‹ Discours à l'étranger et au Canada [microforme]Chapitre 38 sur 83 · SOUVENIRS LXXXI · texte numérisé non relu

SOUVENIRS LXXXI

Bon discours en faveur de l’abolition du double mandat qui permettait aux membres du gouvernement et du parlement fédéral de siéger dans la Chambre provinciale, acheva de convaincre le pays que la province de Québec possédait un grand orateur., Il avait dit dans ce discours :

“Avec le simple mandat, j'ai la garantie que les droits et les privilèges de Québec seront conservés, respectés et que sa position sera maintenue ; avec le double mandat, ces droits et privilèges me paraissent dans un danger perpétuel...

“Avec le simple mandat, Québec est Québec ; avec le double mandat, ce n’est qu’un appendice d'Ottawa. ”

Lorsque, dans un pays comme le nôtre, un homme débute par de pareils coups de maître, son avenir est assuré, toutes les portes du succès s'ouvrent devant lui. Rien ne l’arrête dans sa marche ascendante, si au talent il joint le tact, la sagesse, la force de résister aux séductions de la flatterie, des applaudissements, s’il continue à travailler, à s’instruire, à développer ses dons naturels, s’il se croit tenu envers Dieu et les hommes de donner toute la mesure de son talent, de justifier les espérances de la patrie.

Or, Laurier avait dans toute sa plénitude le sentiment de l'honneur, du devoir et la noble ambition de se faire légitimement et honnêtement un nom, un nom honorable,

Les succès de Laurier dans le parlement provincial décidèrent les chefs du parti libéral à réclamer ses services dans une sphère plus élevée, où son talent oratoire pourrait déployer plus largement et plus utilement ses ailes. Aussi, lorsqu'ils arrivèrent au pouvoir en 1873, ils le sollicitèrent

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