‹ Discours à l'étranger et au Canada [microforme]Chapitre 40 sur 83 · LXXXIV SOUVENIRS · texte numérisé non relu

LXXXIV SOUVENIRS

La session était à peine ouverte gve le premier ministre Mackensie proposait l'adoption d’une .ésolution recommandant une amnistie générale Pour tous ceux qui avaient pris part à l'insurrection du Nord-Ouest, à l'exception de Riel et de Lépine, qui étaient condamnés à cinq ans de hannissement.

11 était difficile de faire accepter cette résolution : ruitat d’un compromis entre libéraux anglais et françai. !.::conservateurs anglais la dénonçaient comme une :»ncession odieuse, et les conservateurs français accusaient les ministres canadiens-français d’avoir fléchi devant le fanatisme orangiste.

Laurier jeta de l'huile sur les flots irrités en disant que les membres de la Chambre devaient, dans une question comme celle-là, s'élever au-dessus des préjugés de race ou de religion et se placer uniquement «ur le terrain de la justice, que la loi doit à tous les citoyens sans distinction une égale part de liberté et de bien-être.

Ses appels éloquents à la concorde et à la justice furent acclamés par les Canadiens-Français et admirés par les Anglais. Le projet d’amnistie proposé par le gouvernement fut adopté par la Chambre mais créa une mauvaise impression dans la province de Québec.

Les circonstances n'étaient pas favorables au parti libéral depuis qu’il était au pouvoir.

Une crise financière exerçait des ravages terribles dans toutes les classes de la société ; les maisons de commerce les plus solides culbutaient, les usines fermaient leurs portes, des milliers d'ouvriers étaient sans travail, sane

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