dans le tracas de la Cour,

Elle renonce à l'amour.

Sa compagne ollo veut suivre (au couvent)

Et l'on dit ([uc ses yeux

Ne respirent que les cicux ffiec. Maurepas. 12G1G).

362 LA ME DK S.VINT-PAVI\, l02() l(j35

fille (riH^iiiK'iir (le la IUmiic, mais celle lois il esl douleux: (|ii'il ail |ni allirer son alleiilioii auliviueiit que |)ar ce yoniiel :

Amour, vis fa Jamais un si parfait ouvrage ?

Que ees beaux yeux soiil doux, que leurs trails son/ pcrriutls '.

El (ju'il esl malaisé (Vempechcr (pie mes sens

?\e soumellenl mon àme aux lois de son servaje !

.hunais une heaulé ne pif/ua davanlage ; Elle me plail en louL el ses e/iarmes puissans Sonl plus à redouler plus ils soid innoeens, El moins elle y eonsenl el plus elle ni engage.

Sa gràee el son espril ensemble également Parlageid le pouvoir d\iequérir un anutnl, Ses rares <pudile: la rendent s<uis seeonde,

El pour dire quelle est eette merveille, Amour, Elle porte le nom du plus grand roy du morule, Joi/d à celuy qu'au eiel il aura quelque jour.

Des couplels de lO^T) nous Iracent, eu ellet, sa caricature, ils exagèreut ses iuiperfeclious, trop réelles cependant :

Il l'ciuil beau voir Saint l^avin

Avec une canne à la main

Pour s'en servir au lieu de pique,

Armé d'une coque de noix,

Avec son petit corps éti([uc

Monté sur un cheval de bois.

S'il n'esloit aussi bien armé,

Il faudrait qu'il fut enfermé

Dedans deux costes de citrouilles,

En cet estât diroit-on pas

Qu'il seroit grand roy des grenouilles

Qui s'en va combattant les rats ^ ?

(i; Ms. la'igi (liibl. nat., fonds fr.). Ces couplets sont datés de i635.

•C4A t-u/L. u€oc^ fl^ta^ ^eu^tJ?^^

-CUL ^VUZy^ 6^t4A^ iJL^ '7PX'^Zyt^^e^

Epigua-Mme autographe de Saint-Pavin {Eec. Conrart, 5ii2, p. 191).

(^' /4ui>^ dj^^^^<- ycTiorC

Sonnet autochapiie ue Saint-Pavin

(/îec. Convarl, âiiia. p. 187).

r.A VIK DE SAINT-PAVIV. I ri.'îfi- f C) '| 2 3(i5

VT

Saiiil-Paviii fui inlrodiiit chez Marion de L'Orme par son ami Des Barreaux. Su])it-il comme tant d'autres le charme voluptueux qui émanait de cette jolie fille ? C'est probable, cependant il n'a laissé aucune pièce qui lui soit adressée. Il a été, en tout cas, un des confidents de l'Illuslre dél)auché quand Marion, qui avait tourné à la courtisane, préféra à un amant approchant de la quarantaine les dix-huit ans du jeune et beau Cinq-Mars. La philosophie de Saint-Pavin lui eut fait supporter un tel coup sans broncher; Des Barreaux, au contraire, qui n'avait jamais rencontré de cruelles, s'abandonnait naïvement au désespoir. Déprimé par le chagrin, par le dépit, par le souci incessant des embarras d'argent contre lesquels il se débattait vainement depuis plusieurs années, affaibh par des excès de toute sorte, ce persiffleur des Dieux voit, dans les premiers mois de i64o. sa robuste santé céder devant la maladie. Saint-Pavin, qui va le visiter, le trouve au lit invoquant pieusement tous les saints du Paradis dans l'espoir d'obtenir sa guérison'. Cette subite volte-face l'amuse, il ne peut s'empêcher de la traduire par cette épigramme que son ami a dû peu goûter après... son rétabhssement :

Tirsis, Iremble, il est incertain Quel doit estre un Jour son destin.

(i) Voir p. i7(,.

366 1-^ '^ "• '^'•" sAiNT-PAViN. 1636-1612

// rIxtiKje à loiil inomeul de vie :

Mdldde, il esl homme de bien.

En pleine santé, grand impie :

Mort, il craint de nestre plus rien.

Que je plains son inquiétude :

C'est en vain quil prétend connoisire le Julur.

Qu'il mette toute son estude A joiiir du présent : C'est tousjours le {dus silrK

mais celle-ci eiil été de nature à le réjouir, question de temps et de moment :

Puisque toute l'Astroloqie,

Et les secrets de la Magie

Nous cachent quand on doit finir :

Télé mante, tâchons de grâce

A renfermer dans peu d'espace

IJ espérance de l'avenir.

