‹ Discours à l'étranger et au CanadaChapitre 15 sur 113 · LA QUESTION SCOLAIRE XXIX · texte numérisé non relu

LA QUESTION SCOLAIRE XXIX

province de Québec, courir au-devant du danger que signalait Cartier ? N'était-ce pas établir le précédent d'une intervention fédérale redoutable à l'autonomie provinciale ?

On sait que sir Charles Tupper retira son projet de loi, parce que l'opposition lui barrait la voie par des obstacles infranchissables. La vie légale du Parlement tirait à sa fin <t l'opposition se montrait irréductible, menaçant de faire de l'obstruction jusqu'à la dernière heure.

Il est avéré que bien des collègues de sir Charles applaudirent secrètement à son échec, car ils répugnaient à cette mesure souverainement. D'aucuns prétendaient que, pour le gouvernement, le Bill rémédiateur n'était qu'une manœuvre électorale, destinée à capter les faveurs de la province de Québec et qu'il se désintéressait de sa réussite. N'allons pas jusque là ; faisons lui crédit de son courage. Si ce projet de loi ralliait Québec, ne lui aliénait-il pas les autres provinces ?

Précisons la situation de la question scolaire à l'arrivée de sir Wilfrid au pouvoir ; une réclamation en litige depuis cinq ans ; un procès, objet de cinq décisions contraires ou peu concordantes ; une province debout, presque en armes dans son opposition unanime aux écoles confessionnelles, et l'opinion catholique manitobaine, quantité négligeable à raison de sa faiblesse. Décrire cette crise scolaire, c'est en faire pressentir l'insolubilité presque radicale.

L'intransigeance du Manitoba, identique chez les deux partis politiques, imposait donc fatalement une transaction. Elle se produisit sous la pression de sir Wilfrid, qui fit concéder un enseignement religieux dans certaines conditions.

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