‹ Discipline du diocèse de Québec [microforme]Chapitre 33 sur 103 · IT · texte numérisé non relu

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Que faut-il penser de ceux qui reçoivent de l'argent

pour ne pas aller voter ? .

Ils se dégradent eux-mêmes ; ils font un acte souverainement déraisonnable, puisqu'ils reçoivent de l'argent pour ne rien faire, et quelquefois même pour omettre un devoir important. En effet, c'est un moyen de favoriser indirectement un candidat en qui l'on n'a pas confiance : au contraire, on prive d'un suffrage un homme. que l'on en croit digne ; c'est donc une véritable trahison.

Quand on aime son pays, N. T. C. F., comme tout bon chrétien doit le faire, on s'occupe avec joie et avec zèle de tout ce qui peut contribuer à sa prospérité. Un vrai patriote ne craint pas la peine et le trouble quelquefois nécessaires pour cela. Il.ne craint pas non plus les menaces et les violences de gens sans principes, qui ne reculent devant aucun moyen.

Il faut donc éviter le parjure, le mensonge, la calomnie, la violence, l'intempérance, la vente de votre suffrage.

Reste une autre question bien importante à traiter.

IT. Quels sont'les moyens à prendre pour ne pas vous tromper dans votre choix

Nous ne venons pas, N. T. C. F., vous dire de voter pour tel parti, ou pour tel candidat, plutôt que pour tel autre. Quand des circonstances exceptionnelles exigeront que nous élevions la voix avec autorité, pour vous signaler quelque danger pour votre foi, ou pour les saintes règles de la morale, ou pour les droits imprescriptibles de la sainte Eglise, nous espérons que Dieu nous fera la grâce de ne pas manquer à notre devoir de pasteur, et nous avons la confiance que vous écouterez notre voix. Notre unique but, dans la présente pastorale,

est de vous exposer les règles générales de prudence chrétienne qui doivent vous guider dans toutes les élections.

1. Des lois sévères, mais très sages, ont été faites pour assurer la liberté et la pureté des élections ; observez:les fidèlement, N. T. C. F., non pas seulement par la crainte des peines portées contre ceux qui les enfreignent, mais par amour pour votre comté et pour votre pays, que ces lois protègent, et. par respect, pour l'autorité d'où elles émanent.

2. En même temps que la Constitution vous donne le droit et la liberté de choisir celui qui vous représentera en Parlement, Dieu vous fait une obligation de n’user de

cette liberté et de ce droit, que dans la vue du plus grand bien du pays ; car c'est à ce plus grand bien que doit tendre toute politique et, par conséquent, toute élection. Vous devez donc ne donner votre suffrage qu'à des hommes que vous jugez capables de le procurer, et sincèrement disposés à le faire.

3. De là suit une autre obligation pour vous : celle de vous appliquer à connaître ceux qui briguent vos suffrages. Vous seriez bien imprudents si vous donniez votre voix au premier venu qui se présente avec de belles paroles et de grandes promesses, sans vous mettre en peine de sa capacité et surtout de ses principes. Examinez avec soin jusqu'à quel point vous pouvez compter sur chaque candidat pour la protection de vos intérêts religieux, aussi bien que de vos intérêts temporels. Nous disons vos intérêts religieux, car, N.T.C.F., si vous avez à cœur votre salut, vous devez tenir compte de ces intérêts religieux dans une circonstance aussi solennelle.

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Lorsque les candidats, ou leurs amis, viendront vous exposer leurs propres principes et combattre ceux de leurs adversaires, écoutez-les avec l'attention que mérite l'importance de l'affaire et avec la politesse que commande la charité chrétienne. ‘Ecoutez-les, sans préventions et sans parti pris ; soyez disposés à renoncer à votre erreur, dès que vous l'aurez reconnue. Soyez calmes et tranquilles pour juger en connaissance de cause. Il y va de votre honneur et de celui de votre paroisse ; il: y va aussi de votre consciénce. Dans le doute, consultez quelque personne de confiance.