Pour moy, je veux tjoire sans cesse,

Avoir près de moy ma mais tresse

Dans le lit et dans le repas.

Jm mort qui tâche à nous surprendre

Sans déplaisir se peut attendre.

Quand on est yvre entre deux draps '^.

Laissant Marion à Des Barreaux, Saint-Pavin s'éprend de Ninon de Lenclos^ ; elle répondait mieux à son idéal,

(i) Hibl. n.'it.. Ms. 1O97 (Xouv. arq. fr.), inédit.

(2) kl.

(3) Ninon de Lenclos, nôo on 1G20, morte en 1705.

Voici une épigrainme sur sa mort par l'abiié de Chàteauneuf :

Il n'est rien que la mort ne dompte, Ninon qui près d'un siècle a servi les amours

Vient enfin de finir ses jours, Elle fut de son sexe et l'honneur et la honte :

Inconstante dans ses désirs,

Délicale dans ses plaisirs,

Lv VIE DE sAiNT-PAVi\. iGoGiô^a 367

il savait qu'ollo aimai l les madrigaux rolébrarit ses grâces, malheuroiisemoiil [)our le pauvre l)ossu, elle n'en saisissait le sens précis ([uh la e(ju(liti()n de les associer à la jeunesse et à la beauté de leurs auteurs, à moins (|ue le prestige de la gloire n'eût remplacé chez ces derniers ces deux: qualités. Saint-Pavin, ni jeune ni beau, sans action d'éclat à son actif, lui plaisait... à distance, la confiance ou plutôt la sympathie ({u'ellc lui témoignait le rendait un peu jaloux, il s'effrayait si la belle, tout à un nouvel amant, seml)lait le fuir :

Je commence à vous mescognoislre, Vous me faiez ingrate ; hé quoy !

Vostre cœur si tendre pour moy Seul pourroit-il ne le pas estre !

Je crains bien que ce petit traistre Ne niait desjà manqué defoy, On le croit souvent tout « soy, Qu'on n'en est pas longtemps le maistre.

Le changement vous est si doux, Que quand on est bien avec vous, On n'ose s'en donner la gloire ;

Celui que peut vous arrester A si peu de temps pour le croire Qu'il n'en a pas pour s'en vanter.

Pour ses amis fidolle et sage.

Pour ses anianls tendre el volage.

Elle fisl régner dans son cœur El l'cxlresnie débauche et l'austère pudeur. Et montra ce que peut le triomphant mélange Des charmes de Vénus et de l'esprit d'un ange. Elle suivit les sens, la nature cl la loy, En la vie elle eut grande foy.

Pour ne rien mellrc à l'avanture Elle ne crut i)oiiil en la future.

368 LA vin ni: saim-ivvmn. iG.'>G-il)^|2

L(' (Ici'iiitM- Irait otail bien lancé. Si Ainoii n'avait (|u'um aniouivux à la l'ois elle le "ardait à peine trois mois; elle Ta (lit elUwnènie })lus tard à Pierre de Rambouillel, le fds du linaneier : « Je crois que je t'aimerai trois mois, c'est rinlini pour moi '. )> On j)cut l'en croire sur pai-ole, surtout (piand elle ajoutait |)arexem])le : « J'en suis à mon vin<»tième caprice ». pour dire à mon vin<>tième «calant ^

Sainl-Pavin cependant se juoutrait quekpieibis cruel envers son amie^ mais son dcpit ne durait filière et Ninon ne faisait qu'en sourire, elle lui pardoimait ses excentricités qui ne tiraient j)as à cousé(juence.

(ij Tallcmaiil : Uidonellc. de Mium de Lcnclos. (:>.) kl.

(?>) Tcmoiii celte chanson de Saint-Pavin sur la retraite de Mademoiselle de Ihiulefort aux Madelonnettcs. On sait qu'elle (épousa en iCi'i'i le maréchal de Scliomherg :

Ia's uclions de Iltiulejorl Ayatd (oiisjours paru Jhrl nelles, Tout le monde s'eslonne fort Qu'elle soil aux Madelonnelles.

Lusfu-cru ?

El que .Miion la deshnucliée, A'e voulant j/lus faire l'amour.

Se trouve aujonrd'liny recherchée Des jilas dévotes de la Cour.

Lustu-cru ?

Kn iGGO Saint-l'avin a fail celte antre chanson sur Ninon :

Tous les blondins chez moy vont à l'escole.

Pour faire leur salut ; Je veu:r sauver Duras, Danrjeau. Briollc,

El c'est là tout mon hut.

llonny soil-ll celuy (jui mat y j)cnsc !

.le fais pénitence, moy.

Je fais pénitence.

(Rec. MaurcpasJ.

