SOUVENIRS LXXXV
pain. Dans la province de Québec, on continuait à soulever contre les libéraux les sentiments religieux de la population en les comparant aux libéraux de France, en les accusant de professer le libéralisme catholique condamné par l'Eglise. Laurier entreprit de repousser cette accusation et d’en démontrer l'injustice dans une conférence qu’il fit à Québec, le 26 juin 1877.
Ce fut un événement.
Aux applaudissements enthousiaste d’un auditoire d'élite, {1 fit, en termes lumineux, dans un langage superbe, avec une chaleur communicative, l’histoire émouvante du libéralisme politique et des grandes réformes que le monde lui devait, et il revendiqua le droit d’être libéral, comme Fox et O’Connell l’avaient été en Angleterre et Lafontaine au Canada. Il s’appliqua à démontrer que le libéralisme anglais avait toujours été favorable à la liberté religieuse comme à la liberté civile et politique.
Le parti libéral de la province de Québec tout entier acclama cette conférence et proclama qu’elle était l’expression vraie de ses sentiments et de ses opinions. Nos lecteurs liront avec int“rêt, nous en sommes sûrs, cette page d’éloquence chaude et raisonnée, aussi solide que brillante.
L'entrée de Laurier dans le ministère était devenue nécessaire, les cloches de la renommée sonnant à toutes volées l'y appelaient. Il accepta le portefeuille de ministre de V’Accise, mais il arrivait trop tard pour empêcher la débâcle du parti libéral. Lui-même, malgré sa popularité, ne put résister au torrent qui menaçait le gouvernement, lorsqu'il