CONFÉRENCES IMPÉRIALES
En 1897, la grande conception s'offrait dans toute son amplitude ; elle pénétrait à la Conférence des premiers ministres des colonies à Londres, comme poussée par le souffle d'un vent favorable. Son séduisant aspect allait capter tous les suffrages. Pilotée par l'intelligence et par l'énergie de Chamberlain, quel écueil avait-elle à redouter ? Où trouver un colonial assez osé pour faire face à un statesman de l'envergure du plus redoutable orateur des Trois- Royaumes ? Qui tenterait d'affronter l'ironie, le sarcasme qui terrifiait ses adversaires habituels ? A peine le député de Birmingham, devenu ministre des colonies, eut-il développé ses plans, montré la nécessité de concentrer toutes les forces de l'Empire éparpillées par le monde, dans une formidable alliance offensive et défensive, au point de vue militaire et commercial, et déclaré que la part du fardeau des dépenses militaires était mal distribuée, n'étant que de 2 shillings par tête dans les colonies et de 293 shillings en Angleterre, qu'il se rencontra un homme, désavantageusement placé, non pour combattre la grande idée impériale, mais pour la modifier dans le sens des intérêts réciproques de la Grande-Bretagne et des colonies. Cet homme était sir Wilfrid Laurier. Dans un langage souple et ferme, plein de dignité et de conviction, il la définit à son point de vue :