‹ Discours à l'étranger et au CanadaChapitre 19 sur 113 · LA QUESTION SCOLAIRE XXXIII · texte numérisé non relu

LA QUESTION SCOLAIRE XXXIII

Le provincialisme s'est affirmé chez uous avec tant c)e force que ni Macdonald, ni Tupper, ni Thompson n'ont osé lui faire front ouvertement. Prenons la question des écoles du Manitoba. La transgression de la loi était si évidente, la question juridique si claire, qu'elles appelaient l'intervention fédérale. Pourquoi le gouvernement Macdonald ne frappa-t-il pas de veto la loi si inconstitutionnelle de 1891 ? Parce qu'il était convaincu que le Manitoba la remettrait aussitôt dans les statuts. Un nouveau veto aurait amené une nouvelle affirmation des prétentions de la province ; de là, dédale inextricable, confusion et anarchie. La prudence conseillait de tourner la difficulté en «'adressant anx tribunaux. Le gouvernement fédéral n'avait du reste aucun moyen coercitif d'imposer sa volonté. Dans les conflits d'une nation avec une autre, l'histoire nous apprend qu'on ne s'incline devant le droit que s'il a l'épée à la main.

Hélas ! dans l'affaire du Manitoba, de braves gens se plaisent à frapper leur coulpe sur la poitrine des gouvernements. Mais combien il aurait été plus sage de prévenir le mal que d'en demander, aujourd'hui, la réparation. Lors de la création de cette province, la prévoyance aurait pu y diriger un courant d'immigration canadiennefrançaise. Quelques milliers d'électeurs catholiques, bien unis ensemble, sans attache politique, auraient tenu la balance du pouvoir. Quel parti, pour arriver aux affaires, oh pour y rester, grâce à l'appui des catholiques, aurait osé refuser justice à ces indépendants, capables de maintenir ou de renverser le gouvernement ?

L'optimisme de Cartier, lors de la discussion du projet de^

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