4. Tout en observant ces règles dictées par la prudence et par l'obéissance, n'oubliez pas, N. T. C. F., de demander à Dieu d'éclairer tous ceux qui prennent part à l'élection, les candidats, les électeurs, les officiers chargés d'y faire observer les lois Demandez pour vous-mêmes la grâce de bien connaître ce que vous avez à faire et d'éviter avec soin tous les dangers que présentent ces temps d’'excitation et de trouble. Invitez vos familles à prier afin qu'avec la bénédiction de Dieu, cette élection tourne au plus grand bien spirituel et temporel de notre chère patrie.

Ce serait même une excellente chose si les électeurs, sans distinction de partis politiques, s'entendaient pour faire célébrer une messe solennelle à cette intention.’ Quoique divisés sur la politique de ce monde, en ce qui touche uniquement aux intérêts temporels, les cœurs vraiment catholiques, parfaitement unis par une même foi en ce qui touche à la religion, ne doivent pas cesser d'être unis par les liens d'une charité sincère ; ils doivent pouvoir se rencontrer avec joie, avec confiance, avec çette

foi et cette charité, au pied des autels où Notre mién Seigneur s’immole pour le salut de tous. | par CONCLUSION. À

crois

Pour résumer en peu de mots toute cette instruction, | F rè nous vous invitons, N. T. C. F., à vous conduire durant ! # cette élection avec tant de prudence, de modération, de ! dont vérité, de sobriété, de justice et de charité, que votre (du : conscience n'ait ensuite rien à vous reprocher. Notre ! félici Seigneur nous ‘demande à quoi servira d'avoir gagné | que l'univers entier, si l'on perd son âme (S. Mat. XVI. 26)? bon A quoi vous servirait, N.T.C. F., d'avoir gagné une ! saint - élection, par des moyens défendus, la fraude, le mensonge, (Mai la violence, la corruption ? Tout péché, dit l'Apôtre S, tions Paul, produit la mort, finis 2//orum mors....la récom- ceux pense du péché, c'est la mort, sépendia peccati mors | ils re (Rom. VI. 21et 23). La fidèle observation des avis ! l'ave que nous venons de vous donner, vous évitera bien des #4t remords, fera le bonheur de vos familles, l'honneur de para votre paroisse et de votre comté et la prospérité du pays voûs: tout entier. Les bonnes élections font les bons membres ; élect les bons membres font les bonnes lois et les bonnes lois qui s font le bonheur d'un peuple. (25 mai 1876—No 55— de D Mand. vol. 5, page 403.) je les APRÈS L'ÉLECTION, } aux (

faute Le dimanche, ou jour de féle, qui suivra la votation, et av

MM. les Curés pourront lire ce qui suit, onu donner eux- M

1—Peractis electionibus, pastores hortentur suas oves ut sibi mutuo Pend condonent quidquid temporibus illis offensivum dictum aut factum et fai fuerit, et simul pro bono religionis et patriæ laborent corde magno et animo volenti, nullo habito respectu ad præteritas controvereias. (F. PERS Conc. Queb. d. XVIII.) mut

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mêmes les avis qu'ils jugeront utiles, dans le sens indiqué par le Cinquième Concile.

A propos de l'élection qui a eu lieu cette semaine, je crois utile de vous dire quelques mots, — Très Chers Frères.

* Grâces à Dieu, les sages conseils dé vous ont été donnés par votre Archevêque ont été observés fidèlement (du moins par la généralité des paroissiens) ; je vous en félicite de tout mon cœur, M. C. F., et je suis persuadé que vous avez déjà trouvé dans la paix et la joie d’une bonne conscience la récompense de votre docilité aux saintes lois de la vérité, de la justice et de la charité. (Mais comme malheureusement il y a eu quelques exceptions, nous devons en gémir devant Dieu et prier pour ceux qui se sont oubliés, afin que rentrant en eux-mêmes ils reconnaissent leur faute et s'efforcent de la réparer à l'avenir.)

