LVI INTRODUCTION
comme MM. Langevin, Chapleau, Caron, Thompson, Costigan, qu'il fallait céder à l'omnipotence de la majorité protestante, seul moyen de conserver aux nôtres une partie de leurs droits.
Donner à l'Etat la primauté sur l'Eglise, en matière d'enseignement, afin d'assurer une formation intellectuelle uniforme à l'enfance, telle est la fausse doctrine qui prévaut aujourd'hui en Europe et en Amérique, sauf dans la province de Québec. Nos hommes d'Etat anglais en ont subi l'atteinte, et toute fausse qu'elle soit, elle a acquis chez eux la force d'un dogme.
Son devoir, en face de l'intransigeance protestante, n'était-il pas de démissionner, diront quelques critiques, les yeux fixes sur le texte du droit absolu ? La démission, c'est bien ce que lui conseillaient son intérêt et son état d'esprit. Mais le devoir lui commandait de rester au poste, et c'est le sentiment de la responsabilité qu'il impose, qui doit, dans certains cas, l'emporter sur les considérations personnelles.
Et après la démission, quoi ? Une crise terrible s'ouvrait. Le sentiment protestant surexcité y aurait vu une victoire, et s'exaltant dans son triomphe se serait refusé à tout compromis. Résultat : anéantissement momentané de notre influence, et perte pour les catholiques du Nord-Ouest de la liberté d'enseignement religieux après les heures d'études ordinaires.
Qu'il soit plus méritoire, plus digne d'un homme d'Etat de traverser une crise dangereuse, au risque de cueillir de l'impopularité ou de s'exposer à d'injustes soupçons, que de la fuir avec un panache de vaine gloire, l'Histoire le dé-