ELZÉAR-ALEXANDRE TASCHEREAU
Par la grâce de Dieu et du Siège Apostolique, Archevêque de Québec, Assistant au Trône Pontifical,
Au Clergé Séculier et Régulier et à tous les Fidèles de l’Archidiocèse de Québec, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.
Bientôt, Nos Très-Chers Frères, vous serez appelés à élire un membre pour représenter votre comté dans le Parlement. Notre charge pastorale nous engage à vous rappeler en peu de mots vos obligations de conscience en cette circoustance solennelle et si importante pour vous et pour le pays tout entier.
(a) Les circonstances qui nous avaient engagé à défendre tout commentaire de ce mardement n’existant plus, nous levons cette défense, Il est bien entendu que les limites tracées par nos conciles, ainsi que par la circulaire et la pastorale collectives du 11 octobre 1877, devront être toujours svrupuleusement respectées, (f Æ.-A. Arch. de Québec.)
Le clergé aimera sans doute à relire les sages avis donnés sur cette matière par Mgr Baillargeon, le 31 mai 1861: En lisant la pastorale ci-jointe (30 mai ‘ 1861), vous remarquerez que la question des élections y est traitée unique- “ ment au point de vue religieux. La religion seule peut mettre un frein “aux passions humaines. Vous voudrez donc bien vous en tenir à ce point “ de vue dans les développements que vous aurez à donner à cette lettre, et “ dans les explications que vous jugerez à propos d’y joindre, afin qu’elle soit “ bien comprise de votre peuple, C'est ainsi qu’elle poutra faire une impres- ‘“ sion salutaire, et que, avec l’aide de Dieu, elle produira les heurenx effets “ que nous en attendons.”
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La grande erreur des temps modernes tend à bannir : Dieu de la société civile, et à rendre celle-ci étrangère à la religion : on admet bien, en apparence du moins, la vérité de ce jugement que Jésus-Christ doit un jour exercer sur tous les hommes, mais on veut en restreindre l’objet à la conduite privée. L'on oublie que le même Dieu qui doit juger les individus, est aussi celui qui Juge les peuples (Ps. VII, 9) et qu’il exercera un jugement terrible sur ceux qui gouvernent (Sagesse VI, 6), comme sur ceux qui sont gouvernés, Aucun homme n’en sera exempt,
Il jugera donc les candidats ; il jugera les électeurs : il jugera tous ceux qui Prennent part aux élections de quelque manière que ce soit, Il vous demandera compte de vos intentions, de votre choix, de votre suffrage, de vos paroles, de vos actes, dans l'exercice de ce droit important de vote que la constitution de notre pays vous accorde et vous garantit. Dieu vous demandera done un jour pour qui, pourquoi et comment vous aurez usé de ce droit? Pas une parole, pas une démarche, Pas une pensée, si cachée qu’elle puisse être dans votre cœur, n’échappera à son œil scrutateur.
Il est done souverainement important, N.-T.-C.-F., que, durant cette élection qui va avoir lieu prochainement, vous observiez si bien les lois de la sobriété, de la justice, de la charité, de la vérité, de la prudence, qu'à l’heure de votre mort votre conscience n'ait rien à vous reprocher.
Vous aimez votre pays, N.-T.-C.-F. ; ce sentiment que la nature a mis dans votre cœur, la religion l’approuve et le sanctifie. La religion va encore plus loin, car en vous mettant sous les yeux la loi divi ne, elle
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vous procure le moyen infaillible d’assurer à votre patrie ce repos, cette stabilité, cette liberté véritable, qui ne peuvent se trouver ailleure que dans la vérité, la justice et la charité.
Durant cette élection il faut éviter certains désordres et observer certaines règles de prudence pour ne pas se tromper.