LA VIE DD SAINT-PAVIN, l636-l6^|2 SÔQ

Saint-Pavin JiaJnlait. on iG-'io. rue du I^irr-Hoyal, paroisse Sainl-(ioi'vais '. il allait se coiisolci' de ses (l(''l)()ires anioiircii\ et oublier eeux de ses amis dans l'atmosphère sereine de l'abbaye de Livry. La puj)ille de l'abbé de Coulan<j:(>s (pi'il voyait eroitre depuis. t(]3G en «j^ràec^ et en esprit avait eoncpiis son eœiu': la vue de Marie de Rabutin éveillait en lui ee (pi'il y avait de meilleur. Il a dû à madame de Sévio-né et à sa lille les moments les plus heureux de sa vie ; elles ont été les seules airections féminines qui ne lui ont jamais donné de mécomptes.

Il attendait avec impati(Mîce le vendredi, joui'oii il était reçu à l'abbaye j)ar la jeune bourguiiiuonne :

Seigneur, que vos honte: sont grandes De nous escouter de si liaalt, On vous fait diverses demandes, Seul vous savez ee qu'il nous fault.

Je suis honteux de mes faiblesses ; Pour les honneurs, pour les richesses.

Je vous importunay jadis.

Je renonce, je le proteste, Multipliez les vendredis.

Je vous quitte de tout le reste.

Marie de llabuliji. Ilaltée d'une amal)ilité si raffinée, en sentait toute la sincérité, d'ailleui's la tournure du •calant en atténuait beaucoup la portée. Sainl-Pavin avait trop d(> tact pour abuser des sympatliies qu'il rencontrait à

(i) Voir à l'Appendice la (ItVlaialion du ^r» avril i(i'|0 des bic?is et revenus de son prieuré do Saiiit-C/Osino.

SnO LA. VIE DE SAIM-PAVIN, 1 636-1 0^2

làvrv : il a su. se loiiaul à sa ])lace, n'éveiller ni la vigilance de son luteur, Jii la jalousie de son mari, ni celle de son cousin Bussy-Hahulin. Cette situation pi'ivilégiée lui permettait de dire des choses qu'elle n'aurait pas acceptées d'un autre soupirant :

^^envoïer faire un rompliincnt Par un laquais sans Ju(jenicnt Qui ne sçait ce qu'il nie veul dire, Cesi vous coniniellre eslran/jenient ; Vous feriez bien mieux de inescrire ; On s'explique plus finement.

Et la rcsponse qu'on s'attire, Quand elle est faille galamment.

Se refuse malaisément D'une personne qui souspire Tousjours respectueusement.

Essaïons ces choses, pour rire ; Dans un billet adroitement Je vous conteray mon martyre ; A le recevoir et le lire Vous façonnerez grandement, El vous respondrez fièrement.

Donnant pourtant voslre agrément Au beau feu que l'amour m'inspire.

Ceux qui voudront malignement Trait ter de trop d'emportement Ce commerce pour en mesdire, I Ne diront pas asseurement :

« Telle maîtresse et tel amant Sont faits égaux comme de cire. »

Vous êtes belle infiniment, El je tiens beaucoup du Satyre.

ou encore

Becevez, dans cette légende, L'humble pardon que vous demande

LA VIE t>E SAlM PVVIX. 1 036 1 6^2 S']]

i/f pauvre <j(il<int inor fondu,

A Livry long temps (illeiidn.

S'il vous a maiifjué de parole,

Il faut en aceuser Eole,

Qui, dans la jilus If elle saison,

A contre- temps cl sans raison

A voulu deschaisner Borée,

Qui, ravageant cette contrée.

N'a pu souffrir depuis huicl jours

Qu'un seul galant parust au Cours.

Zéphyre, qui couroit les prées

Que Flore vous avoit parées.

Voulant aux champs vous attirer.

Fut contraint de se retira'

Et de céder à l'insolence

D'un brutal gui tousjours l'offense.

Dans ce désordre général,

Monter sur mon petit cheval

Pour cdler en galanterie,

M'eust attiré la raillerie

D'un tas de courtisans fascheux

Qui nous eust fait honte à tous deux.

J'ai donc jugé, belle Amarante,

Tandis qu'U pleut, tandis qu'il vente,

Qu'il fait sale, qu'il fuit vilain,

Que l'air est grossier et malin,

Tandis qu'il tombe peste mes le

Et de la neige et de la gresle,

Temps fascheux pour les fluxions

Et pour les foibtes passions,

Qu'U valoit mieux resver sans peine.

Enveloppé d'une indienne.

Dans une chambre auprès du feu,

Et faire mon meslier du jeu.

Que de courre aux champs où vous estes,

Pour vous dire quelques JJeuretles,

Qu'il n'importe de vous conter,

Comme à vous de les escouter.

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