‹ Disciples et successeurs de Theophile de ViauChapitre 85 sur 96 · SAINT-PAVIN : APPENDICE. AUTRES POESIES · texte numérisé non relu

SAINT-PAVIN : APPENDICE. AUTRES POESIES

Épitapiie du S' Le Clerc ^ , intendant des finances

Cy glst que la mort prit en Irailre, Un faux clerc, qui trahit son maître.

Pour mieux s'avancer à la Cour, Mais le pauvret demeura court Au temps que la bonne fortune Lui paroissoit plus opportune ; Agé de qaarcmte-cinq ans, Et disent les moins médisans, Pour d'autant purger sa mémoire Qu'il mourut à force de boire, Partant qu'on ne s'eslonne pas De tant de tours et de faux pas, Qu'il fd tant que l'on l'aveu vivre, Parce qu'il étoit toujours yvre.

Vous qui beuvés si largement.

Passant, dessus ce monument.

Si en lisant ces tristes carmes, Vous y répandez quelques larmes ; Sçachez que vous pleurez en vcdn, Si ce ne sont larmes de vin ; C'est la plus agréable offrande Que le trépassé vous demande En disant un De Profundis.

Que si Jamais en Paradis Il acquiert autant de créance Qu'il fit autrefois dans la France, Bientost il chassera des deux, Aussi vite qu'il fd Pisieux, Toutes ces puissances malignes.

(i) Nous n'avons pu dclerniiuor cxaclemoni qui csl ce Le Clerc. Nous croyons qu'il s'agit d'un I>c Clerc chargé des vivres de l'armée en 1G17 c£ui était précédemment premier commis de M. de Puysicux, secrétaire d'Etat à ]a guerre. Il vivait encore en 1628.

(■î) Ce vers et plusieurs autres qui suivent manquent dans le Ms. de la Bibl. nat.

SAIXT-PAVIX : APPENDICE. — AUTRES POESIES /jgÔ

Alors tous les bons biberons,

Avec Chapelets de marrons,

Solenniseront les louanges.

Justement au temps des vendanges,

Ce mes me Jour de son trépas :

Mais pourtant qu'on ne pense pas

Employer en cette ripaille.

Si non les Psaumes de Bataille ^

Que le dejjunt a tant chantés ;

Que si Ion fait difficultés

De le canoniser à Rome,

On priera Gillot-, ce saint homme,

Qui jadis escrivoit les noms

De ceux qui servoient aux canons,

Que le dejfunt il canonise

Parmy les saints de son Eglise.

Or sus, passant ! il ne te chaut.

Ou qu'il ait froid, ou qu'il ait chaud,

Après avoir fait ta prière,

Soulage le poids de sa bière.

Et passant outre ton chemin,

Laisse-le cy cuver son vin.

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