L'IMPÉRIALISME XXXIX
minée. Ce serait bien peu connaître le tempérament anglais que d’escompter son découragement, après un échec. La poussée de la vague impérialiste n’en fut pas même ralentie. 11 parut de nouveaux chefs, plus ardents que ceux de la League, de véritables excitateurs d'énergie, comme l’on dit aujourd’hui ; et la cro sade panbritannique fut prêchée avec plus d'enthousiasme que jamais.
Il fallait à la grande conception un prophète et un poète, pour souffler l’idée dominante du moment au cœur des masses et la faire pénétrer dans les dernières couches 80ciales. Ils se présentèrent dans la personne de Chamberlain et de Kipling. L'ancien lieutenant de Gladstone entra le premier en scène. C’était le dernier homme, cependant, que j’on attendait à l'avant-garde de l’armée nouvelle. Radical par tradition de famille et par conviction personnelle, il s'était, jusque là, attaqué à la condition sociale de l’Angleterre. Partisan des réformes les plus avancées, il réclamait pour les masses une influence agrandie au parlement, une participation plus étendue à la somme des privilèges réservés aux classes riches. Il était sur la frontière du socialisme.
Avec quelle surprise ne le vit-on pas se séparer de Gladstone, prétextant que les libertés, que le vieux libéral proposait d’accorder à l’Irlande, mettraient en grand danger le Royaume-Uni. Son horreur vraie ou simulée du Home Rule fut le tremplin qui lui permit de sauter au premier rang des meneurs populaires. C'était bien l'avocat qu'il fallait à la cause ; ses défauts, encore plus que ses qualités, le mettaient en évidence. Qui, plus que lui, était de taille
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XL I NTRODUCTION
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