‹ Discipline du diocèse de Québec [microforme] (volume 2)Chapitre 33 sur 59 · e jusdriezdont · texte numérisé non relu

e jusdriezdont

Et vous, pauvres malades et infirmes, qui ne pouvez sortir de vos demeures, consolez-vous. Tournez vos regards du côté où est l'église ; que votre cœur s’y transporte aux pieds de Jésus pour l’adorer, l’aimer et lui dire tout ce que vous diriez devant son autel ; et Jésus bénira ce cœur, il exaucera votre prière, il vous donnera sa grâce, sa force, sa lumière pour vous guider, sa patience pour supporter vos infirmités et ainsi vous n’aurez rien à envier à ceux qui seront allés à l’église.

Vous ne vous bornerez pas, N.-T.-C.-F., à cette simple visite au Saint Sacrement exposé ; vous vous approcherez aussi du tribunal de la pénitence avec une contrition sincère et de la sainte communion avec un cœur brûlant d'amour et de reconnaissance. C’est le désir de Notre-Seigneur lui-même qui a donné son corps et son sang sous les espèces eucharistiques, afin de s'unir à vous aussi intimement qu’il est possible, Alors rien ne manquera à votre bonheur parce que vous n’aurez rien refusé à ce Dien d'amour.

L'exposition du Saint Sacrement durera assez longtemps pour que tous les paroissiens puissent venir à l’église faire leur adoration. Et: ainsi se vérifiera à la lettre cette parole d’un prophète, qui, après avoir énuméré toutes les portes par lesquelles les diverses tribus d'Israël pourraient entrer dans la nouvelle Jérusalem, annonce que l’on donnera à celle ville un nom qui signi- Je : Le Seigneur est avec elle : et nomen civitatis : Dominus ibidem (Ezéch. XLVIIT. 35.).

Heureuse la paroisse dont on pourra dire: Dominus

ibidem ; le Seigneur est là pour la visiter, la sanctifier, la bénir !

Heureuse la famille qui, après avoir adoré Jésus- Christ, remportera sous son toit, quelque petit et pauvre qu’il puisse être, la grâce, l’amour et la bénédiction du Sauveur du Monde ! Comme à Bethléem, les anges feront entendre audessus de cette maison, le cantique de la gloire à Dieu et de la paix aux hommes de bonne volonté (Luc, II. 14). Le Seigneur est à: Dominus ibidem.

Heureux chacun des paroissiens qui aura rempli avec foi et piété ce devoir de reconnaissance, de réparation et d'amour ; on pourra dire aussi de son cœur qu'il est devenu le sanctuaire de Jésus! Dominus ibidem !

Vous ne vous contenterez pas, N-T-C-F., de prier pour vous mêmes et pour vos familles. La Sainte Eglise catholique, notre mère,traverseen ce moment une des époques les plus agitées de sa longue et laborieuse carrière î le Souverain Pontife, notre père, est en butte à la persécution ; les sanctuaires de la ville sainte sont sous la puissance des ennemis de la religion ; le concile œcuménique du Vatican est suspendu ; l’Europe est menacée à chaque instant de subir d’épouvantables catastrophes ; des sociétés secrètes s'organisent partout pour conspirer dans l'ombre; on dirait vraiment que l'humanité se débat dans une dernière et pénible agonie.

Notre chère patrie elle même, quoique comparativement plus tranquille et plus heureuse, n’est pas à l’abri de toute commotion et elle peut d’un moment à l'autre, éprouver le contre-coup des malheurs qui affligent d’autres pays. |

La charité, qui doit nous unir avec tous nos semblables et plus particulièrement avec les enfants de la Saiute Eglise, ne nous permet pas de rester indifférents

à tan vous | qui m nous tout c le Sou rende:

patrie assure

Et tous :

point ration de m:

trône corde.

nautés née à Jésusmonte

Dial de l’a Québe afin qi née @&

dévoti 1!

Tésusauvre on du es feue de Le Voninus

avec on et l est

prier iglise époère ; ersés la 1mé- 26e à hes :

pir'er 6 ge

iveabri itre, ’au-

bla- > Ja ents

ss 169

à tant de maux. Vous prierez donc Notre Seigneur ; vous lui direz, comme les Apôtres effrayés de la tempête qui menaçait de les engloutir : Seigneur, sauvez-nous, car nous allons périr (Mat. VIII. 25.)! Seigneur, sauvez tout ce qui nous est cher en ce monde ; protégez l'Eglise, le Souverain Pontife, les sanctuaires de la Ville sainte ; rendez la paix au monde agité ; donnez à notre chère patrie la paix, l’union et la concorde qui seules peuvent assurer: son bonheur et sa prospérité.

Et ainsi, N-T-C-F, si vous vous acquittez bien de tous vos devoirs envers Notre Seigneur, il n’y aura point de crime saus expiation, point d’outrage sans réparation, point de sacrilège sans amende honorable, point de malheur public ou privé sans un cri poussé vers le trône de la majesté, qui est aussi le trône de la miséricorde.

À ces causes, et le saint nom de Dieu invoqué, nous réglons ce qui suit :

1°. L'exposition solennelle du Saint Sacrement sous forme de Quarante Heures, est établie dans ce diocèse pour avoir lieu successivement et sans interruption dans toutes les paroisses, missions et chapelles des communautés, où elle sera possible, afin que d’un bout de l’année à l’autre, l’encens de la prière faite aux pieds de Jésus-Christ réellement et substantiellement présent, monte vers le trône de la grâce et de la bonté divine.

2° Cette exposition commencera le premier dimanche de l’avent de la présente année dans la cathédrale de Québec, où elle aura toujours lieu à pareille époque, afin que ce dimanche, qui est le commencement de l’année ecclésiastique, soit aussi le commencement d’une

dévotion qui se perpétuera dans ce diocèse jusqu’à la

consommation des siècles pour la plus grande gloire de Jésus, Sauveur de nos âmes,

3° Elle se fera dans les autres églises, aux jours qui sont marqués dans un iableuu dressé tous les ans par notre ordre,

4° On y observera exactement ce qui est prescrit dans l'instruction particulière que nous donnerons sur ce sujet,

Sera notre présent mandement lu au prône de toutes les églises où se fait l'office public et en chapitre dans les communautés religieuses, le premier dimanche après sa réception, et aussi chaque année au dimanche qui précèdera l’ouverture des Quarante Heures, dans l’église où elles doivent avoir lieu.

Donné à Québec sous notre seing, le sceau de l’archidiocèse, et le contre-seing de notre sous-secrétaire, en la

fête de Saint Joseph, patron de l'Eglise Catholique, l’an mil huit cent soixante douze,

Page 1