EXCELLENCE
MESDAMES pr MESSIEURS,
Madame Reford a traité, elle ait excellé. Le fait est que je suis désolé que ce ne soit pas une femme qui parle ce soir à ma place.
Je ne me propose pas de vous faire un long discours, Je me bornerai à vous dire que je donne tout mon concours le plus cordial à l’idée et aux plans qui ont été exposés ce soir par son Excellence le gouverneur-géuéral ; à une idée qui depuis longtemps, aurait dû passer dans le domaine des faits, à une idée qui lancée avec autant d'autorité, va rayonner de la vieille citadelle de Québec vers l'Est et l'Ouest par-dessus les prairies et les montagnes, les côteanx et les vallons, jusqu’à ce qu’elle atteigne les deux océans qui baignent le Canada à l’Orient et à l'Occident. Vous savez en quoi ells consiste. Il s’agit de consacrer les terrains auprès de la citadelle de Québec, d’en faire une propriété nationale, car c’est un terrain qui a été sanctifié par le sang le plus héroïque, Personne ne me contredira, quand je dirai, que nulle part sous le soleil, n’existe un sol plus vénérable.
Il est triste de le dire, et cela donne une petite idée de l’humanité, que l’histoire du monde, si haut qu’on puisse la faire remonter, n’est qu’un récit de conflits sanguinaires entre les peuples. Tes trois quarts des pages, des annales du monde, ne parlent que de guerres €’; de batailles entre les hommes ; elles ont été si nombreuses qu’un grand nombre en sont oubliées, mais il y en a d’autres qui vivent dans la mémoire des hommes et À mesuro que le temps s’enfuit, l’enthousiasme qu’elles ont excité, ne s’affaiblit point, mais semble, au coutraire, augmente’,
Si nous comparons nos champs de bataille à ceux de temps plus anciens, et prenons en considération le nombre de soldats qui y
rèrent, nous n’aurions peut-être pas raison de nous vanter ; mais si nous tenons compte de la cause qu’il s'agissait de défendre sur ces champs de bataille, sous les murs de Québec, et si nous jetons les yeux sur la valeur des hommes qui prirent part à ces combats, nous pouvons tirer gloire de ce fait que jamais le monde r’a vu de plus grand dévouement que .elui dont il a été fait preuve sur notre sol. Nous pouvons certainement prétendre, nous, d’origine française que jamais la valeur de notre race et la tenacité britannique n’ont été déployées avec plus d’éclat qu’en ces endroits. N’est-il pas vrai aussi que ce long duel qui s’est poursuivi durant l’été de 1759, entre le général de Montealm et le général Wolfe, constitue un des faits les plus dramatiques de l’histoire ?