CONCLUSION
En terminant cette étude, il ne nous semble pas he: de propos d’assigner un rang à sir Wilfrid parmi les maîtres de la parole au Canada- -français. Quatre noms s'imposent entre tous dans le groupe nombreux de nos orateurs :
Papineau, Chauveau, Chapleau et Laurier, Papineau a d’abord servi de terme de comparaison, et les Canadiens lui ont longtemps donné la primauté, Grand, bel homme à la superbe prestance, vo!x retentissante, il avait bien les qualités extérieures qui font les Démosthènes et les Mirabeau. Et quelle grande cause pour donner l'essor à son verbe passionné : la revendication des droits à l’existence politique de tout un peuple! Il n’est pas un chef de parti ordinaire, à l’autorité contestée, expccé aux attaques de la faction adverse. Lorsqu'il élève la voix, c’est la pensée de toute la nation canadienne qui éclate dans le feu de ses justes indignations. De là, sa grande force sur l'opinion et contre ses ennemis. Mais cette cause unique, malgré l’ampleur des développements auxquels elle se prête, amèse sans cesse les mêmes raisonnements. Vingt années durant, Papineau a prononcé la même harangue, en y ajontant, à la veille de 1837, un fort