XXXII INTRODUCTION
Tenons compte ici de ce que, faute d'études, tant de gen« ne sauraient entendre. Notre Constitution, excellente dans son ensemble, entraîne dans son fonctionnement une foule d'embarras. Le système fédératif ne saurait y échapper, ni au Canada, ni ailleurs. Il est bien vrai que la Constitution, envisageant le partage des pouvoirs entre Ottawa et les provinces, s'efforce de tracer les limites de l'activité du gouvernement central, au regard de celles des autonomies provinciales. Mais ne se présente-t-il pas, parfois, des contradictions entre l'esprit et la lettre de la loi ? Prenons, par exemple, la question qui nous occupe : celle de l'instruction publique. La Constitution décrète qu'elle relève du domaine provincial, sauf les restrictions signalées plus haut. Il n'en reste pas moins acquis que l'esprit de la Constitution abandonne le contrôle de cet important sujet aux provinces. Or, pour qui connaît les tendances autonomistes de la race anglo-saxonne, il n'est point surprenant de la voir jalouser, sur un sujet qui lui tient tant à cœur, toute intervention, même légitime, du pouvoir fédéral dans le domaine provincial.
La République voisine a aussi été témoin de chocs entre Washington et les divers Etats. Ils y sont d'occurrence fréquente. Rappelons le plus célèbre de ces conflits d'autorité : la guerre de la Sécession où le principe de l'intervention du pouvoir central ne triompha qu'après cinq ans d'hostilité. Sous le régime de M. Roosevelt, n'avons-nous pas vu l'étrange position du gouvernement fédéral, incapable, en raison de l'opposition que lui faisait la Californie, retranchée dans ses droits d'Etat, de donner aux Japonais une protection promise par un traité solennel ?