XXVIII INTRODUCTION
Cette loi, attaquée devant les cours de justice du Manitoba, sortit avec tous les honneurs de la guerre: d'après le tribunal, elle ne violait pas la Constitution. La Cour Suprême du Canada en jugea autrement et déclara à l'unanimité que l'Acte de 1891 ne devait pas figurer sur les statuts de la province. Comme si les contradictions dussent se suivre dans cette cause célèbre, l'appel interjeté par le Manitoba de cette dernière décision au Conseil Privé de Londres réussit. La question semblait close et définitivement jugée. Les catholiques voulurent cependant faire une dernière tentative pour obtenir justice. Le même Conseil Privé, auquel ils soumirent leurs griefs, décida que bien que la loi du Manitoba fût constitutionnelle, les catholiques de cette province n'en avaient pas moins un sujet de plainte, un grief qu'il fallait faire disparaître. C'est de ce jugement que sortit le projet de loi, dit rémédiateur, présenté par le gouvernement Tupper à la session de 1896, et que l'opposition du temps ne voulut pas accepter. Ce projet de loi créait, de toutes pièces, un système d'écoles catholiques pour l'imposer à la province rebelle à la loi. Le gouvernement Tupper n'outrepassait pas ses pouvoirs, au point de vue de la Constitution qui autorisait cette mesure extrême et périlleuse ; mais n'était-ce pas un cas où Ton a tort d'avoir raison et où l'exercice suprême d'un droit devient pire que le mal à réparer ?
Etablir un système d'écoles indépendant du gouvernement sur ses domaines, n'était-ce pas créer un Etat dans l'Etat, placer en face l'un de l'autre deux ennemis, sans moyens de prévenir les chocs ? N'était-ce pas aussi, pour la