##% (SZ des désordres graves ont eu lieu, on lira ce paragraphe comme suit :) J'aurais été heureux de pouvoir vous féliciter tous sans exception à la suite de cette élection ; mais vous connaissez comme moi, M. C. F., ce qui s'est passé. Les bons chrétiens, les véritables enfants de Dieu, sont encore en grand nombre dans cette paroisse ; je les invite à prier avec ferveur afin que Dieu donne aux coupables la grâce de se reconnaître et de réparer les fautes et les scandales qui ont affligé les bons citoyens et appelé une espèce de déshonneur sur cette paroisse,

Maintenant, j'ai quelques avis importants à vous donner. Pendant l'excitation de la lutte il s'est probablement dit et fait bien des choses qui ont pu causer de la peine au prochain. Je vous invitetous, M. C. F., à vous pardonner mutuellement toutes ces offenses, aussi sincèrement que

vous désirez obtenir du Bon Dieu le : ardon de vos péchés : autrement, comment pourriez-vous dire dans votre prière : Votre Père... pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ?

Il y a parmi vous un parti qui a gagné la victoire et un autre parti qui a succombé ; les vainqueurs ne doivent pas s'enorgueillir, ni chercher à humilier les vaincus ; ceux-ci ne doivent pas conserver de rancune ni de haine. L'humilité et la charité sont deux vertus essentielles à de vrais chrétiens, et les deux partis doivent les pratiquer de leur mieux.

Oubliez maintenant, M. C. F., vos divergences politiques et travaillez tous ensemble, avec une égale bonne volonté, au bien de votre paroisse, de votre comté et de votre patrie, Ne laissez pas entrer ces divisions politiques dans vos affaires de fabrique, de municipalités et encore moins dans vos relations de famille.

Dieu est charité, dit le Saint-Esprit, é/ ceux qui demeurent dans la charité demeurent dans la lumière, ils ont la vieeneux ; la charité est la plénitude de la loi, c'est pourquoi ceux qui n'ont pas la charité sont morts aux yeux de Dieu.

Souvenez-vous aussi que Dieu résiste aux oroueilleux el donne sa grâce aux humbles.

Pastoral Letter of His Grace E.-A., Taschereau, Archbi. hop of Quebec, on the duties of electors during: the elections À.

Soon, Our Dearly Beloved Brethren, you shall be called to elect a member to represent your county in

1—Voir la note au bas de la page 108.

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Parliament. Our pastoral charge urges us to recall briefly to you your obligations of conscience, in this circumstance so solemn and so important to you and to the whole country.

The great error of modern times tends to banish God from civil society and estrange it from religion. Those imbued with this error admit, at least apparently, the truth of the judgment which Jesus Christ shall one day pass on all men, but they want to confine the object thereof to private conduct. They forget that the same God vho shall judge individuals is also He who judges the people (Ps. VII, 9), and that a wos/ severe judement shall be for all them that bear rule (Wisdom, VI, 6), as on those who are ruled. No man shall be exempt therefrom.

He shall therefore judge the candidates ; He shal Judge the electors ; He shall judge all those who, in any way whatsoever, take part in electior. He shall demand an account of your intentions, of your choice, of your vote, of your words, of your acts, in the exercise of that important right to vote which the constitution of our country grants, and guarantees you. God shall therefore, one day, ask you for whom, why, and how you shall have made use of this right. Not a word, not a step, not a thought, how hidden soever in your heart, shall escape His all-seeing eye.

It is therefore extremely important, O. D. B. B., that during the election which is about to take place, you should iso keep the laws of sobriety, justice, charity, truth, and prudence, that your conscience may reproach

you nothing at the hour of death.

114 ms DE

You love your country, O. D. B. B. ; this sentiment which nature has implanted in your heart, religion approves and sanctifies. Religion goes still further ; for by making known to you the divine law, she procures you the infallible means of securing to your country that tranquillity, that stabillity, that true liberty, which can be found in truth, justice and charity alone.

During this election certain disorders must be avoided, certain rules of prudence must be observed in order not to err.

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